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Accueil Humeurs ! Salon Vinitaly 2013
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Vinitaly 2013, retour à Vérone !
 
 
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Après avoir fait l’impasse sur l’édition 2012, me revoilà en compagnie de Nicolas à Vérone pour l’édition 2013 du salon Vinitaly. Quelques changements depuis ma venue en 2011 : le salon est maintenant ouvert du dimanche au mercredi, soit quatre jours, au lieu des cinq (du mercredi au dimanche) précédemment. Il reste toutefois ouvert au grand public (sur les quatre jours) et, malgré un ticket d’entrée qui pourrait être dissuasif (50€ environ), on y croise encore un certain nombre d’énergumènes dont l’intérêt premier est avant tout de s’enivrer à volonté. De ce fait, les fins de journées sont toujours un peu rocambolesques et si nous n’avons jamais eu le moindre souci, il faut reconnaitre que cela ternit un peu la qualité d’un salon à l’organisation par ailleurs exemplaire. Cette année, je peux simplement ajouter que le temps frais de la saison a permis d’avoir des conditions de service idéales et des vins à des températures quasi optimales. Bref, encore un très beau millésime pour un salon qui a accueilli 148 000 visiteurs (+6% par rapport à 2012) pour 4200 exposants !
 
N’ayant évidemment pas le temps matériel de faire les 4200 stands en deux jours (sic !), le bilan de cette année est de 24 domaines pour environ 160 vins dégustés. Voici le rapport de cette édition 2013. Les commentaires de chaque domaine sont classés en trois rubriques. Tout d’abord les domaines auxquels nous avons consacré un article sur vin-terre-net, et qui font également l’objet de mises à jour avec des notes plus complètes ; ensuite, les valeurs sûres ou domaines que nous suivons régulièrement sur Vinitaly ou ailleurs (et qui feront probablement l’objet d’articles dans le futur) ; enfin, quelques nouveautés ou découvertes du salon.
 
 
Impressions de millésimes (par Nicolas Herbin) :
 
2011 : il est encore tôt pour parler de 2011, car les plus grands vins ne sont pas encore en bouteilles. Toutefois, en Piémont, l'année - de type précoce - semble avoir favorisé plutôt la barbera que le dolcetto. En matière de nebbiolo, les vins partent pour être bons sans être grandioses, avec un équilibre moins parfait et moins de densité que les 2010. En Toscane, les premiers vins goûtés laissent a contrario penser que l'on est peut-être en présence d'un grand millésime, à l'équilibre et aux tanins parfaits pour les meilleurs sangiovese de Chianti et Brunello. Nous tâcherons de conforter ces impressions dans les mois qui viennent. En Sicile, et notamment sur l'Etna, il semble que le millésime soit plutôt chaud et qu'il ait donné naissance à des vins opulents, s'équilibrant mieux sur les terroirs frais et avec de vieilles vignes. Pour les autres régions, nous devons goûter davantage de vins afin d'affiner et construire notre jugement.
 
2010 : voilà la très grande année que l'on attendait depuis longtemps, et qui fait à peu près l'unanimité de bas en haut de la Botte. En Piémont, le millésime semble avoir, contrairement à 2011, favorisé les dolcetto plutôt que les barbera. Mais surtout et avant toute chose, les nebbiolo sont grandioses en tout, y compris en potentiel de garde et style. De grands et anciens vignerons de la région avouent même ne pas avoir vu cela depuis au moins trente ans ! Après 2008, c'est « le » grand millésime qu'il faudra absolument encaver, comme les 1990 en leur temps. En Toscane, 2010 est très bon également, même si peut-être un peu moins impressionnant que plus au nord. Les vins sont fermes, mûrs et frais, et demanderont un peu de patience pour se faire. En Campanie, les rouges d'aglianico sont plutôt raffinés, peu chauds et possèdent un charme qui les rend bons de suite, sans occulter leur potentiel de vieillissement pour autant. En Sicile, en bouteille, certains Etna rosso se goûtent aujourd’hui très fermes alors que d’autres débordent de générosité et de fruit. Bref, il est difficile de généraliser !
 
