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Le Saint-Joseph historique, un cru « majuscule »…
 
 
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« […] l’on ne peut se défendre d’un sentiment d’admiration pour les habitants de ce pays qui ont construit des millions de mètres cubes de maçonnerie, afin de retenir sur des pentes abruptes la terre meuble et la disposer en gradins, souvent étagés de la vallée au sommet de la colline. » L’agriculture en Vivarais – M. Richard 1927.

Côte-Rôtie, Hermitage, Condrieu et même Cornas ; ces noms fascinent et captivent l’amateur tant ils représentent dans l’imaginaire collectif le meilleur des crus de la vallée du Rhône septentrionale. Lorsque l’on observe une carte du vignoble nord-rhodanien, on constate que ces crus forment des entités « satellites » dispersées de part et d’autre des rives du fleuve. On constate également qu’un vignoble bien plus grand, mais surtout bien plus « long » s’étire et semble relier ces crus entre eux. C’est celui de l’appellation Saint-Joseph, dont les chiffres confirment cette impression : s’étendant sur 26 communes et près de 60 kilomètres du nord au sud, cette AOC communale est l’une des plus vastes de France. On comprend alors aisément que les vins qui y sont produits au nord sont bien différents de ceux produits au sud, ce qui renforce grandement la sensation d’hétérogénéité – bien légitime – qu’ils suscitent. Et pourtant, au cœur de cette vaste délimitation subsiste ce que l’on appelle le « Saint-Joseph historique », un petit vignoble qui constituait le cru à son origine. Un cru majuscule, probablement aussi prestigieux que ses illustres voisins, mais dont l’histoire quelque peu chaotique du siècle dernier en a voulu autrement...
 

Sommaire :
  
I - HISTOIRE
       Aux origines…
       Naissance d’une AOC

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Situation du vignoble de Saint-Joseph [Cliquer sur les cartes pour les agrandir]

I - HISTOIRE
 
Aux origines…
   
Les vins du vignoble de la vallée du Rhône prennent leurs racines loin dans l’histoire ; il faut remonter à la colonisation grecque en 600 av. J-C., lorsque les phocéens implantent les premières vignes autour de Massalia (Marseille). Tout d’abord restreintes à une culture proche du littoral, les civilisations méditerranéennes développent la production et l’échange du vin en Gaule le long des grandes routes commerciales. Le Rhône devient alors un passage privilégié entre la Méditerranée et l’Europe septentrionale : on utilise son cours comme voie fluviale et on établit le long de ses rives, au pied des collines, de nouvelles voies de communication. L’activité humaine s’y concentre et les vignobles s’y développent ensuite sous l’impulsion des Romains, à l’aube de notre ère (IIIe-IIe siècle av. J-C.). Séduits par les coteaux accidentés de la rive droite, ils entreprennent d’immenses travaux d’aménagement, plantent des vignes, d’Ampuis à Tournon, et construisent des terrasses soutenues par des murets en pierres sèches (les chaillées ou challeys). Sous le nom « vins de Vienne », les vins sont renommés pour leurs qualités et s’exportent jusqu’à Rome. A la chute de l’empire Romain au Ve siècle, l’église prend en charge la culture et la commercialisation des vins de la région.
  
Au moyen-âge, les vins de l’arrondissement de Tournon sont plus connus sous le nom de « vins de Mauves » ou « vins de l’Ermitage » (il n’y a pas de différentiation entre ceux issus de la commune de Tain et ceux de Tournon). Au XVIe siècle, sous l’influence de François de Tournon, les vins de Tournon traversent les Cévennes à dos de mulet et rejoignent Paris où ils sont servis à la cour des Valois avec les vins blancs de Saint-Péray. A la même époque, Jean Pelisson, principal du Collège de Tournon, dit du vin de Mauves qu’il est « si délicat et friand » et qu’il « se porte à Rome et s’y vend presque autant qu’on veut…». Le nom « Saint-Joseph » fait son apparition au XVIIe siècle ; il s’agit d’une parcelle de vignes de dix hectares appartenant aux pères Jésuites de Tournon. A la fin du XVIIe, les syrahs nord-rhodaniennes empruntent le tout nouveau canal du midi et viennent « hermitager » par coupage les clairets Bordelais, pour répondre à la demande de « vins noirs » émanant de l’aristocratie anglaise. Après la révolution, la parcelle « Saint-Joseph » est confisquée au clergé et mise en vente aux enchères ; elle sera vendue en 1793 au double de son prix à trois négociants. En 1862, le « vin de Mauves » est cité dans l’œuvre majeure de Victor Hugo, Les Misérables ; c'est la boisson que l'évêque de Digne sert à Jean Valjean. Au XIXe siècle, le vignoble rhodanien est prospère et sa notoriété hisse ses vins parmi les plus grands de France.

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Village de Mauves - historiquement les « vins de Mauves » sont nés ici

Naissance d’une AOC
  
Après l’invasion du phylloxera, le vignoble est en partie reconstitué sur porte-greffe américain. Sur le canton de Tournon, outre la syrah, on recense alors des cépages comme le gamay, le durif, la mondeuse mais également quelques hybrides producteurs comme le seibel et le noah. On constate également que le vignoble a tendance à s’étendre vers les sommets des plateaux ou dans la plaine, l’entretien des coteaux devenant de plus en plus onéreux. Certainement soucieuse de préserver l’identité de son cru, la richissime famille Ozier, soutenue par quelques viticulteurs, demande l’obtention d’une appellation contrôlée « Saint-Joseph » dès 1916, soit trois ans avant la loi sur la protection des appellations d’origine en 1919. Mais cette demande n’aboutira pas. Après la création de l’INAO en 1935, les « Côtes-du-Rhône » acquièrent leur AOC régionale. Celle-ci englobe, entres autres, les communes du canton de Tournon-sur-Rhône et Mauves, alors que tous les vignobles limitrophes obtiennent à la même époque une AOC communale : Saint-Péray en 1936, Hermitage et Crozes-Hermitage en 1937, et Cornas en 1938. La même année, le Syndicat de Protection de l’appellation Saint-Joseph est créé, mais celui-ci reste en léthargie. Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que, sous l’impulsion de son président Fernand Sauzon, le syndicat décide de reprendre son activité afin d’obtenir l’AOC communale qui lui est due.
  
Le dossier est présenté à l’INAO en mars 1955 ; il concerne six communes : Vion, Lemps, Saint Jean de Muzols, Tournon-sur-Rhône, Mauves et Glun. Pour motiver sa demande, le syndicat s’appuie sur le fait (non sans un certain parti pris, il faut le reconnaitre) que ses vins en appellation côtes-du-rhône septentrionales n’ont rien de comparables à ceux des côtes-du-rhône méridionales (encépagement hétérogène et productif, culture en plaine, etc.) alors que les prix sont basés sur ces derniers. Il alimente également le dossier d’un ensemble de faits historiques (dont quelques-uns cités ci-dessus), rétablissant aux vins produits dans l’arrondissement de Tournon l’aura dont ils bénéficiaient à l’époque. Le syndicat termine sa demande par ces mots : « En conclusion, nous demandons le droit à l’appellation St-Joseph pour les vins des Côtes-du-Rhône qui rempliront les mêmes conditions que celles exigées pour l’Hermitage, mêmes cépages, même rendement de récolte, même degrés alcoolique.[...] Le vignoble conserverait toute son importance et l’abandon de certaines parcelles ne serait plus qu’un souvenir ». Le 15 juin 1956, l’Appellation d’Origine Contrôlée Saint-Joseph voit officiellement le jour sur ces bases. La toute jeune AOC couvre alors le périmètre précédemment délimité pour l’appellation Côtes-du-Rhône sur les six communes concernées, soit 80 hectares pour une production de 3000 hectolitres environ.

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Vue plongeante sur le lieu-dit « Saint-Joseph »

Extension puis révision de l’AOC
  
Seulement treize ans plus tard, en 1969, l’aire d’appellation est étendue à 20 communes supplémentaires, en grande partie vers le nord, faisant ainsi la jonction entre les appellations Condrieu et Cornas. Cette extension est principalement motivée par des raisons politiques : récemment créée (1960), la cave coopérative de Saint-Désirât souhaite développer sa commercialisation en s’appuyant sur les privilèges d’une AOC communale. Plus au nord, ce sont des viticulteurs-embouteilleurs de la commune de Chavanay qui demandent à être rattachés à l’appellation Saint-Joseph, considérant que leur terroir constitue le même ensemble géologique que celui de Tournon-sur-Rhône. Réuni en petit comité le jour du vote, le syndicat de l’appellation Saint-Joseph approuve cette extension, y voyant pour lui aussi, l’opportunité de valoriser une AOC confidentielle impactée par un marché en baisse. Mais pour fixer cette nouvelle délimitation, les experts se seraient contentés de proposer des tracés sur plans cadastraux, sans tenir compte de particularités techniques précises. Couvrant 6800 hectares, la nouvelle aire s’étend alors arbitrairement en plaine, sur des replats et plateaux. De plus, la conjoncture économique rend la culture sur coteaux difficile, faute à une main d’œuvre de plus en plus rare ; l’extension sur des zones mécanisables devient une aubaine pour les viticulteurs. En quelques années à peine, la production explose et passe de 3672 hectolitres en 1970 à 14764 hectolitres en 1985 (pour 375 hectares exploités). Les vins perdent en qualité, l’hétérogénéité se renforce et l’appellation s’enfonce inexorablement vers une perte de personnalité associée au déclin d’un patrimoine.
  
