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Chiroubles, les Monts Damnés du Beaujolais ?
 
Chiroubles... étonnant village ! On connait très bien son nom mais finalement peu et mal ses vins et terroirs. Remarque que nous nous appliquons à nous même, vous allez comprendre pourquoi plus bas...
 
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Emile Cheysson
 
Un peu d'histoire. L'église du village remonterait au XIIIème siècle dit-on, et fut construite grâce à la générosité d'un nommé Antoine Blondel, dans le but d'obtenir grâce à Dieu (sic) la fin de la peste qui ravageait alors les populations des monts beaujolais. Plus tard ce sera autour du phylloxera de faire des ravages, mais auprès de la population de Vitis Vinifera, la vigne. Chiroubles est d'ailleurs célèbre dans l'histoire phylloxérique car c'est là que s'est formé en 1879, sous la direction du bien nommé Emile Cheysson - inspecteur général des Ponts et Chaussées de son état - le premier syndicat de défense contre le maudit parasite. Pour en savoir plus sur Emile Cheysson, lire les 5 pages qui lui sont consacrées ICI.
 
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Coteau chiroublon typique, système d'écoulement des eaux de pluie et murets pour limiter l'érosion
 
Topographie et géologie. Mais Chiroubles c'est avant tout le relief, les monts les plus hauts perchés de tout le beaujolais, entre 400 et 700 mètre d'altitude, avec des petits cols aux noms pittoresques (les Truges, Durbize). Nous conseillons de s'y rendre par Morgon via le Hameau de Corcelette, ou par la route de Régnié, très jolie aussi. Au point le plus haut, à l'endroit de l'ancien télégraphe, l'on aperçoit toute la vallée qui descend jusqu'à la Saône, et au loin la Bresse. Le point de vue par temps dégagé est formidable et plaira aux amoureux de la (belle) France. Les sols sont ici granitiques, ça n'est pas un scoop, avec quelques filons de granulite et de porphyrites micacés et amphibolitiques, et un filon de microgranulite au Nord de la commune, vers Fleurie. Donc plutôt des granulométries de surface fines, que l'on se plait à imaginer en grumant les petits tanins fins des bons vins de la commune.
 
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Trop petits sur la photo là pour les voir, mais à ce moment de l'année - fin août - encore peu de raisins avaient veré sur ce coteau
 
Le climat y est plus frais « qu'en bas », vers Villié-Morgon ou Fleurie par exemple (quoi que du côté de la Madone), et la zone est assez exposée aux courants venteux. Les terroirs chiroublons sont donc réputés tardifs et ce n'est pas une vue de l'esprit, car sur un millésime comme 2008 - par exemple - on pouvait observer en août des écarts de maturité de plus de 15 jours avec des zones plus précoces, vers les bas de Morgon. Il ne faut donc pas se presser pour couper mûr à Chiroubles, et surtout les raisins ont tendance à faire un peu moins de sucre qu'ailleurs, ce qui donne en général des vins comme nous allons les décrire plus bas.
 
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Un virage particulièrement bien exposé, en redescendant le col
 
Les meilleurs terroirs, les plus réputés en tout cas, sont souvent les mieux exposés (Sud/Sud-Est, très beaux coteaux pentus) et situés (altitude pas trop élevée), ce n'est pas un secret. Parmi les plus en vue historiquement, l'on trouve donc Bel-Air, La Côte Rôtie, Le Moulin, Poulet (sic !), et Propière. Puis viennent ensuite Le Bourg, Chatenay, Les Genets, Javernand, Le Pont, Tempéré. Et enfin Le Fêtre, Saint-Roch, Les Martins et Les Prés. Nous les mentionnons à titre informatif et pour la culture car force est de constater bien malheureusement qu'ils sont bien peu revendiqués sur les étiquettes. A notre connaissance Bernard Métrat a eu une cuvée étiquetée « Côte Rôtie » par exemple, mais nous ne sommes pas certains qu'il la propose encore. A vérifier. Souvent les vignerons proposent 1 voire 2 cuvées, une de vignes plus ou moins jeunes, et quelquefois une de vignes plus anciennes (et boisée). Dans tous les cas, souvent plusieurs terroirs sont assemblés pour leur complémentarité, et permettent de produire l'une ou l'autre. Tout cela pour dire qu'il ne faut pas attendre un découpage à la bourguignonne ici, ce n'est pas la politique des gens du cru. Faudrait il encore d'ailleurs que cela se justifie à la dégustation. Nous n'avons à ce jour pas le recul nécessaire sur les vins de la commune pour le savoir, et le cas échéant l'affirmer.
 