2009 : année chaude, 2009 est néanmoins tout sauf un mauvais millésime, et c’est bien cela qui nous surprend tant les années solaires récentes ne nous ont pas toujours convaincus. En Piémont et en Toscane, les vins sont mûrs et sexy mais les meilleurs ne souffrent d’aucun déséquilibre pour autant, ils sont juste accessibles et relativement souples pour des rouges italiens, donnant à penser qu’ils s’apprécieront dès leur mise en vente, même pour les élevages les plus longs et les niveaux de cuvées (et de prix !) les plus élevés. Il ne faudra d’ailleurs peut-être pas forcément miser sur une garde longue, mais se faire plaisir de suite ou presque ! En Campanie, on se situe dans cette trame de vins avec peut-être moins de soleil dans la bouteille et des vins de demi-corps. Mais c’est surtout en Sicile et sur l’Etna que ce millésime nous impressionne, car malgré les pluies tombées durant tout le mois des vendanges, les meilleurs vins sont somptueux d’équilibre et de finesse, et méritent vraiment leur réputation de « bourgognes » italiens !

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Les domaines vin-terre-net.com :
 
Petit détour chez Elio Grasso dont nous n’avions plus goûté les vins pour le site depuis un petit moment maintenant. La gamme est toujours fidèle à cet esprit alliant modernité et respect de la tradition qui font les grands vins des Langhe. En fonction des goûts de chacun, on préférera peut-être les vins élevés en grands foudres, plutôt que les cuvées élevées en fûts, telle la Barbera Martina 2010 et le Barolo Rüncot Riserva 2007, dont les empreintes boisées, si elles sont plutôt maîtrisées, restent perceptibles dans les vins, en tout cas dans la jeunesse. Du côté des vins élevés en foudres, le Barolo Gavarini « Vigna Chiniera » 2009 se marque de la richesse du millésime, tant au nez qu’en bouche, mais le potentiel est là. Quant au Barolo Ginestra « Vigna Casa Maté » 2009, il est dans ce millésime, d’une grande précision, avec un jus imposant, généreux et une très belle classe. Un domaine qui confirme son application et son sérieux !
 
Accueil toujours charmant et agréable aux Potazzine. Le « simple » IGT Toscana 2011 (sangiovese pur élevé en cuve) donne le ton, fruité et juteux à souhait. Le Rosso di Montalcino du même millésime est tout simplement excellent, avec un équilibre de métronome et un fruité intense ; superbe. Le Brunello 2008 m’est apparu un ton en dessous, avec une belle suavité, mais une matière moins dense et quelque peu contenue. Enfin, le Brunello Riserva 2006 est au sommet ; déjà très accessible, il ne dévoile sûrement pas encore tout son potentiel, grand vin en devenir. Très belle gamme, comme d’habitude dirions nous, avec seulement un Brunello 2008 un peu sur la réserve, mais le « jeu » des millésimes ne doit pas être étranger à cet état de fait.
 
Encore une fois, la gamme des vins chez G.B. Burlotto est d’une justesse et d’un niveau exceptionnel. Voilà un domaine que nous rencontrons toujours en dernier sur le salon, un peu comme la cerise sur le gâteau. Généralement, après celui-ci, il est temps de ranger les carnets et stylos et d’en rester là, car on se dit toujours que plus rien ne pourra passer après. Et s’il est bien rare d’atteindre un niveau d’excellence sur l’ensemble des vins d’une gamme, on peut dire que chez Burlotto, cette année, nous avons été bluffés dès les « entrées » de gamme, à l’exemple du Pelaverga 2011 qui s’étire tout en fraîcheur avec une trame ciselée ; le Dolcetto 2011 est l’archétype du cépage dans sa plus noble expression ; il en va de même pour la Barbera 2011, s’exprimant sur un fruit franc et intense ; fruité légèrement plus contenu et toasté (élevage en pièces de 500 litres) pour la Barbera « Avés » 2011 qui aura besoin d’un peu plus de temps. On poursuit avec la gamme des nebbiolo qui ne souffrent d’aucune comparaison : le Langhe Nebbiolo 2011 est flatteur, civilisé, avec des tanins charnus. Le Barolo 2009 joue à la fois le registre du charme et de la puissance du millésime. Le Barolo Acclivi 2009 est plus en retenue, réservé, mais avec une très belle définition de tanins, fidèle à ses habitudes en jeunesse. Comme à chaque fois, le Barolo Monvigliero est un poème à lui seul, avec un 2009 tellement envoutant qu’il en devient difficile de le décrire objectivement, et pourtant le 2008 avait mis la barre haute. Le Cannubi 2009 est, en quelque sorte, un retour sur terre, mais sur laquelle nous rêverions de boire toujours aussi grand ; profond, intense, structuré, presque fougueux, il n’en demeure pas pour le moins frais et fin dans la trame, pour paraître parfaitement complet et charmeur. Du grand art, sur tous les vins, sur toute la gamme, une référence, un modèle…
 