Au milieu des années 80, le syndicat prend conscience de la perte d’identité de son cru et des dérives liées à l’extension de l’AOC. Après l’avoir approuvée quelques années plus tôt, il interpelle de nouveau l’institut national des appellations d’origine pour engager une révision de l’aire d’appellation. Cette fois, une véritable étude menée par des experts est donc conduite en 1986 : étude des différences climatiques, lithologiques, géologiques et morphologiques. Lorsque l’INAO rend son rapport, il propose de « recentrer » l’appellation sur 3400 hectares, toujours sur les 26 communes, mais sur des secteurs ayant montré de réelles capacités à produire des vins de qualité. Les coupes sont franches : Tournon-sur-Rhône, berceau historique de l’appellation, perd plus de deux tiers de surfaces classées, tout en restant néanmoins la commune en comptant le plus. Afin de ne pas léser les viticulteurs exploitant des zones déclassées, l’INAO propose des mesures d’accompagnement : ils pourront ainsi revendiquer en AOC jusqu’en 2021 des vignes exclues de la nouvelle aire ; en cas de plantations compensatrices, l’arrachage d’anciennes parcelles n’intervient qu’après l’entrée en production des nouvelles. Enfin, des « îlots-vitrines » (parcelles en terrasses visibles depuis les voies principales d’accès au vignoble) sont créés pour susciter et motiver la reconquête des terrasses abandonnées ou délaissées. Ainsi, en l’espace de trente ans seulement, de sa promotion en 1956 à sa révision en 1986, en passant par son extension en 1969, l’AOC Saint-Joseph a connu de profonds bouleversements pour finalement étendre ses 3400 hectares de vignobles classés sur près de 60 kilomètres de long. Malgré le travail effectué lors de sa révision, il en résulte aujourd’hui un cru particulièrement morcelé et disparate. C’est, à notre connaissance, un fait unique dans l’histoire des AOC de France.

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Les jeunes vignes du lieu-dit « Les Chalaix » appartenant à Jean-Louis Chave

IIVIGNOBLE
  
L’AOC en chiffres
  
L’appellation Saint Joseph s’étend sur une bande de près de soixante kilomètres de long du nord au sud, pour environ six kilomètres au plus large. Elle couvre 26 communes, 23 se trouvant dans le département de l’Ardèche (de Limony à Guilherand-Granges) et trois dans la Loire (Chavanay, Malleval et Saint-Pierre de Bœuf). Le zonage d’appellation couvre un potentiel de 3400 hectares classés. En 2011, la surface exploitée représente 1177 hectares, soit la deuxième plus grande des vignobles nord-rhodaniens après l’AOC Crozes-Hermitage (mais pour une surface classée moindre). Le volume de production total déclaré en 2011 est de 45’713 hectolitres, soit un rendement moyen de 38 hl/ha (à noter que 2011 est une année « généreuse », le volume moyen s’établissant plutôt autour de 39’500 hectolitres sur les cinq années précédentes). La production de Saint-Joseph rouge représente à elle seule 40’743 hectolitres, soit 90% du volume total, le restant étant consacré à la production de blanc. Les études de marché montrent que le Saint-Joseph est peu représenté à l’export (12% des volumes seulement, l’un des plus faibles de toute la vallée du Rhône !) et que sa commercialisation passe par les circuits de distribution nationaux. Un peu plus de 150 vinificateurs déclarent de l’AOC Saint-Joseph, incluant cinq caves coopératives et une vingtaine de négociants. A noter que la cave coopérative de Saint-Désirât vinifie à elle seule pratiquement la moitié du volume total produit !
  

La réglementation
 
L’appellation Saint-Joseph est réservée à l’élaboration de vins tranquilles rouges et blancs. Les cépages autorisés sont la syrah noire, la marsanne blanche et la roussanne blanche. Les vignes doivent être plantées avec une densité minimale de 4500 pieds/hectares, la moyenne de l’appellation se situe plutôt autour de 6 à 7000 pieds/hectares. Trois types de tailles sont autorisés : gobelet, cordon de Royat (avec un ou deux bras) et Guyot simple. Dans tous les cas, la « charge » ne doit pas dépasser dix yeux francs par pied. La vendange manuelle est obligatoire (il est même précisé que les grappes doivent être transportées entières sur le lieu de vinification), et les raisins ne peuvent être récoltés qu’avec un degré minimum naturel de 10.5°. Le rendement maximal est fixé à 40 hl/ha (rendement butoir de 46 hl/ha). Les jeunes vignes ne peuvent prétendre à l’appellation qu’à partir de la troisième feuille. Les vins rouges sont élaborés avec de la syrah à hauteur de 90% minimum à laquelle il peut être adjoint 10% maximum de cépages blancs. L’assemblage des marsanne et roussanne pour la production de Saint-Joseph blanc ne fait l’objet d’aucune disposition. Pour l’élevage, l’utilisation de copeaux de chêne est interdite.

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Septembre 2012, une belle « bille noire » couverte de pruine attend la main du vendangeur…

Les cépages
 
Petite histoire de la syrah : On a longtemps prêté à la syrah diverses origines liées à leurs homonymies avec ce cépage : on l’aurait vu importée de Syracuse (Sicile) par les Romains au IIIe siècle de notre ère, après que Probus ait levé l’interdiction de planter de nouvelles vignes en Gaule. Elle aurait été rapportée de Chiraz (Perse) au XIIIe siècle par le fameux Chevalier de Sterimberg et plantée autour de son « ermitage », sur la colline de Tain. On parlera également d’une Vitis Syriaca originaire de Syrie, ou d’une île grecque des Cyclades dénommée Syra. Mais en 1879, les ampélographes Alphonse Mas et Victor Pulliat mirent en doute ces hypothèses, en s’appuyant sur le fait que l’on ne trouve dans ces régions aucune trace de syrah ou de cépage lui ressemblant. Ils évoquèrent alors une origine indigène locale. En 1955, Louis Levadoux confirme cette thèse : il établit la filiation de la syrah avec la vitis allobrogica. Vitis allobrogica est un cépage présent dans le pays des Allobroges, dont la ville de Vienne constitue la partie sud au IIe avant notre ère. Pline l’ancien décrit cette vigne comme ayant la particularité de mûrir tard à l’automne et de bien résister aux hivers rigoureux. Selon toute vraisemblance, des cultivateurs gaulois auraient prélevé des sarments de cette vigne dans les Balmes Dauphinoises pour la bouturer et la cultiver sur les coteaux de la rive gauche du Rhône, donnant ainsi naissance à la serine médiévale (serus signifiant en latin tardif) puis, au fil des générations, à la syrah. En 1998, des tests ADN ont permis d’établir la parenté de la syrah : elle est la fille d’un croisement naturel entre la mondeuse blanche et la dureza. La première étant originaire de Savoie et la seconde d’Ardèche, ces résultats confirment ainsi les hypothèses d’une origine autochtone.
La syrah est l’unique cépage rouge de l’AOC Saint-Joseph. D’une manière générale, elle est connue pour produire des vins colorés, délicatement parfumés, riches et structurés. Elle apprécie les sols secs, acides, peu calcaires, tout comme un climat doux et peu contrasté. On peut donc en déduire qu’elle est très bien adaptée à la situation du vignoble nord-rhodanien et particulièrement à tout le secteur Saint-Joseph/Hermitage/Cornas. Inutile de rappeler que la syrah est un cépage très qualitatif (à ce sujet, lire « pour l’amour de la Syrah »), mais l’un de ses défauts majeur réside dans l’utilisation de clones souvent médiocres qui nuisent fortement à ses vertus naturelles, ce qui est malheureusement le cas sur Saint-Joseph. Il serait donc temps de mieux valoriser un matériel végétal issu de sélections massales. En effet, face aux problèmes de dépérissement de la syrah, on ne propose actuellement que des solutions liées à l’utilisation de clones (dits « peu dépérissants », mais sur lesquels on manque encore de recul). A l’inverse, précisons que la syrah est une variété difficile à sélectionner de façon fiable et durable, tant elle est sensible à de nombreuses viroses ou aux problèmes de compatibilité entre plants et portes-greffes (sur l’appellation, le plus usité est le 3309, mais on trouve encore quelques ceps greffés sur SO4). Bref, on comprend que le choix du matériel végétal, pourtant si peu évoqué, reste plus que jamais complexe et délicat.
 
Marsanne et Roussanne : tout comme la syrah, les deux cépages blancs sont vraisemblablement originaires de la vallée du Rhône et plus particulièrement du Dauphiné ; ce sont donc des cépages autochtones. La marsanne est largement répandue sur l’appellation, représentant près de 90% de l’encépagement en blanc. C’est un cépage rustique, fertile et productif, donnant des vins aromatiques et à l’acidité plutôt faible. La roussanne, dont le nom viendrait de la couleur de ses grains qui tendent à roussir à maturité, donne quant à elle des vins expressifs, opulents, capables de subtilité et de finesse. Historiquement, la marsanne a toujours été cultivée sur l’appellation, alors que la roussanne a une histoire plus récente, les plus vieilles vignes n’ayant pas cinquante ans d’âge (ce qui n’est pas le cas sur l’Hermitage). En effet, celle-ci est aussi assez fragile, sensible aux maladies, moins productive, et donc fatalement moins appropriée au type de culture pratiqué à l’époque. Sa culture est en progression ces dernières années. Le principal défaut de la marsanne sur l’appellation réside, tout comme la syrah, dans l’utilisation de clones peu qualitatifs entrainant des rendements excessifs. L’assemblage marsanne/roussanne semble être un bon compromis pour obtenir des blancs complets et bien équilibrés. Si les sols de granites et de gneiss, pauvres et peu profonds, sont réservés à la culture des syrahs, les marsanne et roussanne sont plutôt plantées sur les sols plus riches, plus humides et moins « structurés » des zones sédimentaires type lœss ou terrasses du quaternaire.

