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Repas dégustation autour du millésime 1991
    
 
Repas_degustation_1991 

1988, 1989, 1990, trois grands millésimes consécutifs que l’on surnomma les « trois glorieuses ». Trois années qui ont donné naissance à Bordeaux et en Bourgogne (et aussi dans le Rhône et la Loire) à des vins de toute beauté. Quelques uns d’entres eux d’ailleurs, nés sous ces bons auspices, sont aujourd’hui devenus des légendes, recherchés par les amateurs et passionnés du monde entier. Néanmoins, on oublie trop souvent que la réputation moyenne d’un millésime dans l’hexagone est bien trop souvent dépendante de sa qualité à Bordeaux et/ou en Bourgogne. C’est ainsi, qu’après les trois glorieuses, 1991 fut bien vite oublié à sa sortie. La faute, sans doute, à de terribles gelées printanières qui touchèrent le Bordelais et détruisirent une grande partie de la récolte, puis à de fortes pluies en septembre qui « diluèrent » les maturités. Un peu mieux réussi, mais tout aussi compliqué en Bourgogne, le millésime fut très hétérogène tant sur le plan climatique que sur la qualité finale. En conclusion, une année moyenne à Bordeaux et assez bien en Bourgogne (en tout cas sur les rouges), il n’en fallait pas plus pour sceller la réputation du millésime 1991 en France.
 
Et pourtant, il y a bien quelques régions qui ont su parfaitement tirer leur épingle du jeu de ce millésime « piège ». C’est le cas de la Vallée du Rhône nord, et en particulier des vignobles de la Côte-Rôtie, de l’Hermitage et de Cornas qui ont produit des crus d’une qualité remarquable. Oublié par la critique à cause de la piètre image qu’il traîne derrière lui, le Beaujolais a, quant à lui, produit un millésime majeur, historique, sans aucun doute l’un des plus grands des cinquante dernières années. Considérablement réduit à cause d’un gel tardif sur une grande partie du vignoble, les raisins connurent une maturation parfaite jusqu’aux vendanges. La récolte donnera naissance à des vins d’anthologie, parés pour affronter les décennies… pour peu que le vigneron voulût en tirer toute la quintessence. C’est le cas d’un certain nombre d’entre eux, dont ceux dont nous suivons la production depuis quelques années et avec qui nous avons la chance et le plaisir de déguster ponctuellement des 1991 dans leurs caves. Et c’est ainsi qu’est née l’idée d’une dégustation thématique dédiée à ce millésime injustement déconsidéré.
 
Il ne nous manquait plus qu’à réunir des vins et trouver une bonne « excuse » pour les déguster. Et pourquoi pas à l’occasion du week-end du Jour de l’an 2012 ? Nous avons donc contacté quelques producteurs et connaissances, et arpenté les sites de vente en ligne pour nous constituer cette petite série. Ainsi, nous avons réussi à réunir 21 bouteilles en quatre-vingt dix jours, dont cinq nord-Rhodaniens, quatre Beaujolais et trois Bourgogne. Profitons-en pour vivement remercier ceux qui nous ont permis d’accéder à quelques uns de ces trésors pour rien ou si peu : Cédric Chignard, Daniel Roche (club L’Epicuvin), Jean-Jacques Parinet (Château du Moulin-à-Vent), Jean-Louis Dutraive (Domaine de la Grand’Cour), Eric Janin, Michel Grisard (Prieuré Saint-Christophe), Robert Michel et Bernard Saperas (Domaine Vial Magnères). Il ne restait plus qu’à organiser et préparer le week-end (les 21 bouteilles ont été reparties sur deux jours), dont le repas de « gala » de la Saint-Sylvestre où tout le monde fut mis à contribution.
 
 
Soirée du 31 décembre 2011 :
 
Les blancs, le jaune et les deux vins doux naturels sont servis étiquettes découvertes. Seuls les rouges sont servis en semi-aveugle, sauf pour le préposé au service, évidemment. À l’image du repas, les commentaires qui suivent sont des commentaires collectifs, réunissant en quelque sorte le ressenti de chacun des participants. Nous avons d’ailleurs eu la surprise ce soir là, d’être quasiment tous en phase et en accord sur l’ensemble des vins. Et quand on pratique régulièrement l’exercice de la dégustation en groupe, on sait que c’est une circonstance suffisamment rare pour être soulignée. Allez, en avant les agapes !
   
 
Plateau de fruits de mer (huitres « Gillardeau n°2 », bulots, gambas)
 
Muscadet de Sèvre et Maine sur Lie : Domaine de L’Echasserie «  Honoré » 1991
 
Repas_degustation_1991_muscadet 
 
Un vieux Muscadet pour débuter et accompagner le plateau de fruits de mer. Robe paille clair, d’intensité faible. Nez retenu, fumé, pétrolé, un peu poussiéreux et « gris ». Bouche moyenne, à l’image du nez, la matière est terne, molle et assez évoluée, mais sans trace oxydative. Longueur relative, peu intense. Le vin semble avoir tenu les années, mais il est sûrement un peu tard pour que le plaisir soit au rendez-vous. Manquant d’allant pour répondre aux coquillages, il aurait sans doute fallu un vin plus vif, et donc plus jeune.
 