A l’Azienda Agricola Sottimano, la qualité des vins est toujours au rendez-vous et même si ceux-ci ne correspondent pas toujours au style que j’apprécie et recherche le plus sur l’appellation Barbaresco, je ne peux nier qu’ils ont gagné en précision et en intégration de l’élevage sur les derniers millésimes. Revue d’effectifs : le Brachetto « Maté » 2012 est comme toujours, très puissant aromatiquement, mais avec une acidité assez vive sur ce millésime. Le Dolcetto d’Alba « Bric Del Salto » 2012 est glissant, facile, presque simple dans sa forme mais d’une grande accessibilité. La Barbera d’Alba « Pairelero » 2011 présente une belle élégance au nez et une bouche équilibrée, à la fois profonde et suave ; une belle réussite sur ce cépage. Beaucoup de fermeté encore dans le Langhe Nebbiolo « Basarin » 2011, un vin pas totalement détendu à ce stade mais qui reste néanmoins très sérieux. On poursuit avec la série des Barbaresco, avec en introduction un « Fausoni » 2010 assez stricte, aux tanins abondants et au boisé présent.  Bien plus aimable et précis en bouche, malgré un nez assez confus, le « Cottà » 2010 possède un jus soyeux et des tanins denses et fins. Grande réussite pour le « Pajoré » 2010, frais, complet, long, équilibré, intense… l’archétype des grands nebbiolo comme on les aime ! On termine avec le « grand cru » de la maison, produit depuis 2004, mais seulement lorsque le millésime le permet, la Riserva 2008 : potentiel indéniable dans ce vin, mais il parait encore bien jeune et peine à se dévoiler avec une trame tannique sévère ce jour (bu plus aimable depuis). Dans son style, Sottimano reste incontestablement une valeur sûre pour l’approche des grands Barbaresco de terroir de la région.

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L’Azienda Agricola Antoniolo fut le tout premier domaine visité du salon pour moi. Avec un palais « à jeun » donc, il faut dire que j’ai été sensible à des acidités quelques peu marquées tendant parfois à la vivacité (et peut-être aussi renforcées par une température de service un peu fraîche). Les vins sont toutefois encore tout jeunes, avec pas mal de retenue dans leurs expressions. Le Gattinara Classico 2008 est d’une grande élégance aromatique, mais avec une acidité élevée qui serre la finale ; a contrario, le Castelle 2008 laisse son élevage légèrement le déborder au nez et en fin de bouche, il doit se mettre en place. San Francesco 2008 est sans doute le plus avenant de la gamme ce jour, malgré une trame un peu « noire », la bouche est remarquable de densité et finesse. Plus opulent, mais avec énormément de réserve, le fleuron du domaine, l’Osso San Grato 2008, s’étire en bouche avec densité et fermeté. Superbe potentiel, il ira loin.
 
Gamme toujours très classique, traditionnelle, sans esbroufe mais avec un travail appliqué chez San Giusto A Rentennano. Le Chianti Classico 2011 présente un joli nez, et un jus frais et généreux en bouche. Le Baroncole 2010 présente un boisé encore perceptible, mais derrière son apparente réserve il possède à coup sûr un beau potentiel d’évolution. Et c’est le même élevage, mais d’une intégration remarquable, qui confère au Percarlo 2009 à la fois finesse et densité, richesse et équilibre juste. Enfin, le « vilain petit canard » de la gamme dénote toujours à mon goût, même si le pur merlot Ricolma 2010 reste plutôt précis et droit derrière un élevage un brin imposant.
 