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Sol de « gore »

IIITERROIRS DU SAINT-JOSEPH HISTORIQUE
 
Géologie et pédologie
 
Le vignoble du Saint-Joseph est établi sur la bordure orientale du massif central. Les roches qui composent ses terrains sont datées de l’ère primaire, au cours de la surrection de la chaine hercynienne, conséquence de la collision de deux continents qui formèrent la Pangée. A la fin du primaire, les sols vont subir d’intenses efforts tectoniques qui génèreront des failles ; celles-ci s’orientent majoritairement du nord-est vers le sud-ouest. Cet ensemble est constitué de terrains cristallins et cristallophylliens d’origine éruptive et métamorphique, sans pratiquement aucune trace de couverture sédimentaire. A l’aide de la carte géologique simplifiée ci-dessous (réalisée pour cet article), voici les différentes formations qui composent les six communes du Saint-Joseph historique.

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Carte géologique simplifiée du Saint-Joseph historique [cliquer sur la carte pour l’agrandir]

Formations d’origine magmatique et métamorphique :
  • Les roches granitiques (en violet et marron sur la carte), d’origine magmatique, sont beaucoup représentées sur ce secteur, ce qui, il faut le préciser, n’est pas le cas de l’ensemble de l’appellation plutôt représentée par des roches de type métamorphique. Sur cette carte, j’ai voulu distinguer le granite dit « de Tournon » (granite porphyroïde à biotite, en violet) des autres granites (granite à biotite hétérogène, en marron). En effet, cette formation qui se prolonge au sud et à l’est du secteur de Mauves est identique à celle du vignoble de Cornas ainsi qu’à toute la bande ouest de la colline de l’Hermitage (lieux-dits les Bessards et la Chapelle entre autres). C’est donc ici qu’est née l’appellation Saint-Joseph, sur des terrains de même nature que ceux ayant été auparavant classés dans deux appellations plus « prestigieuses ».
  • Assez largement représentés sur l’ensemble du vignoble, anatexites (en rouge) et gneiss (en vert) constituent les roches d’origine métamorphique de l’appellation. L’anatexie est en quelque sorte la formation ultime du métamorphisme général, à tel point que la fusion partielle des roches peut conduire à la formation d’un granite d’anatexie. De ce fait la composition des roches d’anatexie est très proche de celle des granites. Les gneiss possèdent une composition minéralogique quasi-identique à celle des granites, mais leur structure est rubanée, voir litée. C’est une roche assez peu présente sur le zonage d’appellation des six communes historiques, mais il s’agit là aussi d’un cas particulier car ce sont, avec les micaschistes (non présents sur le secteur de Tournon), les roches dominantes du Saint-Joseph dans son ensemble.

En pratique, l’altérabilité des roches magmatiques et métamorphiques, et leur impact sur la vigne, est sensiblement identique. Sous l’effet de l’érosion, les sols superficiels se dégradent et forment, à partir des minéraux de ces roches, des sables argileux (argilisation des feldspaths) qu’on appelle localement « gore ». Pour éviter le ravinement des sols ainsi formés, les vignes sont généralement cultivées en terrasses, ce qui permet également de maintenir un horizon riche en matière organique. Généralement fracturée, parfois litée (cas des roches métamorphiques), la roche plus ou moins altérée permet à la vigne de développer un système racinaire profond et complexe. Elle bénéficie ainsi de très bonnes réserves hydriques lui permettant de ne pas souffrir des excès du soleil (sauf en année exceptionnellement sèche).
 

Formations d’origine sédimentaire :
  • Les lœss (en jaune) sont des dépôts éoliens calcaires situés généralement sur des zones de replat à mi-coteau. Ils sont assez peu présents sur le secteur de Tournon, la zone la plus vaste de l’appellation se trouvant plus au nord, autour du village de Saint-Etienne de Valoux. En raison de leur capacité à emmagasiner les eaux de pluie tout au long de l’année, les sols de lœss ne constituent pas le support idéal pour la vigne. Cependant, les lœss dits « remaniés » (constitués d’un mélange de lœss et de matériaux divers, type fragments de roche) présentent une perméabilité plus élevée et donc un substrat plus favorable. On le destine néanmoins à la culture des cépages blancs.

  • Les terrasses alluviales (en bleu foncé) se sont formées lors du retrait de la mer Pliocène et sont constituées de matériaux grossiers fortement décalcifiés. En fonction des situations, elles peuvent être également composées de colluvions et d’éboulis de bas de pente. Les terrasses alluviales sont bien plus présentes sur la rive gauche du Rhône que sur sa rive droite, même si les communes de Mauves et Tournon en sont dotées d’une assez vaste, au pied des coteaux du vignoble.

  • Les alluvions (en bleu clair) sont d’origine fluviale et donc constitués par le Rhône et ses affluents. Terres riches, peu promises à une viticulture de qualité, peu de zones sont classées dans l’appellation.

Même si cela ne concerne pas le vignoble du Saint-Joseph historique, il est intéressant d’évoquer la présence d’une zone argilo-calcaire datée du jurassique supérieur sur les communes de Chateaubourg et Guilherand-Granges, au sud de l’appellation. C’est d’ailleurs la même formation qui déborde légèrement sur le vignoble de Cornas. Sur le plan géologique, il s’agit de calcaires purs ou peu argileux, organisés en banc massif. Les vignes ne reposent pas directement sur ces formations, mais sur un substrat d’éboulis calcaire mêlés à des argiles de décalcification, comme au lieu-dit les Royes à Chateaubourg, revendiqué par le domaine Courbis.

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De gauche à droite, vues en coupe de roches de granite, gneiss et lœss.

Morphologie
 
La vallée du Rhône, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a pris naissance il y a environ trois millions d’années, à la fin du retrait de la mer pliocène. On estime qu’auparavant cette mer atteignait 400 mètres de hauteur, affleurant ainsi le pied des massifs montagneux du Pilat et des monts du Vivarais. Le Rhône, bien plus puissant et large qu’aujourd’hui, a ensuite tracé son réseau hydrographique dans la vallée, formant de vastes terrasses alluviales particulièrement bien conservées en rive gauche, mais bien plus rares en rive droite. L’alternance des périodes glaciaires a ensuite creusé le lit du fleuve, abaissant progressivement sa cote topographique (320 à 300 mètres). Mais c’est au cours de la dernière glaciation (au Würm, il y a environ 15000 ans) qu’un creusement majeur se manifeste, formant ainsi les pentes vives des coteaux actuels, aux pieds desquels se trouvent les terrasses alluviales les plus récentes (130 à 150 mètres). Les affluents du Rhône ont également entaillé le massif pour former d’autres coteaux d’orientations différentes et, à leur confluence, des cônes de déjection. C’est également au cours de cette dernière glaciation qu’ont eu lieu les dépôts éoliens (lorsque des vents très forts balayaient le massif steppique et glacé) formant des replats lœssiques à différentes altitudes, en fonction de la morphologie de l’époque.
 
Lors de l’étude ayant conduit à la révision de l’aire, en 1986, l’INAO a distingué sept situations morphologiques distinctes, permettant de les hiérarchiser vis-à-vis de leur impact et expression sur la vigne et le vin. Sans entrer dans les détails de chacune d’elles, voici ce qu’il faut en retenir :
  • Les terrains les plus propices à une viticulture de qualité sont ceux situés sur les pentes vives et coteaux sur roches altérées. Ce sont globalement tous les coteaux historiques, souvent délaissés pour des raisons économiques au milieu du XXe siècle et sur lesquels des appellations voisines ont bâti leur réputation (Cornas, Condrieu, Côte-Rôtie). Il faut toutefois en distinguer les parcelles les moins bien exposées ou celles sur lesquelles l’érosion a décapé les sols et mis la roche à nue.

  • Les terrasses alluviales anciennes constituent grâce à leurs matériaux grossiers et bien drainants un substrat de très bonne qualité ; c’est le cas particulier du quartier Saint-Joseph à Tournon. Elles sont néanmoins très rares sur l’appellation et ne constituent pas en ce sens un facteur de développement.

  • Les cônes de raccordement des affluents du Rhône (et plus particulièrement pour ce qui nous concerne celui du Doux, du ruisseau des Roches et des Aurets), ont la particularité d’avoir entaillé le massif de manière à créer de nouveau coteaux dont l’exposition plein sud et sud-est constituent de très bonnes situations. Les basses terrasses de ses coteaux, riches en produits alluviaux sont néanmoins à éviter.

  • Les terrasses alluviales récentes, replats lœssiques, et autres replats d’altitude (plateaux) ne sont généralement pas considérés comme les supports idéaux à une viticulture de qualité. Les parcelles intégrant l’AOC ont fait l’objet d’études particulières, ayant permis d’identifier malgré tout de bonnes aptitudes. On citera pour l’exemple, le cas du secteur des Oliviers à Tournon (vignes sur lœss remaniés), favorable à la culture des blancs.


