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Accueil Humeurs ! Blancs du millésime 2008
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Blancs 2008 : plaidoyer pour un millésime (déjà) enterré...
  
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Thomas Pico, Chablis - Pétri de doutes, mais pourtant des 2008 superbes ! [© photo Armand Borlant]

L'idée de ce petit billet m'est venue en commençant à goûter ici et là les vins du millésime 2009, année hétérogène et plus difficile à gérer qu'on ne le pense, mais qui excite déjà considérablement le plus grand nombre. J'ai pensé qu'avant que la masse ne se rue sur ce dernier, il serait vraiment dommage de bouder certains vins du millésime précédent, aujourd'hui encore à la vente, mais parfait vilain petit canard.
  
Question : faut-il juger la qualité d'un millésime sur son homogénéité, ou sur ce qu'il était possible de faire de meilleur dans le contexte ? Je n'ai pas la réponse, si tant est qu'il n'y en ait qu'une seule. Mais dans l'idée d'acheter pour boire (!) des vins qui me plaisent, disons que je préfère me concentrer sur la première proposition, tout en considérant l'équilibre du millésime comme critère de choix et goût prépondérant.
  
Ainsi donc, depuis maintenant quelques mois, on peut déguster les vins issus du millésime 2008. Année compliquée pour nombre de vignobles français, et même européens, à ce que l'on a pu entendre ici et là. Au programme, on a pu voir des gelées de printemps, de la grêle, un été quasi glacial, des orages à répétition, des pluies diluviennes, sans compter le lot de dégâts et autres maladies cryptogamiques qui allaient avec. Bref ! En 2008, pour mener le raisin à une maturité convenable et dans un état sain, il aura donc fallu travailler, s'armer de patience, trier et croire en sa bonne étoile. Et au delà du travail de vigne, un allié de taille était également très précieux pour faire du bon vin : le Terroir. De fait, lorsqu'il est de qualité, il a grandement aidé quant à l'état sanitaire et la maturation du fruit. Dernier point à signaler également, concernant les élevages : 2008 était le millésime des fermentations malolactiques lentes et longues, en tout cas si on ne les hâtait pas. Les niveaux d'acide malique dans les vins étaient globalement (très) élevés, et l'hiver fut froid et long, ce qui n'a pas hâté la mécanique. On peut donc imaginer les inquiétudes des vignerons durant cette phase de la vie du vin. Au final, cela n'a donc vraiment pas été une partie de plaisir, et la production du millésime demeure hétérogène, c'est incontestable.
  
Le décor planté, les raisins ramassés, vinifiés, élevés et mis en bouteilles, les dégustations des 2008 ont alors pu commencer. Et voilà donc, sur les grands vignobles septentrionaux notamment, que depuis quelques mois je me surprends à goûter des cuvées qui cristallisent tout ce que j'attends d'un vin blanc : en premier lieu l'alliance de maturité et fraîcheur, puis la densité qui ne nie pas la finesse, le dynamisme gustatif et la richesse rétro-olfactive. En résumé, des vins mûrs mais très frais, concentrés (important pour enrober des acidités élevées), percutants, et qui devraient - je l'espère - bien vieillir. Seul un millésime sans excès de chaleur et à long cycle de maturation pouvait permettre cela. Et j'ai bien l'impression qu'ici et là, d'excellents vignerons lui aient rendu grâce, et que l'on dispose alors potentiellement - le mot est important - d'une très jolie année de blancs. Voici donc un petit florilège de coups de cœurs glanés à ce jour...
  
ALSACE. De grands vins de garde ? Seul le temps nous le dira, mais en tout cas j'ai déjà eu la chance de goûter de superbes cuvées chez Jean-Pierre Rietsch (Riesling Stein, Riesling Zotzenberg, Klevener), Etienne Sipp (Riesling et Pinot Gris Kirchberg de Ribeauvillé), Lucas Rieffel (Pinot Gris Hagel, Pinot Gris La Colline aux Escargots), Antoine Kreydenweiss (Riesling Kastelberg) et Florian Beck-Hartweg (Auxerrois VV). Tous ces 2008 n'ont bien évidemment pas la rondeur (sucrée) des 2007, ni leur caractère immédiatement expansif et sexy, mais ils renferment en eux une densité et un éclat cristallin sec particulier qui peut plaire à l'amateur de blanc alsacien sans esbroufe, franc et fait pour la table, plus que pour l'apéritif et/ou le dessert !
  
LOIRE. Des chenins idéaux. J'en ai eu de merveilleux exemples chez Vincent Carême (Vouvray sec, tendre, moelleux, et même la méthode ancestrale !), Richard Leroy (les deux Anjou sont splendides, Montbenault fera date), Aymeric Hilaire - Mélaric (Saumur Billes de Roche et Clos de la Chesnaie extras), Agnès et René Mosse (tout la gamme est superbe, Initial BB en point d'orgue), Sébastien Brunet (Vouvray moelleux excellent et peu onéreux), Franz Saumon (Vouvray négoce et Montlouis minéral+ gourmands), j'en oublie. Ce qui est intéressant sur tous ces vins, c'est cette sensation de souffle et de légèreté aérienne qui les unit, comme s'ils pouvaient être bus à grandes lampées sur leur finesse, gourmandise et légèreté alcoolique, tout en ayant du fond et du goût : génial !
Et quelques sauvignons ravissants, sans être non plus des monstres de concentration ni maturité alcoolique : Vincent Ricard (Ptiot et 3 Chênes vraiment bien réussis), François Crochet (très belle cuvée générique, mais surtout Chêne Marchand et séduisantes Amoureuses), Masson-Blondelet (Angelots et Villa Paulus simples mais bons). Tous de jolis vins de demi-garde, éclatants dans le fruit avec un caractère aromatique exotique (ananas frais, papaye), mais sans surmaturité ni surpoids, ce qui les rend gastronomiquement très intéressants car positivement « légers ».
  