C’est ainsi, l’Azienda Agricola Massolino, Vigna Rionda, est sans conteste à ce jour mon domaine préféré du Piémont (avec G.B. Burlotto), et ce n’est pas la dégustation du dernier millésime sur le salon qui me fera changer d’avis. Pour ne parler que des Barolo (lire l’intégralité des mises à jour sur l’article du domaine) sur un millésime un peu « casse-gueule » comme le solaire 2009, on atteint encore une fois un niveau de précision et de finesse remarquable ; à l’image du « simple » Barolo 2009, plein et dense, mais jamais débordant malgré sa haute maturité. Le Margheria 2009 est une grande bouteille, sapide, profondément dense et fine, à la longueur exponentielle ; la classe. Un tout petit plus confit, mais toujours précis et juteux, le Parafada 2009 ne manque pas d’intensité. Le Parussi 2009 restera le vin sans doute le moins élégant de la gamme, avec des tanins imposants, granuleux et assez sévères ; un vin « chaud », qui demandera un peu de temps. On termine par le Vigna Rionda « Riserva » 2007, grand parmi les grands, profond et structuré, mais parfaitement civilisé, un grand cru en train de naitre. Que de plaisir et de grands vins avec cette maison, à tel point que je suis revenu goûter tous les Barolo le second jour, avec d’ailleurs aucune différence notable entre les bouteilles.
 
Longue dégustation à l’Azienda Agricola G.D. Vajra, où nous avons pu gouter quelques échantillons des derniers millésimes des différents crus en cours d’élevage. Je m’en tiendrai ici principalement aux vins en bouteilles et aux meilleurs représentants du domaine. La gamme est toujours très pertinente, précise, complète avec des vins plus souvent sérieux que faciles et gourmands, à l’image d’un Dolcetto Coste & Fossati 2011 très posé, dense, structuré et qu’il faudra attendre. Très jolie Barbera d’Alba 2010, suave, ronde et langoureuse. Dans sa version Superiore 2009, la Barbera se marque d’alcool, mais le jus intense lui confère un certain charme. La gourmandise, on va la trouver sur le Langhe nebbiolo 2011, salivant, fin, traçant, il est incrachable ! Enfin, sur les crus du domaine, le Barolo « Albe » 2009 est riche et structuré, à l’image du millésime, mais la trame reste finalement assez fraîche. Le Barolo « Brico delle Viole » 2009 est un échantillon tiré de cuve ; il présente un nez riche et une trame d’une grande suavité, prometteur. Enfin le Langhe Freisa « Kyé » 2009 est puissant, ample, massif, mais avec des tanins suaves qui permettront à l’ensemble de se fondre tranquillement.

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Les valeurs sûres :
 
Comme chaque année, la visite chez Luciano Sandrone ne se fait pas sur le salon, mais dans un hôtel situé juste à côté. La préparation des bouteilles et de la dégustation (un verre par vin et tous envinés !) qui se déroule dans une salle de réunion réservée, offrent des conditions de dégustation exceptionnelles ; on loue encore une fois le très grand professionnalisme de ces vignerons Italiens, même parmi les plus réputés. De plus, le domaine présente dans ses deux crus majeurs (Cannubi et Le Vigne) le dernier millésime à la vente (ici 2009), ainsi qu’un millésime plus âgé (2005), permettant de prendre la mesure des vins à l’évolution. Ensuite, on adhère au style des vins ou pas et je dois dire que ce n’est pas forcément ce que je recherche sur la région, mais il faut reconnaitre que les vins possèdent beaucoup de caractère et de personnalité. Le Barolo « Le Vigne » 2009 est richement doté, sur les agrumes, la réglisse ; les tanins sont amples, serrés, encore réservés sur la finale, mais le vin est complet. Le Barolo « Cannubi Boschis » 2009 parait plus mûr, avec des notes de tomates séchées et une pointe vanillée ; Il finit de fait plus asséchant à ce stade, potentiellement moins aimable et doit donc s’harmoniser. A l’inverse, dans le petit duel de 2005, ma préférence se porte sur le Cannubi Boschis 2005, avec un nez très profond et complexe ; grande précision de bouche, toute en élégance, en équilibre et en suavité. Le Vigne 2005 m’est apparu un peu plus fatigué, une pointe figuée, avec un certain manque d’intensité et une finale un peu dure. A noter également un excellent Nebbiolo d’Alba « Valmaggiore » 2011, au nez de fraise poivrée, de réglisse, d’agrumes ; la bouche est toute en délicatesse, suave, soyeuse et avec un joli relief tout en finesse ; top !
 