Climatologie
 
S’il existe une large diversité de situations sur le plan géologique au sein de l’appellation, sur le plan climatique, les différences entre le nord et le sud sont encore plus parlantes. C’est d’ailleurs le point essentiel qui justifie à lui seul un véritable contraste dans les expressions et le caractère des vins issus du secteur nord ou du secteur sud. Tandis que les vignobles de Chavanay sont sous l’influence d’un climat semi-continental dit de type « Lyonnais », ceux de Tournon et Mauves s’inscrivent encore dans les dernières influences méditerranéennes : la pluviométrie moyenne (700 à 800 millimètres) y est légèrement plus élevée que sur le secteur de Chavanay, mais sa répartition plus hétérogène, avec souvent l’existence d’un mois « sec » pendant la période estivale. D’ailleurs la végétation locale est encore de type méditerranéenne, avec la présence d’oliviers et de chênes verts sur quelques secteurs favorables (quartier les Oliviers à Tournon par ex.). La température moyenne annuelle est également légèrement plus élevée sur Tournon que sur Condrieu, même si cette différence est assez faible (de l’ordre de 0.6°). Toutefois, on note que la température moyenne baisse assez significativement lorsque l’on prend de l’altitude en direction du massif central, et donc que les parcelles des hauts plateaux présentent un retard de maturité significatif ; une donnée qui a conduit l’INAO à ne pas classer les secteurs situés à plus de 350 mètres lors de la révision de l’aire.
 
Le mistral est le vent dominant du couloir rhodanien ; froid et sec, il permet de limiter le développement de maladies mais il peut aussi être un danger pour la vigne au cœur de l’hiver (gel) ou bloquer les maturités en période végétative. Par leur exposition dominante ouverte à l’est/sud-est, les vignes en sont toutefois relativement préservées, notamment pour celles implantées dans les petites vallées transversales. Toutefois la proximité avec les massifs du Vivarais génère des courants d’airs froids provenant de sommets boisés (600 à 700 mètres) et qui viennent refroidir les terroirs environnants. Ces courants sont canalisés par les vallées affluentes au Rhône, ils peuvent donc provoquer des déficits thermiques dans leur partie haute. Néanmoins, l’éloignement de la côte viticole vis-à-vis de ces massifs permet d’en limiter l’impact. Là encore, la région de Tournon dispose d’une situation privilégiée avec des premiers sommets situés à plus de quinze kilomètres, ce qui n’est pas le cas plus au nord, avec des sommets situés à six kilomètres seulement de Serrières, par exemple. On constate enfin que la position géographique du secteur de Tournon (ainsi que celles des vignobles environnants : Cornas, Crozes-Hermitage et Hermitage) constitue pour la culture et les exigences de la syrah une excellente situation climatique (plus aléatoire sur la partie nord, où l’on approche de sa limite septentrionale de culture). Toutes ces données seront sans doute amenées à évoluer dans les prochaines décennies.

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Les « Vignes de l’Hospice » de Guigal, surplombant la ville de Tournon-sur-Rhône

Quartiers et lieux-dits
 
Comme bon nombre d’AOC communales, le vignoble du Saint-Joseph est découpé en un certain nombre de quartiers et lieux-dits d’origine cadastrale. Appelés « climats » en Bourgogne où ils constituent un caractère d’identification incontournable, il est plus rare que ceux-ci soient usités dans la vallée du Rhône, à l’exception sans doute de la colline de l’Hermitage. Et pourtant, avec une morphologie et une pédo-géologie complexe, on peut parfaitement concevoir que les différences entre lieux-dits sont ici accentuées par rapport à un ensemble de climats issu d’un seul et unique coteau au radient faible. Ainsi et sans chercher l’exhaustivité, j’ai souhaité décrire de manière sommaire quelques uns des quartiers et lieux-dits qui composent le Saint-Joseph historique (communes de Mauves, Tournon-sur-Rhône, Saint-Jean de Muzols et Lemps). Pour cette partie, j’ai reçu l’aide précieuse d’un amateur et passionné de la région, David Chapot, qui avait déjà effectué une large part des repérages et descriptions repris ci-dessous :

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Principaux quartiers du Saint-Joseph historique [Cliquer sur les images pour les agrandir]
  • Commune de Mauves :
Les Côtes : ou Côtes Derrière est le premier quartier visible lorsque l’on arrive au village de Mauves via Glun depuis la D86. Il est situé sur le flanc sud d’un coteau formé par le ruisseau de Chalaix. On peut y observer un ilot-vitrine. Une grande partie du quartier est restée à l’abandon avant d’être réaménagée ces dernières années par les domaines Coursodon, Blachon, Gérard Courbis et Voge. Il est essentiellement composé de jeunes vignes. Sol de granite décomposé en surface.
  
Chalaix : dans le prolongement du quartier Les Côtes en allant vers l’est, Chalaix se situe plus bas sur le même coteau. Orienté au sud, il bascule vers le sud-est en remontant vers le village de Mauves. Le domaine Chave possède et y exploite un vignoble réhabilité depuis 2003. Les vignes sont disposées en terrasses, soutenues par des murets en pierres sèches. Même type de sol que sur Les Côtes.
 
Clos de l'Arbalestrier ou Clos Florentin : c’est un véritable clos, ceint de mur, se trouvant en plaine, pratiquement au bord du Rhône, dans le village de Mauves. Il est connu depuis le XVIe siècle et a appartenu, avant la seconde guerre mondiale, à la famille Ozier. Racheté puis revendiqué ensuite par le domaine Florentin (2006 est le dernier millésime), le Clos de l’Arbalestrier appartient depuis 2009 au domaine Chave. Il forme un amphithéâtre regardant vers le sud-ouest. Les vignes reposent sur un substrat sablo-granitique situé dans le prolongement d’un cône de déjection formé par le ruisseau de Chalaix. Les vins produits sont plutôt mûrs et solaires, mais sans verser vers des notes confites, même en année chaude.
 
Guillamy : un quartier situé à 350 mètres d’altitude, sur un plateau au dessus du coteau des Côtes. Il s’agit d’un terroir, frais, tardif et venté. Sol de sable granitique à tendance argileux. Il est revendiqué par le domaine A La Tache.
 
Paradis et Montagnon : deux quartiers situés sur un grand coteau majoritairement orienté à l’est et dominant le village de Mauves. Sur Paradis, la roche-mère granitique peu dégradée peut être affleurante par endroit. En revanche, Montagnon se caractérise sur sa partie basse (en forme de mamelon) par la présence de lœss sur lesquels les vignes sont directement cultivées. En suivant la petite route qui contourne ce quartier, on peut observer un bel affleurement permettant d’examiner la composition de ces sols. Les domaines Coursodon, Chapoutier, Gripa et Jean-Claude Marsanne possèdent des vignes sur ces deux quartiers.

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Principaux quartiers du Saint-Joseph historique [Cliquer sur les images pour les agrandir]
  • Commune de Tournon-sur-Rhône :
Les Oliviers : après avoir franchi le ruisseau des Aurets, en continuant sur la D86 en direction de Tournon, on voit apparaitre un coteau exposé au sud, tournant vers l’est, puis basculant au nord, dont les trois versants sont plantées de vignes : voici Les Oliviers. Plutôt complexe sur le plan pédologique, on rencontre ici une large enclave de lœss remaniés, une ancienne terrasse alluviale et des sols mêlés de galets roulés d’origine morainiques, le tout reposant sur un socle granitique. Plusieurs producteurs se partagent ce quartier, tels Chave, Coursodon, Blachon, Marsanne, Ferraton et Gonon, dont les cuvées de blancs des deux derniers revendiquent ce nom. C’est en effet le terrain de jeu idéal pour la culture des cépages blancs dont les vins produits ici font partie des meilleurs du secteur. Les rouges sont moins charpentés mais ils sont gras et particulièrement aromatiques.
 
La Dardouille : ce lieu-dit se prolonge à l’ouest du quartier les Oliviers, en remontant la combe du ruisseau des Aurets. Dardouille signifie « touché par les rayons du soleil ». Les sols sont granitiques, sur substrat de gore et d’argile ; la pente est assez prononcée. Les vins produits ici sont plus riches et solaires que sur les Oliviers, avec des tanins plus anguleux. Le Saint-Joseph du domaine Bernard Faurie est exclusivement issu de ce quartier. Les domaines Chave, Gérard Courbis et Coursodon y travaillent également des parcelles.
 
Saint-Joseph : voici le quartier historique de l’appellation, celui qui lui a donné son nom en 1956. Il est situé sur un grand coteau formé par le ruisseau de Lay. Majoritairement exposé au sud, il tourne à l’est en remontant vers Tournon. Le bas du coteau forme un mamelon dont une petite partie des vignes est exposée au couchant. Les cuvées « Les Granits » de Chapoutier, « Le Berceau » du domaine Gripa, « Lieu-dit Saint-Joseph » de la maison Guigal (anciennes vignes du domaine Jean-Louis Grippat et De Vallouit) sont issues de ce quartier. Toute la partie basse du coteau repose sur une ancienne terrasse alluviale composée d’éléments grossiers ; un terroir idéal pour les blancs. Plus haut, place au granite, avec par endroit des sols de gore caractéristiques. Coursodon et Blachon possèdent également des vignes dans ce quartier.
 
Rivoire, Peygros, Croix de Peygros et Javignas : quatre quartiers situés dans le prolongement du Saint-Joseph, en remontant vers le nord. Croix de Peygros monte assez haut sur le coteau (plus de 250 mètres), tandis que Javignas est situé dans le bas. L’ensemble du coteau est majoritairement orienté vers l’est, avec un substrat plus ou moins profond de sables argileux reposant sur un socle granitique. Les domaines Gripa, Marsanne, Tunnel, Chapoutier et Gonon, exploitent plusieurs parcelles dans ces lieux-dits. Chez ce dernier, la dégustation des vins avant assemblage permet d’en cerner les différents caractères.
 
