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Accueil Humeurs ! Hommage à Jacques Granges
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Jacques Granges, pour toujours.
 
Jacky_granges-beudon
Jacky [© Olivier Maire]
 
Vendredi 10 juin, après-midi. Une amie m’appelle pour m’apprendre le décès de Jacky Granges, accidenté me dit-elle sur les pentes de Beudon, avec son chenillard. Au delà de la surprise, le refus d’accepter qu’un être humain si exceptionnel puisse disparaître m’envahit.
 
Il faut dire que mon premier contact avec le domaine, provoqué par Michel Grisard, mon mentor et « parrain de vin », avait été un des temps forts de ma vie de passionné, comme avait pu en témoigner le reportage publié à l’époque d’abord sur degusteurs.com puis sur vin-terre-net.com. Pour la première fois, je rencontrais des gens, un lieu et des vins qui me permettaient de « sortir du temps » pour aller vers un sentiment de vérité, de beauté et pureté des choses non viciées. Et chaque fois que j’y retournais, le charme agissait, comme au premier jour.
 
Ma dernière visite remontait à octobre 2015, sous un radieux soleil d’automne. Toujours cet accueil si humain, empathique, cette fierté de montrer une fois de plus les vignes qui ici illustrent comme nul part ailleurs la justesse de l’expression entêtement de civilisation pour définir leur culture. Et ce plaisir de faire goûter des vins sincères, montrant dans les moindres détails les « défauts » et « qualités » de leurs millésimes. De vrais miroirs de la nature et du climat de Beudon, de leurs cépages et de l’amour que ce couple avait pour sa terre suspendue.
 
Mais c’est bien plus qu’un vigneron qui est parti. Jacky était un visionnaire, passionné d’agriculture avec un grand A. Un homme qui s’acharnait au quotidien - et le plus « naturellement » possible - à organiser la rencontre du végétal avec un sol et un climat, afin d’accoucher les plus beaux et honnêtes fruits possibles, pour donner naissance à des vins idoines, que ses amis vinifiaient pour lui sans fard ni béquille. Des vins nus mais justes. Rare.
 
Et durant nombre d’années, lui et Marion sont passés pour des illuminés, des babas, au mieux des originaux, auprès de nombre d’autochtones. Ils étaient ceux qui s’entêtaient à cultiver la vigne en bio dans un endroit impossible. Des fous. On ne peut plaire à tout le monde, paraît-il. Mais j’avoue bêtement que j’en veux un peu à leurs détracteurs, qui n’ont jamais vraiment cherché à les connaître. Ceci-dit c’est finalement ce manque de curiosité, qu’il faut plaindre.
 
Je t’appréciais et t’admirais beaucoup, Jacky. Le monde moderne a tellement besoin de gens comme toi, dans une époque guidée par la cupidité et le gain à court terme. Puissent les graines de bons sens paysan que tu as plantées chez ceux que tu as rencontrés germer et perpétuer ta vision du vivant. La terre et les hommes ne s’en porteront que mieux. Et le temps permettra de mesurer la valeur ce que tu as entrepris, telle la nature qui ne meurt jamais.
 
Je ne sais au moment d’écrire ces lignes si Marion et tes filles trouveront la force et l’envie de perpétuer l’œuvre accomplie de Beudon. Mais je souhaite longue vie au domaine, en n’oubliant pas la dangerosité et fragilité des choses en cet endroit. Et le respect dû à ceux qui le perpétuent. Si les lecteurs de ce texte ce sentent touchés par cette histoire, je leur conseille de faire deux choses : d’abord de se rendre un jour au domaine, pour comprendre encore mieux la magie et dureté de ce lieu ; mais aussi d’acheter et boire les vins qui en sont issus, car sans clients et amis, un vigneron n’existe pas. Un peu comme un artiste avec son public.
 
Tu nous manques, Jacky. Mais les gens qui t’ont aimé te feront « vivre » pendant longtemps.
 
 

Le 20/08/2017 à 10h00
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