S’il ne devait rester qu’une seule valeur sûre du salon, je décernerais volontiers la palme au Tenuta Delle Terre Nere et à Marco de Grazia, personnage ô combien attachant et haut en couleur. Dans la gamme des Etna Rosso rouge du millésime 2011, on atteint un nouveau pallier d’intensité et de puissance, avec des vins qui s’affirment avec force, sans perdre le caractère si particulier des vins de l’Etna. Les vins goutés sont tous en fin d’élevage et ils auront besoin d’un peu de temps après mise, tel le « simple » Etna Rosso 2011 qui s’affirme déjà avec une étonnante densité et robustesse. Le Santo Spirito 2011 donne une légère impression de sucrosité au nez, mais avec une certaine élégance ; la bouche est ample, massive, avec des tanins abondants qui finissent un poil secs ; il doit se fondre. Le Guardiola 2011 se marque de notes finement grillées, balsamiques, de sésame ; grosse structure de bouche, les tanins sont puissants, avec un grain serré, presque stricte, mais la matière reste fraîche et sapide. Le Feudo di Mezzo 2011 est un peu solaire, comme le veut son terroir de clos, un brin toasté vanillé dans la saveur ; la bouche est riche, un peu chaude. Caldera Sottana 2011 semble plus sur la réserve, fermé, réglissé ; la bouche est d’une grande précision, le vin semble apaisé, les tanins sont marqués, denses, mais d’une grande race. Enfin, le Prephylloxera 2011 est probablement la plus grande bouteille goutée sur le salon, le nez est splendide, éclatant, floral, tirant sur le jus de cerise, l’encens, le tabac blond ; en bouche, le jus est énorme, avec un tanin de grande qualité, sapide, profond, ferme, solide et à l’équilibre quasi parfait. Longueur exponentielle, mythique !

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C’est toujours un vrai bonheur que de faire un petit détour par le stand de Tenute Sella et de passer un moment avec le très sympathique Cristiano Garella. Pour moi, Sella en Haut-Piémont est un peu le pendant de Massolino dans les Langhe : des vins remarquables de finesse, d’équilibre, d’intensité, avec des tanins toujours très fins, déliés, presque dépouillés, mais au grain suave et racé et au toucher juste. Et dans les entrées de gamme, le Coste della Sesia « Casteltorto » 2010 en est le parfait exemple, avec un vin à « petit prix », éclatant de fruit, juteux à souhait, gourmand et délicatement friand. En Bramaterra, le Classico 2009 est un échantillon tiré de foudre, riche, profond et prometteur ; la claque viendra du Bramaterra « I Porfidi » 2007, déjà dégusté lors d’une dégustation de vins du Haut-Piémont avec le club IVV et qui ici aussi va s’imposer par son équilibre magistral, ses notes envoutantes de truffe fraîche, fruits exotiques, cacao et son intense sapidité, avec une longue finale salivante à souhait, un must ! On poursuit avec la large gamme des Lessona, dont le Classico 2008 est, à l’image du millésime, intensément aromatique avec ses arômes poivrées, réglissés et frais, avec des notes de noyau de cerise ; bouche droite, ciselée, longue, épurée. Lessona « San Sebastiano Allo Zoppo » 2006 paraît ce jour comme le plus rustique des vins de la gamme, avec une trame tannique un peu rugueuse et un nez riche et diffus, sur le balsamique et la tomate séchée. Plus aimable, le Lessona « San Sebastiano Allo Zoppo » 2007 se marque de quelques notes toastées, mais avec des tanins élégants, construits et une matière juteuse et pleine. On termine avec trois millésimes d’Omaggio a Quintino Sella dont le 2008, présenté en élevage n’avait pas encore fait sa malo ! Omaggio 2007 est un choc gustatif avec un nez ultra complexe, variant sur la truffe, le cassis frais, la menthe poivrée, le musc… Bouche d’une grande précision, intégration parfaite des tanins, tenue en bouche remarquable, allonge juteuse, salivante, incrachable ! Grand !!! Mais l’Omaggio 2006 n’est pas en reste même s’il parait moins « sexy », plus sérieux et plus masculin dans la trame et la saveur que le 2007 ; bouche texturée, dense, pleine, profonde, légèrement compotée mais sans excès, il ira loin… Bref, il est plus que temps de s’intéresser de plus près à cette superbe propriété !
 