Le Clos : un petit lieu-dit néanmoins assez impressionnant, constitué de petites terrasses très pentues et très rocailleuses, disséminées sur le dernier coteau surplombant la ville de Tournon avant de basculer vers Chapon et la vallée du Doux. On peut admirer ces belles terrasses (assez récentes) lorsque l’on emprunte la route panoramique, juste après le virage de l’ancien hospice de Tournon. Les maisons Guigal, Chapoutier et Jaboulet (cuvée « Croix des Vignes ») y possèdent des parcelles.
 
Chapon dit « Les Vignes de l’Hospice » : sans doute l’un des quartiers les plus célèbres de l’appellation. Situé sous le belvédère de la chapelle au lieu-dit Chapon, la pente est ici vertigineuse. Les vignes « observent » avec un point de vue privilégié toute la partie est du coteau de l’Hermitage dont elles partagent la même formation géologique (granite de Tournon). Principalement orienté au sud, le coteau bascule à l’est vers la vallée du Doux et monte jusqu’à 280 mètres au point le plus haut. La maison Guigal possède aujourd’hui en monopole les 2.6 hectares cultivés du lieu-dit ; le vignoble s’est d’ailleurs étendu après sa reprise. Auparavant, les vignes appartenaient à Jean-Louis Grippat et au domaine de Vallouit (cuvée « les Anges »). Les plus vieilles d’entre elles datent de 1900.
 
  • Communes de Saint-Jean de Muzols et Lemps :
Sainte-Epine : on quitte la ville de Tournon-sur-Rhône pour rejoindre Saint-Jean de Muzols. Il faut franchir le Doux, qui se jette dans le Rhône pratiquement face à la colline de l’Hermitage. Changement de formation géologique également, puisque après le granite de Tournon, place aux roches métamorphiques d’anatexie et de gneiss. Le célèbre quartier Sainte-Epine se trouve sur un coteau orienté au sud-est. Il est revendiqué par la maison Delas et par la famille Desestret (domaine de la Côte Sainte-Epine). Naissent ici des Saint-Joseph bâtis pour la garde.
 
L’Olivet : un petit lieu-dit enclavé au cœur du quartier de la Côte Saint-Epine. Ce cru est connu pour avoir été cité en 1655 dans une correspondance où le vin qui y est produit est préféré « à celui de l’Hermitage, n’en déplaise à sa haute réputation ». Exposées au sud, les vignes sont bien protégées des vents du nord. La cuvée « l’Olivaie » du domaine Coursodon provient exclusivement de ce lieu-dit. La maison Delas y possède également une parcelle.
 
Aubert et Pichonnier : à l’est de la Côte Sainte-Epine, en revenant vers le Rhône, on découvre un petit mamelon recouvert de vignes : ce sont les quartiers Aubert et Pichonnier. Ici, se trouvent des vignes ayant appartenu à Raymond Trollat et qui sont exploitées aujourd’hui par le domaine Gonon. Les vins d’Aubert sont assez stricts, avec une grande ampleur tannique. Le lieu-dit Pichonnier fait la bascule vers le nord-est.
 
Gouye : en remontant vers le nord, on longe le plateau de Gouye exploité par la famille Desbos (domaine de Gouye). Les vins de ce terroir situé en altitude et exposé au vent présentent une fraîcheur bienvenue en année chaude mais une maturité tardive, un peu comme ceux du plateau de Guillamy à Mauves. Le plateau est situé sur une inclusion de granite.
 
Bachasson : situé sur la commune de Lemps, voici un vignoble de deux hectares entièrement reconstitué et replanté en 1996 par Jean-Louis Chave sur la terre de ses ancêtres (et non loin du lieu-dit Chave). Après la crise du phylloxéra, ce vignoble fut abandonné puis replanté de cerisiers. Les vignes sont exposées plein sud, la pente vertigineuse et les vignes en terrasses, soutenues par des murets en pierres sèches récemment restaurés, sont d’une grande beauté. Sols de gore.

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Vignes en terrasses, au lieu-dit Bachasson
 
IV - LES VINS
 
Le Saint-Joseph blanc
 
Avant tout, il est important de preciser que je ne suis pas, à titre personnel, particulièrement « amateur » des vins blancs de la vallée du Rhône ; je ne dispose donc pas de toutes les qualités pour les appréhender avec une totale objectivité. Il y a néanmoins un point qui me semble important d’aborder vis-à-vis des blancs du Saint-Joseph : entre les viogniers aromatiques des coteaux de Condrieu, les blancs discrets du vignoble de Saint-Péray (qui, comme les vins de Tournon, jouissaient pourtant il y a quelques siècles d’une grande réputation !) ou ceux si rares (et si chers !) de la colline de l’Hermitage, ils ont ici une singularité et une personnalité propre à revendiquer. La marsanne, très largement majoritaire sur l’appellation, reste néanmoins un cépage qui réclame un matériel végétal de qualité, une viticulture soignée et des vinifications/élevages appliqués. Si l’on trouve des blancs 100% marsanne d’un bon niveau, l’assemblage avec de la roussanne donne aussi des résultants assez probants. Au niveau des expressions, elles sont assez variables, avec des bouquets floraux, noisetés, de miel et de fruits jaunes, évoluant parfois vers un caractère oxydatif type pommes au four, notamment sur des millésimes chaud et/ou des vins plus longuement élevés. Gras, riches, peu acides et parfois opulents, on peut apprécier les Saint Joseph blancs sur leur jeunesse. Et surtout, ce sont des vins de gastronomie plus que d’apéritif, accompagnant mieux des plats de table puissants que des mets fins et délicats.
 
 
Le Saint-Joseph rouge
  
Aujourd’hui, la principale qualité des vins rouges de Saint-Joseph est de ne pas trop tendre vers l’excessif : excès de maturité, de vinification, de concentration, d’élevage ou de prix dont souffrent bon nombre de vins issus de crus mitoyens. Une qualité qui peut aussi passer pour une faiblesse, car on vante plus facilement leur souplesse, finesse voire légèreté que leur profondeur et complexité. La patte du vigneron ayant une part prépondérante sur la personnalité du produit final, la véritable question à se poser est la suivante : les terroirs du Saint-Joseph ne sont-ils simplement pas en mesure de produire des grands vins, ce qui a conduit à un classement chaotique du cru, ou son histoire récente a t-elle inconsciemment - ou pas - engendré une forme de renonciation à la conception de grands vins ? En résumé, quid de l’œuf ou de la poule ? Il est de toute évidence trop tôt pour répondre à cette question. En effet, il faudra attendre encore quelques années, a minima au delà de 2021 (Cf. partie Extension puis révision de l’AOC), lorsque tout le vignoble sera rentré dans le rang, pour mesurer les effets du travail et des investissements mis en œuvre actuellement. Ces investissements justement, tout comme l’aura des « vieux » millésimes de Jean-Louis Grippat (Vignes des Hospices) si rares et recherchés, peuvent déjà conduire à un début de réponse.
 
Une chose est certaine, ici on ne cherche pas - encore - à en faire plus que ce que le terroir est capable de produire, permettant aux vins d’être souvent très francs, spontanés et abordables dans la jeunesse. Ainsi, les Saint-Joseph rouges du sud présentent de très belles expressions de syrah sur granite (saveurs poivrées, mentholées, épicées, voir salines), accompagnées de notes florales et fruitées (violette, framboise, cassis) et empyreumatiques (fumé voir toasté en année chaude). Sans manquer de chair et de structure, il est vrai que les matières sont souvent raffinées, plaisantes, suaves, soutenues par des tanins fins et croquants, et par une fraîcheur de bon aloi. Il faut toutefois goûter quelques cuvées parcellaires ambitieuses pour toucher du doigt des crus plus profonds, complexes, terriens et racés (mais parfois plus lourdement boisés), prouvant ainsi la possibilité d’aller plus loin dans les expressions et dans l’optique de grands vins aptes à la garde. Enfin, on note qu’au sud, les variations entre millésimes, si elles ne sont pas inexistantes, sont moins nuancées, un peu plus lissées que sur les vignobles du nord, grâce à un climat moins contrasté, comme on peut le constater avec les vins de Cornas.
 

Culture - vinifications et styles - commercialisation
 
La culture des vignes : Soyons franc, il n’y a pas plus de révolution à Saint-Joseph que dans d’autres vignobles nord-rhodaniens. Ainsi, l’agriculture biologique ou biodynamique certifiée reste encore marginale (même si elle est en augmentation) et ne se limite encore qu’à ceux « qui en ont les moyens » (ou qui se les donnent). D’un autre coté, nous pouvons parfaitement comprendre les contraintes d’une viticulture sur coteaux abrupts ou en terrasses, notamment en ce qui concerne le travail des sols (je l’ai déjà évoqué dans un article consacré au vignoble de Banyuls) ; ils sont donc encore rares, les vignerons à le pratiquer sur l’ensemble de leur vignoble. On peut toutefois citer en exemple les domaines Faurie, Gonon et Chave, qui utilisent cheval et treuil pour ce faire. Mais cela ne veut pas dire que les autres pratiquent du tout chimique, au contraire : un bon nombre de vignerons sérieux s’orientent progressivement vers une viticulture plus soignée avec des désherbages partiels (sous le rang) et/ou un enherbement limité et contrôlé. Généralement, les vignes sur terrasses ou en coteaux sont taillées en gobelet court sur échalas. La taille en cordon de Royat se pratique plutôt sur des secteurs mécanisables, plateaux et autres replats à faible gradient. De la même manière, si le rognage constitue la règle, il ne se pratique plus de façon systématique ; on peut donc observer de plus en plus de vignes conduites en pont, c'est-à-dire dont les rameaux qui ne sont plus rognés sont rabattus sur le cep voisin, au dessus de l’échalas, pour éviter qu’ils ne retombent dans le rang ou cassent sous l’effet du vent.
 