CHABLIS. 2008 succède-t-il au grand 2002 ? C'est en tout cas l'avis de vignerons de la trempe de Vincent Dauvissat, des années de métier et de grands vins derrière lui, plus rien à prouver, et qui a sorti des 2008 quasi parfaits. C'est aussi l'avis du jeune Thomas Pico qui n'a pas fait un seul vin moyen sur le millésime, son Montmains devant être recherché par tous les amateurs de chablis dignes de ce nom. Chez De Moor, rien de « crachable » dans la gamme sur le millésime, et un Rosette émouvant de raffinement (pétale de rose) et vie. Enfin le St Bris vieilles vignes de Clotilde Davenne - Les Temps perdus est une petite merveille de sauvignon sur kimmeridgien, profond, mûr, et sans trace de variétal entêtant. Tous ces vins font converger les qualités que l'on est en droit d'attendre de blancs de l'Yonne vers un même point de tension, pureté, originalité, profondeur, apparente capacité à vieillir et surtout une propension à accompagner des mets fins.
  
COTE CHALONNAISE. François Lumpp a eu le plaisir de vinifier trois superbes cuvées que l'on a bien envie d'encaver : Givry Clos des Vignes Rondes, mais surtout un Petit Marole, et un excellent Crausot, qui a de quoi faire trembler des chardonnay mâconnais. De même, son collègue Alain Hasard, les Champs de l'Abbaye présente un joli Rully les Cloux, pointu mais bien tenu.
  
COTE D'OR & MACONNAIS. En Côte d'Or je n'ai à ce jour pas goûté assez de vins en bouteille pour me forger une opinion solidement étayée, mais je sais que l'année n'a pas été facile ; et il y avait beaucoup de tri à faire sur pied, en raison notamment de la pourriture omniprésente, année tardive et humide oblige. Les conditions climatiques étaient également très compliquées en Mâconnais, où - même chez les habituels « bons » - les raisins ont peiné à mûrir et surtout perdre leur surplus d'eau. Et je ne parle pas de la grêle qui a touché une bonne partie du vignoble pouillotte. Ceci dit, on goûte de jolies choses chez Daniel Barraud par exemple, mais surtout sur les grands terroirs (Buland, La Roche, Verchère, Crays), une fois n'est pas coutume sur ce millésime.
 
JURA. A ce jour quelques blancs 2008 dégustés, notamment les chardonnay ouillés de Jean-François Ganevat (de Florine au Grands Teppes) qui sont grandioses. Ces vins sont au niveau des plus grands crus bourguignons sans souci, et le Chalasses fera date. Mais ses savagnin - ou encore la cuvée Marguerite (melon à queue rouge) - sont également de petites bombes. Chez Stéphane Tissot, dans la très large gamme, accessit à la Mailloche, avec ses notes fumées, sa bouche ample et son allonge sapide. Vient aussi de sortir un très beau Bruyères, moins puissant que la Mailloche, mais suprêmement fin, aérien, salé. Au Domaine de la Tournelle, Evelyne et Pascal Clairet ont réussi un savagnin ouillé splendide de pureté, nous ayant évoqué le Rosette des De Moor (Chablis) de la même année : Fleur de Savagnin est un must à encaver par carton, tant son prix est ridicule comparé à son raffinement et à son style irrésistible. A suivre, pour d'autres vignerons et impressions jurassiennes...
  
CHAMPAGNE. J'avoue n'avoir encore rien pu goûter du vignoble champenois sur ce millésime. Mais des informations sérieuses recueillies auprès de vignerons tout aussi sérieux me laissent à penser qu'il fut là bas également possible de ramasser du très beau raisin. Au delà des promesses alléchantes, il faudra de toute façon aller voir de plus près, et comme toujours goûter. Une belle excuse pour retourner en pays de craie !
 
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[© photo Armand Borlant]
  
Voilà. J'imagine - j'espère - bien que beaucoup d'autres cuvées viendront se joindre et compléter cette petite liste. En tout cas, nombre des vins ici listés rejoindront ma cave, si ce n'est déjà fait. Et pour les 2009, on a encore le temps. A ce propos : sera-ce un aussi beau millésime de blancs que 2008 ? J'ai déjà mon idée. Je voudrais pour finir remercier très simplement deux amis, avec qui je partage cette tendresse pour ces vins et ce millésime particulier. Le premier se nomme Philippe Bon, et c'est avec et grâce à lui que j'ai appris à aimer et découvrir les 2008 alsaciens. Le second se nomme Matthieu Gondard, il est mon prof de Loire et surtout de dégustation attitré, et c'est en sa compagnie que j'ai eu le plaisir de déguster nombre des vins cités ci-dessus (en Loire, Jura et Chablis, notamment).
 
 

P.S. : il y a toujours un côté un peu messianique à vouloir annoncer un beau millésime, surtout quand celui-ci a déjà été mis plus bas que terre. Mon but n'est pas d'hurler A quand tout le monde crie B, ni de me distinguer par esprit de contradiction. De plus en plus, je me demande ce qu'est un « grand » millésime, tant cela relève d'une vision bipolaire (les bonnes et mauvaises années) qui me paraît être une simplification humaine, bien sûr, mais souvent un peu grossière de la réalité. Qu'il me soit juste permis d'oser raconter ma tendresse particulière pour ces vins sans faire l'objet de vaines et bêtes suspicions. Et surtout, que la diversité du goût demeure ! 
 
 
Mise à jour :
- Le 26 janvier 2011 : rubrique Jura
 
 

Le 17/08/2017 à 21h22
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