Chez Giacomo Mori, on goûte des Chianti très élégants, plaisants, fins et à l’excellent rapport qualité/prix, à l’image du « simple » Chianti 2011, quasiment pinotant avec des notes épicées et une bouche, fraîche et juteuse, toute en gourmandise. Le Chianti « Castelrotto » 2009 est un peu plus austère, sur les fruits noirs, la prune et parait moins prêt aujourd’hui. Ce qui n’est pas le cas du 2010 complètement ouvert, tout en élégance, en fraîcheur, en fruité, avec une superbe saveur et un vrai jus plein d’intensité… un coup de cœur !

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Les découvertes :
 
Une belle découverte avec la gamme des vins du domaine Grifalco della Lucania, en Basilicate, avec des vins à base d’aglianico, un grand cépage d’Italie mésestimé. L’Aglianico del Vulture « Gricos » 2010 est un brut de cuve à petit prix, avec des notes fumées, de viande séchée, de réglisse à la bouche droite, nette, soyeuse et gourmande. L’Aglianico del Vulture « Grifalco » 2010 se marque d’un peu de goudron et fumé avec une petite note végétale. La bouche est relativement ronde, mais manque un peu de précision dans la saveur, avec un coté solaire un brin débordant. L’Aglianico del Vulture « Damaschito » 2008, élevé en foudre, est intensément fruité, profond, poivré, frais ; la bouche est encore tannique, mais cette trame dense et serrée est aussi très raffinée et parfaitement intégrée, avec une très belle fraîcheur. Enfin, l’Aglianico del Vulture « Bosco del Falco » 2007 parait un peu évolué avec des notes de tomates séchées et tapenade. La bouche est ferme, relativement stricte et un peu dure sur les tanins. A suivre dans tous les cas, car la gamme est assez cohérente et plutôt ambitieuse, sans tomber dans les travers inhérents des vins de la région (élevages grossiers, tanins rustiques).
 
Enfin, la grande découverte est sans conteste la Tenuta Bellafonte, en Ombrie. Ancien cadre de haut niveau à l’international, Peter Heilbron s’est reconverti dans le vin avec pour modèle - et ami ! - Gianfranco Soldera (Case Basse). Un seul vin rouge produit issu d’une viticulture biologique, une vendange égrappée mais non foulée, des macérations longues en levures indigènes, puis des élevages en grands foudres et des mises sans filtration… bref une vision déjà très poussée et réfléchie du métier et de la viticulture, alors que le premier millésime produit n’est que de 2008. Le Montefalco Sagrantino 2008 justement, présente déjà beaucoup de caractère, une trame juste, puissante mais contenue, finement mentholée et cacaotée ; la texture est suave, équilibrée et la finale longue ; prometteur. On monte d’un gros cran avec le Montefalco Sagrantino 2009 au nez profond, poivré mentholé, épicé ; superbe matière en bouche avec un équilibre de métronome, un jus frais et sapide, une saveur nette et précise et une longueur remarquable, avec peut-être une plus grande maîtrise de l’intégration des tanins que sur le 2008 ; remarquable. Enfin, on touche au sublime avec un Montefalco Sagrantino 2010 encore en élevage, mais d’une complexité folle, avec ses notes salines d’anchois, ses nuances épicées, d’eucalyptus, qui ne sont pas sans rappeler le domaine de la Grange des Pères en Languedoc. Grand raffinement de tanins, à la fois sauvages et précis, amples et contenus ; jus salivant, intensément caressant qui se déploie sur toute la longueur du vin et le porte avec densité et sapidité dans une longue finale sur le zan et la réglisse ; grand ! Dans le top cinq des meilleurs vins du salon.

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Peter Heilbron, Tenuta Bellafonte
 
Pour finir, voici un petit top cinq des vins du salon qui m’ont le plus impressionné et qu’il ne faut absolument pas rater !
     1. Etna Rosso « Prephylloxera » 2011, Tenuta delle Terre Nere
     2. Bramaterra « I Porfidi » 2007, Tenute Sella
     3. Barolo « Monvigliero » 2009, G.B. Comm. Burlotto
     4. Barolo « Magheria » 2009, Azienda Agricola Massolino
     5. Montefalco Sagrantino 2010, Tenuta Bellafonte
 
 
Nicolas Bon, avec la participation de Nicolas Herbin (impressions de millésimes)
 
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Le 20/11/2017 à 03h44
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