Vinifications et styles : Pas de véritable révolution non plus en terme de vinification : on peut qualifier celles-ci de « traditionnelles », avec égrappage (partiel ou total), foulage, macération de deux à quatre semaines puis élevage en fûts de chêne avec des proportions variables de bois neuf (ce dernier étant généralement réservé aux « grandes cuvées »). Une méthodologie qui explique le style des Saint-Joseph rouges décrit plus haut, lorsque j’évoquais des vins « sans excès ». La vendange entière totale est extrêmement rare (voir Bernard Faurie). Un fait sans doute lié à la volonté de produire des vins accessibles jeunes, sans raideur ni dureté. Ainsi, dans l’interprétation d’un Saint-Joseph, on peut distinguer deux grandes tendances entre lesquelles se trouvent de nombreuses situations intermédiaires : d’un coté, le style « classique », avec en fer de lance les domaines Gonon et Faurie (travail des sols, égrappage partiel, peu ou pas de bois neuf, vins traditionnels, épurés et de bonne garde) et de l’autre, le style moderne, représenté par la méthode Guigal (égrappage total, pigeages, remontages, élevage en bois neuf, vins modernes, démonstratifs, « élevés »). Enfin on peut prendre en considération une dernière chose, à savoir faire la distinction entre les vignerons qui ne possèdent dans leur gamme « que » du Saint-Joseph en cru majeur, et ceux qui exploitent et vinifient des AOC plus renommées (Hermitage ou Cornas pas ex.). C’est un avis personnel, mais je suis sûr qu’il existe ainsi deux façons d’aborder le cru en fonction de ce critère. Sans jugement de valeur, il est presque légitime pour les seconds de consacrer « le meilleur » (matériel, techniques, disponibilité, investissements, etc.) pour le plus prestigieux de leur cru ; un peu comme une façon de respecter la hiérarchie de sa gamme (Jean-Louis Chave faisant sans doute exception à la règle).
 
La commercialisation : Globalement, les vins de Saint-Joseph présentent un assez bon rapport qualité/prix dans la région, mais leur côte est progressivement en train de monter sous l’impulsion de grandes maisons (Chapoutier, Guigal, etc.) produisant des cuvées parcellaires « haute couture ». C’est évidement bon signe pour la réputation du cru car, quoi qu’on en pense, le prix reste un évaluateur du niveau global moyen de qualité d’une appellation. C’est une moins bonne nouvelle pour l’amateur qui va forcement devoir se couper d’une - petite - partie de la production dont les prix dépassent généreusement quelques Cornas, Côte-Rôtie ou Condrieu pourtant d’un très bon niveau. A chacun son seuil psychologique et son budget, mais je pense qu’entre 15 et 25 € (départ propriété) pour des Saint-Joseph de Gonon, Faurie, Gripa, Coursodon ou Chave, on peut déjà acquérir d’excellents voire grands vins.

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Système de canalisation des eaux dans le lieu-dit Saint-Joseph

V - DOMAINES ET VIGNERONS
 
Tout comme les quartiers et lieux-dits du Saint-Joseph historique, mon but ici n’est pas de lister l’intégralité des producteurs de l’appellation mais plutôt d’évoquer les quelques producteurs « incontournables » du secteur, ainsi que ceux dont nous apprécions régulièrement la production.
  • Producteurs indépendants :
PIERRE GONON - 34 avenue Ozier, 07300 Mauves
Tél. : 04 75 08 45 27
En terme de viticulture, tenue et travail de la vigne, mais aussi de choix de vinification, de leur conduite et des vins qui en découlent, cette propriété constitue une sorte de « mètre étalon » dont les deux cuvées (une dans chaque couleur) représentent la plus pure expression d’un Saint-Joseph tel qu’on l’imagine : des vins complets, profonds, racés… des vins qui ont « la gueule de l’endroit ». En clair, parmi les vignerons et domaines du Saint-Joseph, les frères Gonon sont pour nous les « locomotives » de l’appellation. Légitimement, nous leur avons déjà consacré un article complet dans lequel vous trouverez tous les détails de leur travail.
 
DOMAINE JEAN-LOUIS CHAVE - 37 avenue du Saint-Joseph, 07300 Mauves
Tél. : 04 75 08 24 63
Il est difficile d’évoquer ce domaine en si peu de mots tant il suscite de superlatifs. A l’instar d’un Pétrus à Pomerol ou d’un Rousseau en Chambertin, Chave est le symbole des grands vins de l’Hermitage à travers le monde. Mais au-delà de cette notoriété, le domaine est aussi une entité à taille humaine, le reflet d’une longue lignée qui cherche à préserver son esprit paysan et à conserver ainsi une certaine « accessibilité » (certes, elle l’est de moins en moins…). Originaires d’Ardèche, les Chave vivent de la vigne depuis 1481 (documents à l’appui !), lorsqu’un seigneur fit don d’un morceau de sa terre à un de leurs aïeuls. Homme discret et réservé, Jean-Louis Chave représente la dernière génération à la tête de la propriété. N’ayant plus grand chose à prouver sur l’Hermitage (quoi que le métier de vigneron soit une remise en cause perpétuelle), c’est vers le vignoble de Saint-Joseph que le regard de Jean-Louis s’est porté ces dernières années. En 1996, il restaure un vignoble abandonné à Lemps, sur le lieu-dit Bachasson, non loin de la terre de ses ancêtres. En 2003, il entreprend la restauration de terrasses sur le lieu-dit Chalaix, à Mauves. Enfin, en 2009, il acquière le Clos de l’Arbalestrier, situé dans le prolongement du coteau de Chalaix. Le domaine possède également des vignes dans les lieux-dits Les Oliviers et Dardouille, pour un total de quinze hectares en exploitation aujourd’hui. Avec la même vision de complémentarité des terroirs que sur l’Hermitage, il n’y a pour le moment qu’une seule cuvée de Saint-Joseph rouge produite. Elle est issue de l’assemblage des différentes parcelles de la propriété (il est probable que le Clos de l’Arbalestrier fasse exception à cette règle et qu’il soit, dans le futur, mis en bouteille séparément). Cet assemblage est réalisé à la fin de l’élevage et après dégustation. Les vinifications sont donc parcellaires et se déroulent après égrappage total de la vendange. Les élevages se poursuivent en fûts de chêne d’âge variable pour une durée de 18 à 24 mois en fonction des millésimes. A noter que le domaine pratique également une activité de négoce avec une cuvée de Saint-Joseph nommée « Offerus ».

PIERRE ET JERÔME COURSODON - Place du Marché 07300 Mauves
Tél. : 04 75 08 18 29
Situé en plein cœur du village de Mauves, ce domaine a été fondé à la fin du XIXe siècle par Jean-Auguste Coursodon. Dans les années 50, sous l’impulsion de Gustave Coursodon, la propriété fut l’une des premières du secteur à distribuer ses vins en bouteilles. Elle a également toujours œuvré pour la qualité, maintenant et valorisant la culture sur les coteaux les plus qualitatifs de l’AOC au moment de l’extension en 1970. En 1998, Jérôme Coursodon, la cinquième génération, rejoint le domaine qui compte aujourd’hui 15 hectares en production. La gamme se compose de plusieurs cuvées : « Silice » et « Paradis Saint-Pierre » déclinés en rouge et en blanc ; et « l’Olivaie » et « Sensonne » produits uniquement en rouge. Elles sont issues de plusieurs lieux-dits répartis sur l’ensemble du secteur, tels Paradis, Montagnon, Dardouille, Saint-Joseph, l’Olivet et plus récemment les Côtes. Ici, le style est assez moderne, avec des couleurs intenses, des matières relativement concentrées (éraflage à 100%), des boisés recherchés et présents en jeunesse (mais rarement débordants) et donc des vins qui demandent un peu de garde, notamment pour les grandes cuvées. Néanmoins, sur les derniers millésimes, la tendance est à une recherche accrue de finesse.

DOMAINE DE LA CÔTE SAINTE-EPINE - 17 chemin de la côte Sainte-Epine, 07300 Saint-Jean-de-Muzols
Tél. : 04 75 08 85 35
Ce discret domaine de Saint-Jean de Muzols porte le nom d’un des quartiers les plus célèbres de l’AOC Saint-Joseph, dont il possède sept hectares intégralement sis sur le cru. Exploité par la même famille depuis cinq générations, c’est à Mickaël Desestret que revient la charge de la propriété aujourd’hui. Il s’appuie sur un formidable patrimoine de vieilles vignes (140 ans pour la syrah et près de 100 ans la marsanne) pour élaborer une seule et unique cuvée dans les deux couleurs. Le domaine exploite, également en métayage, une partie des vignes appartenant à Raymond Trollat, dont les deux familles sont liées par un cousinage éloigné. A la vigne, l’agriculture se pratique en lutte raisonnée et tend vers une approche biologique. Côté vins, les vinifications se veulent douces, en partie en vendange entière (en fonction des millésimes) et les élevages durent un an en moyenne, en barriques non neuves. Les vins sont assez francs, complets, denses et peuvent se garder quelques années. En outre, les prix sont relativement sages. Une propriété à découvrir !
 