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L'étiquette de Chiroubles de Bernard Métrat, romantico-rétro à souhait.
 
Et les vins dans tout ça ? Qu'est ce qu'un bon Chiroubles ? Un bon Chiroubles « glisse » comme on dit, il croque, il file, il s'étire sur un tanin fin mais svelte, nerveux. Un délice à table sur toutes sortes de plats, et pas fatiguant pour un sous si le degré n'est pas trop élevé, et si le vinificateur n'a pas eu la main trop lourde sur la chaptalisation. Le fruit fait son charme donc, mais ce n'est pas pour autant que certains ne vieillissent pas quelque peu, voire davantage, comme l'attestent les grands 89, 90, 91 et 95 goûtés chez Emile Cheysson. Les meilleurs terroirs et millésimes permettent cela. Nous trouvons dans les bons vins de Chiroubles une parenté de style avec les Fleurie les plus fins, les plus délicats et précoces, et ce n'est pas pour nous déplaire car nous aimons ça, vraiment. Las ! un bon Chiroubles est difficile à trouver. En raison du caractère particulier des terroirs du village, il est difficile d'en « faire » un très bon chaque année, notamment sur des millésimes comme 2007 ou 2008. Dans tous les cas, comme toujours, il est recommandé de goûter avant d'acheter, et de privilégier les belles années peut-être davantage que sur d'autres crus.
 
 
Voilà. Après nous être un peu longuement étendus, voici quelques photos prises cet été grâce à notre camarade beaujolais, Ghislain Tournier, professeur au lycée viticole de Bel Air, qui a eu la bonne idée de nous servir de guide (et de pilote !) sur les routes sinueuses de ce merveilleux vignoble qu'il arpente souvent à vélo. Nos commentaires sur les photos seront forts peu expansifs mais nous fouillerons davantage par la suite.
 
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Jeu d'ombres et de lumières sur les hauteurs chiroublonnes, le soleil joue à cache-cache avec les nuages et dessine des silhouettes sur les parcelles de vignes.

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Quintessence de paysage "local", comme on l'aime on ne peut plus.

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Enfilade de monts avec le relais-antenne au loin, sur les sommets.

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L'on aperçoit au premier plan une vigne qui a souffert de la grêle et des maladies, et qui a tendance à brunir... 2008 année très difficile.

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Au loin la Côte de Brouilly - ou Mont Brouilly -, face Nord... et plus proche, sur la gauche de l'image un amphithéâtre granitique à la beaujolaise, typique.

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Au fond de l'image le mont que l'on aperçoit est la Côte du Py, avec le chêne sur la gauche, qui d'ici parait minuscule.
 
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Enchevètrement de mamelons piqués de vignes de gamay, le Beaujolais des Crus n'est qu'une enfilade de bosses.
 
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Ciel typique de l'été 2008 : il fait beau mais l'orage n'était jamais loin, et rode en empêcheur de tourner en rond, ou plutôt de murir tranquillement... heureusement qu'il a fait plus sec à partir de la mi-septembre.
 
  
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Notes : 
- Source photo, et pour en savoir plus sur le village et son histoire : http://pagesperso-orange.fr/chiroubles.plaforet-jambon/index1.htm
- Mis à jour le 13 septembre 2011 : corrections diverses
 
 

Le 17/08/2017 à 21h27
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