BERNARD FAURIE - 27 avenue Hélène de Tournon, 07300 Tournon-sur-Rhône
Tél : 04 75 08 55 09
Agé de 63 ans aujourd’hui, Bernard Faurie est en train de tourner la page, même si rien n’a véritablement été décidé pour l’heure concernant l’avenir de la propriété. Toujours est-il qu’une grande partie du vignoble de Saint-Joseph a été rachetée par son gendre Emmanuel Darnaud, si bien que les Faurie ne possèdent plus aujourd’hui que quelques ares sur l’appellation. Ces quelques vignes - comme toutes celles qui constituaient les trois cuvées de Saint-Joseph du domaine auparavant - sont intégralement sises dans le lieu-dit Dardouille. La viticulture a toujours été très proche de l’agriculture biologique sans jamais être revendiquée, principalement en raison des « lourdeurs administratives » qu’elle réclame. A la vigne, les traitements sont ainsi limités au strict nécessaire et le travail des sols se pratique au piochon ou au tracteur. Au chai, la vinification se fait intégralement en vendange entière, en cuve ouverte, après un léger foulage. Les vinifications durent deux à trois semaines, puis l’élevage se déroule en grand contenant, demi-muids et foudres, pour une durée de 12 à 18 mois en fonction des millésimes. Deux cuvées de rouge étaient auparavant produites, simplement différenciées par l’âge des vignes qui les constituent : « les jeunes vignes » plantées en 1986 et « les vieilles vignes » plantées dans les années 50/60. Un rare blanc issu à 100% de marsanne, complète la gamme. Les vins ont beaucoup de caractère, une assise tannique importante et ont besoin de temps pour pleinement s’exprimer.

BERNARD GRIPA - 5 avenue Ozier, 07300 Mauves
Tél. : 04 75 08 14 96
Depuis plusieurs générations, ce domaine de Mauves est toujours resté une petite exploitation familiale. Bernard Gripa et son fils Fabrice cultivent aujourd’hui dix hectares sur Saint-Joseph et quatre en Saint-Péray. Ils pratiquent une agriculture raisonnée, avec traitements localisés et favorisent un maximum de travaux manuellement. Ils produisent ainsi deux cuvées de Saint-Joseph, déclinées en blanc et en rouge. « Le Berceau » est la cuvée parcellaire du domaine dont les vignes sont intégralement sises sur le lieu-dit Saint-Joseph. En blanc, elle est uniquement composée de vieilles vignes de marsanne (75 ans environ) vinifiées et élevées en fût de chêne. En rouge, les fermentations se font pour moitié en raisins entiers dans des cuves en bois ouvertes, suivies d’un élevage d’un an en fûts de chêne. Ce domaine est une valeur sûre de l’appellation, avec des vins réguliers et d’une belle expressivité.

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Dégustation (et apprentissage !) avec Jean Gonon, à gauche
  • Grandes maisons :
MAISON M. CHAPOUTIER - 18 avenue du Docteur Paul-Durand, 26600 Tain-l’Hermitage
Tél. : 04 75 08 28 65 -
www.chapoutier.com
La Maison Chapoutier est plus qu’un domaine viticole, c’est une véritable entreprise, forte de 130 salariés, 22 millions d’euros de chiffre d’affaires et qui étend ses ramifications bien au delà de la Vallée du Rhône. Mais il n’en fut pas toujours ainsi car lorsque Michel Chapoutier rachète la propriété de son grand-père en 1990, celle-ci est en grande difficulté. On mesure depuis le parcours d’un homme dynamique, devenu en peu de temps une figure de la viticulture rhodanienne. Un parcours qui ne se limite pas seulement au travail de la vigne et à la production de vins, mais aussi à l’apprentissage (école de sommellerie) et à l’associatif (Vins & Santé). Dans la gamme, il faut distinguer les vins issus du négoce de ceux provenant des sélections parcellaires du domaine, toutes cultivées en biodynamie certifiée. En Saint-Joseph, la cuvée « Les Granits » (déclinée en blanc et en rouge) en est la seule représentante. En rouge, les vignes sont issues du lieu-dit Saint-Joseph. Après égrappage total, les raisins sont vinifiés en cuve béton pour une durée d’un mois environ. S’ensuit un élevage en fûts (en partie neuf) d’une durée de 16 à 18 mois. « Les Granits » blanc est élevé sur lie pendant huit à dix mois. Certes vineux, profonds, complexes, construits pour la garde, le prix de ces cuvées peut toutefois tempérer les ardeurs.
 
MAISON DELAS FRERES - ZA de l’Olivet, 07300 Saint-Jean de Muzols
Tél. : 04 75 08 60 30 -
www.delas.com
La Maison Delas Frères fut fondée en 1835 sur la base d’une société de négoce. Elle prit son essor après la seconde guerre mondiale, lorsque ses ventes se développèrent sur le marché international. Le succès fut croissant, il lui permit d’acquérir ses premières vignes en propriété. En 1977, l’entreprise est rachetée par la Maison Deutz qui relocalise le site de production à Saint-Jean de Muzols. A la fin des années 90, Delas prend un nouvel essor : sous la houlette de l’œnologue Jacques Granges, la cave et les chais sont rénovés et modernisés et de nombreux investissement sont réalisés dans l’entretien et la restauration des vignobles. Parmi la très large gamme de vins que commercialise la maison aujourd’hui, on trouve cinq cuvées de Saint-Joseph, dont la fameuse sélection parcellaire « Sainte-Epine », issue du lieu-dit éponyme et sur lequel elle exploite deux hectares. La vinification se déroule en cuves béton ouvertes après trois jours de macération pré-fermentaire à froid suivie de vingt jours à température contrôlée. Le « Sainte-Epine » est élevé en fûts de chêne neuf pendant 14 à 16 mois. Dans l’ensemble, les vins sont bons, complets, réguliers, mais manquent parfois un peu de personnalité. Un constat que l’on retrouve dans beaucoup de maisons dont la production est inhérente au négoce. Les prix restent néanmoins abordables exceptés pour les cuvées parcellaires.
 
MAISON E. GUIGAL - Château d’Ampuis, 69420 Ampuis
Tél. : 04 74 56 10 22 -
www.guigal.com
Pour aborder la philosophie de la Maison Guigal, on pourrait paraphraser Oscar Wilde : « Nos choix sont simples, on se contente du meilleur ». Fondée en 1946 par Etienne Guigal à Ampuis, l’entreprise n’a jamais cessé de progresser et de se développer pour posséder aujourd’hui plus de soixante hectares en exploitation propre sur l’ensemble du vignoble rhodanien (mais elle est aussi connue pour sa très large activité de négoce). On peut dire que l’ambition n’a jamais été le moindre de ses moteurs, car une partie de son essor s’est surtout réalisé autour du rachat de vignes situées dans les parcelles les plus prestigieuses des différentes AOC du Rhône, de manière à élaborer des cuvées parcellaires « haute couture ». En Saint-Joseph, c’est sur les deux plus célèbres quartiers de l’appellation, Saint-Joseph et Chapon (Vignes de l’Hospice), que la Maison Guigal a pu acquérir en 2001 des vignes ayant appartenu aux ex-domaines Jean-Louis Grippat et De Vallouit. Cette approche ambitieuse, on la retrouve également dans les deux cuvées issues de ces lieux-dits, avec des vins résolument stylés, modernes et luxueusement élevés sous bois. Une signature qui peut particulièrement marquer les vins dans leur jeunesse et quelque peu dénaturer, à notre goût, le fruit naturel du raisin ; mais des vins qui appellent aussi à la garde et qui trouvent leurs aficionados. Dans tous les cas, une bouteille de Guigal sur une table ou en dégustation ne laisse jamais indifférent !
 
  • Anciens domaines :
JEAN-LOUIS GRIPPAT : c’est un peu le mythe de l’appellation, largement dû d’ailleurs à une cuvée sans doute plus connue pour son seul nom que pour le vignoble dont elle est originaire : « Les Vignes de l’Hospice ». Un petit « Hermitage » pour certains, issu du même coteau que ce dernier mais que le Rhône a entaillé, il y a bien longtemps, pour tracer son cours. Une cuvée devenue très rare, qu’on s’arrache aujourd’hui à prix d’or et qui a peut-être encore gagné en notoriété après le rachat des vignes par la Maison Guigal. Les vieux Grippat sont de très beaux vins, encore fringants et particulièrement racés. Mais il faut le dire, l’esprit des vins n’est plus vraiment le même entre les mains des Guigal.
 
RAYMOND TROLLAT : Raymond Trollat est une figure du vignoble local, un personnage peu médiatique, mais qui revient souvent dans la discussion lorsqu’on évoque l’histoire des vins de Saint-Joseph, à l’image d’un Robert Michel à Cornas. Le domaine était situé à Saint-Jean de Muzols, près de la côte Sainte-Epine où il possédait l’essentiel de ses parcelles (sur les lieux-dits Aubert et Pichonnier). Les vignes étaient cultivées à « l’ancienne », en agriculture biologique non revendiquée. Même méthodologie côté chai, avec des vins vinifiés sans soufre et élevés en très vieilles barriques dans une vieille cave peu entretenue. Il mit fin à sa production au milieu des années 2000 et les vignes furent revendues ou confiées en métayage aux domaines Gonon et Desestret. Quand on évoque ses vins, on parle souvent de franchise, d’ampleur et de richesse, mais également d’expressions pas toujours très nettes et d’une grande irrégularité liée à leur vinification « nature » ou à des mises aléatoires.
 
DOMAINE FLORENTIN : jusqu’en 2006, le domaine appartenait aux deux filles du Docteur Emile Florentin et possédait, sur les cinq hectares de la propriété, le clos de l’Arbalestrier. Les vignes étaient conduites en agriculture biologique avec un travail des sols au cheval. Les vinifications « à l’ancienne » se déroulaient avec le moins d’intrants possible (peu ou pas de SO2, ni collage, ni filtration) et les élevages en très vieux futs avaient lieu dans un chai un peu désuet. On évoque souvent des vins rustiques, d’un ancien temps et d’une certaine irrégularité. Les vignes, les chais et les stocks ont été rachetés en 2009 par Jean-Louis Chave.
 
MAISON OZIER : la très influente et richissime famille Ozier posséda et exploitât, pendant plusieurs décennies, de nombreuses parcelles dans les vignobles de Mauves et Tournon-sur-Rhône, dont le Clos de l’Arbalestrier et une grande partie du coteau de Saint-Joseph. Le domaine a périclité après la seconde guerre mondiale et les vignes furent vendues à plusieurs producteurs. Aujourd’hui, la rue principale du village de Mauves porte le nom de cette famille.

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Vignes magnifiquement tenues dans le Clos de l’Arbalestrier chez Jean-Louis Chave

VI - REFLEXIONS

L’idée de cet article est née en avril 2010, lors d’une journée de visites sur le village de Mauves. Notre premier rendez-vous nous conduisit chez Jean-Louis Chave, vigneron emblématique, mondialement connu pour son cru majeur sur la colline de l’Hermitage. D’Hermitage, il n’en fut point question ce jour là, car à peine arrivé au domaine, Jean-Louis nous emmena dans le vignoble de Saint-Joseph, au lieu-dit Les Chalaix. Sur place, nous ne nous trouvions pas devant une morne plaine fertile, un champ à « patates » ou un ancien marais asséché, mais face à de superbes coteaux viticoles en pleine réhabilitation, que l’amateur peu averti pourrait facilement confondre avec ceux de Cornas, Chavanay ou d’Ampuis. En sa compagnie, nous (re-)découvrions une appellation que nous croyions connaitre, ou pour laquelle nous avions un bon nombre d’idées reçues (comme beaucoup je pense). Le second rendez-vous de la journée fut une visite au domaine Gonon, avec Jean, l’un des deux frères dirigeant le domaine. Autre personnalité, autre vision, autre style, mais la même conviction dans les mots lorsqu’il s’agissait d’évoquer « leur » Saint-Joseph. Il ne nous en fallut pas davantage pour poser un nouveau regard sur cette appellation et surtout éveiller en nous de la curiosité.
  
Alors, le Saint-Joseph historique mérite t-il le statut de cru « majuscule » ? De toute évidence, oui. Et il faut souligner que le travail effectué par les meilleurs vignerons du sud depuis une quinzaine d’années n’est qu’un commencement. Néanmoins, loin de moi l’idée de penser que les vingt autres communes incluses aujourd’hui dans l’appellation communale Saint-Joseph ne méritent pas le statut d’AOC - au contraire même, mais quand on regarde l’histoire des « vins de Tournon », on comprend une chose : la renommée d’un vignoble ne se forge pas uniquement sur une histoire multiséculaire, mais aussi sur l’opportunité qu’il a eu, à un moment donné, de se démarquer des autres, ou tout du moins de ne pas faire « d’erreur ». Force est de constater que depuis l’extension de l’aire en 1969, et pour pratiquement le demi-siècle qui a suivi (jusqu’en 2021), l’AOC Saint-Joseph s’est un peu perdue dans un développement productiviste qui n’aurait jamais dû être le sien. Cette extension n’étant sans doute pas empreinte de mauvaises intentions (il faut la remettre dans le contexte de l’époque), mais elle pèse lourd dans la notoriété du cru aujourd’hui ; et ses vins en pâtissent toujours, ne faisant pas l’objet des mêmes considérations que les autres crus prestigieux de la vallée du Rhône. N’oublions pas non plus que, hormis les quelques vignerons qui tirent l’appellation vers le haut, le cru est encore dominé par de nombreux petits producteurs, des caves coopératives et un marché de négoce qui, à défaut de produire bon à moyen, tendent parfois vers le médiocre (là encore, le « sud » tire son épingle du jeu, car le nombre de coopérateurs sur le secteur - cave de Tain l’Hermitage - reste très limité).
  
Ainsi, en discutant avec quelques « autochtones », beaucoup s’accordent à dire que l’allongement du cru sur une si grande distance fut effectivement une erreur. Si l’on devait reconsidérer les choses aujourd’hui, ou du moins, si l’on devait distinguer les différents Saint(s)-Joseph(s), il serait plus « juste » de découper l’appellation en trois secteurs :
  • Toute la partie sud, représentée par le Saint-Joseph de 1956, que l’on pourrait étendre à la commune de Chateaubourg (non abordée dans cet article), mais dont les formations calcaires constituent en outre une intéressante singularité.
  • Le secteur nord, incluant les communes de Chavanay, Malleval, Limony et Saint-Pierre de Bœuf entre autres, offre manifestement les qualités nécessaires pour la revendication d’un cru communal, mais un cru distinctif, ayant sa propre dénomination et qui n’aurait jamais du être rattaché au Saint-Joseph originel, dont il partage finalement peu de points communs.

  • Enfin, la partie centre de l’appellation (globalement de Serrières à Sarras), dominée par la puissante cave coopérative de Saint-Désirat. Dans ce secteur, il y a peut-être trop peu de bons producteurs pour se faire une idée sérieuse de son véritable potentiel.

Cependant, sur l’argumentation d’une différence stylistique entre les différents secteurs, on me rétorqua parfois qu’il souffrirait sans doute de l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Certes, mais serions-nous tous capable de faire à coup sûr la distinction à l’aveugle entre un Margaux et un Saint Julien, ou entre un Meursault et un Puligny-Montrachet ? Bien sûr que non. Et pourtant, ces crus bien plus proches géographiquement bénéficient pourtant de deux appellations distinctes. De même, dans le cadre de l’obtention d’une AOC, la dégustation à l’aveugle n’a jamais été une finalité. Tout aussi intéressant qu’il soit, nous connaissons tous trop bien la versatilité de l’exercice pour lui accorder seul la crédibilité ou la légitimité de l’existence d’un cru ; fort heureusement d’ailleurs.

Je n’entends pas révolutionner les mentalités par ce long exposé. Preuve a déjà été faite par les professionnels ou la presse spécialisée (dans le cadre de dégustations, par ex.) du véritable potentiel des vins du Saint-Joseph historique. Cet article n’a d’ailleurs pour seule ambition que de présenter sous un même format un certain nombre d’éléments permettant de mieux comprendre l’histoire et les particularités pas toujours connues de ce vignoble. Il n’est donc pas question de réécrire l’histoire, chose toujours plus facile lorsque l’on dispose de tous les éléments a posteriori ; mais il est toujours utile de rappeler, encore et encore que, malgré son histoire chaotique récente, le Saint-Joseph n’a certainement pas à rougir face à la réputation de ses « grands » voisins. Par la volonté des hommes qui œuvrent à sa (re)-reconstruction, nul doute qu’il constitue aujourd’hui bien plus qu’une simple introduction à la découverte des meilleurs crus de la vallée du Rhône. Encore faut-il faire la distinction entre les différents producteurs, ceux qui esquissent, millésime après millésime, l’image d’un cru de grande valeur d’où naissent des vins de caractère. Et puis savoir aussi faire la distinction entre les différents Saint(s)-Joseph(s), comme évoqué ci-dessus. Gageons qu’à ce jeu là, le vignoble du Saint-Joseph historique constitue pour lui-même un cru majuscule…
 
 

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Sources et références :
- Histoire sociale et culturelle du vin – Gilbert Cartier – éd. Larousse
- Revue « Le rouge & le blanc » n°47 – juin 1996
- Grand Atlas des vignoble de France – Benoit France – éd. Solar
- The Wines of the Northern Rhône - John Livingstone-Learmonth - University of California Press
- Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « SAINT-JOSEPH » du 25 octobre 2011 - JORF.
- José Vouillamoz – Arbre généalogique de la syrah
- Revue « Vignerons » n°9 -  été 2012
- Divers documents historiques et techniques (dont principalement le rapport des experts lors de la révision de l’aire) fournis par la maison des Vins de Tain l’Hermitage et Inter-Rhône.
 
Notes :
- Avant tout, je souhaiterais remercier la Maison des Vins de Tain l’Hermitage et Inter-Rhône, pour tous les documents qu’ils ont pu me fournir. Je remercie les vignerons qui ont bien voulu nous consacrer un peu de leur temps pour parler avec passion de leur cru et terroirs, en particulier Jean Gonon, Jean-Louis Chave et Jérôme Coursodon. Je tiens à vivement remercier David Chapot, amateur et passionné des vins de la région, pour son investissement et sa participation active à un des chapitres de cet article. Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui, de près ou loin, ont collaboré à ce travail, et en premier lieu l’équipe Vin-terre-net.
- Les différents avis émis dans cet article, concernant les vins, les domaines, ou autres prises de position et réflexions, sont le reflet d’un travail individuel. Ils n’engagent que son rédacteur et ne sont donc pas à considérer comme des vérités absolues. Dans tous les cas, il convient à chacun de faire son propre parcours initiatique à la découverte des vins de Saint-Joseph.
- Dans le chapitre « Quartiers et Lieux-dits », la liste des noms des producteurs possédants des vignes dans les différents quartiers décrits n’est pas exhaustive.
 
 
 

Le 24/06/2017 à 05h29
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