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Roulés saumon ciboulette, bouchées de féta paprika, cannelons de courgette au crabe, toasts à la poutargue
 
Wehlener Sonnenuhr : Riesling Kabinett Joh Jos Prum 1991
 &
Scharzhofberger : Riesling Spätlese Egon Müller 1991
 
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Le duel entre les deux riesling tourne rapidement à l’avantage du vin d’Egon Müller. Le nez est fin, pur, nuancé, dégagé, avec d’élégants arômes citronnés, finement pétrolés et de menthol. La bouche est vive mais riche, lui conférant un équilibre aérien, une acidité ciselée et une belle finesse de texture. Finale friande et salivante. L’accord avec le roulé au saumon fait son effet. A contrario, le Kabinett de J.J. Prüm parait - étonnamment - plus riche en sucre, plus lourd, et au final moins équilibré et gourmand. Au nez, les arômes sont plus confus et moins bien dessinés. Il s’accorde plutôt bien avec les bouchées de féta, mais emballe moins la table.
 
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Langoustines rôties, petits pois aux œufs de capelan
 
Château-Grillet 1991
 
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Un seul blanc pour accompagner la langoustine, mais pas le moindre : un Château-Grillet. La robe est dorée peu évoluée. D’expression moyenne, on perçoit au nez des arômes de coquille d’huitre et d’amande amère sous une touche d’alcool. Retenu, il ne développe pas la puissance escomptée et s’éloigne assez significativement de la gamme aromatique que nous avions l’habitude de rencontrer sur ce cru. La bouche en revanche est plus puissante, quoi que guère plus aromatique. Elle développe du gras à l’attaque, une matière enrobée mais une acidité plutôt faible. La finale demeure assez chaleureuse et tend à dominer le raffinement de la chair de la langoustine. Intéressant mais pas au niveau attendu.
 
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Samoussa épinards et fromage de chèvre, pissenlits et pimprenelle du jardin
 
Fleurie : Michel Chignard « cuvée spéciale » 1991
 &
Chambolle Musigny les Fuées 1er Cru : Jacques-Frédéric Mugnier 1991
 &
Moulin à Vent : Château du Moulin à Vent 1991
 
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On ne va pas s’éterniser sur les deux premiers rouges de la série. Le Chignard présente une robe matte, couleur chocolat, ne présageant rien de bon. La bouche, en effet, est cuite et décharnée. Une mauvaise bouteille car déjà croisé au domaine, ce 1991 s’était révélé merveilleux. Au premier nez, le Mugnier sent le bouchon. Si, avec l’aération, ces notes s’atténuent, le vin parait bien maigre et pas suffisamment net pour ne pas évoquer un problème de bouteille. Pour remplacer ces deux bouteilles défaillantes, le Moulin-à-Vent, initialement prévu pour le lendemain, est ouvert à la volée. Lui aussi va avoir besoin d’un peu d’air. Le nez s’ouvre sur des notes de jus de viande, de grillé, de tabac et de kirsch. La bouche est ample, assez volumineuse, bien évoluée avec des tanins très fins, enrobés dans la structure. Belle allonge sur le tabac. Il semble aujourd’hui à parfaite maturité. En revanche, l’accord avec le plat n’est pas des plus efficaces. Le samoussa aurait sans doute mérité un blanc.
 
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Cappuccino de cèpes et sa tuile de parmesan
 
Chambertin : Louis Rémy 1991
&
Fleurie : Clos de la Grand’Cour 1991
 
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Tout Chambertin qu’il soit, le Louis Rémy va faire bien pale figure face à un Fleurie « monstrueux ». Le nez du premier est discret, renfermé, ne distillant que quelques notes poivrées et de cerise. La bouche est bien maigre, presque creuse, sans aucun relief ni intensité, si ce n’est une acidité vive et désagréable. A côté, le nez du Grand’Cour est un maelstrom de parfums complexes et subtils, signe incontesté des grands beaujolais à maturité. Bouche à la fois dense et soyeuse, délicate et puissante, douce et racée. Le jus est d’une immense gourmandise avec des notes d’agrumes et d’épices de toute beauté. Superbe allonge et grande profondeur. L’accord avec le velouté de cèpes tient toutes ses promesses. La première grande claque de la soirée, merci et bravo monsieur Dutraive !
 
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Duo de risotto à la truffe (Carnaroli et Carnaroli Acquerello « sept ans »)
  
Moulin à Vent : Domaine Janin « Clos du Tremblay » 1991
 &
Gevrey Chambertin Clos Saint Jacques 1er cru : Domaine Armand Rousseau 1991
 
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Les émotions vont se poursuivre avec cette nouvelle série, en compagnie d’un beau duo de risotto à la truffe. Le Clos du Tremblay présente un nez sauvage, d’une jeunesse insolente, avec des notes terpéniques, mentholées, de clou de girofle, d’after-eight et même de thym ! La bouche est fraîche, soyeuse, intense, profonde, toujours marquée par des notes terpéniques. Et quelle jeunesse dans la trame tannique ! Le vin fait 10 ans de moins et nous l’aurions presque préféré plus évolué. Le Rousseau est l’archétype d’un grand Bourgogne en pleine vie et maturité. Nez sérieux, aérien, complet, avec des arômes de fraise des bois, de pétale de rose, d’épices douces… La bouche est d’une grande douceur, avec un gras enrobant des tanins devenus imperceptibles. Le vin est mûr tout en restant frais et d’une grande pureté aromatique. Grande longueur, presque insondable. Voilà une série qui donne l’impression de toucher du doigt ce qui se fait de plus beau en matière de vin. Les yeux des convives pétilles… magique !
 
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Les douze coups de minuit viennent de retentir, nous laissons l’année 2011 - et son lot d’événements pour les rédacteurs de ce site (deux naissances !) – derrière nous, pour passer en 2012 ! C’est le moment des embrassades, des vœux et, selon les us, du Champagne. Seulement, ce soir, notre Champagne à nous s’appelle Grange des Pères 1992. Une bouteille rare, bichonnée et attendue pour le moment où nous serions tous réunis pour la partager ensemble. Son commentaire est à lire ici.
 
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Filet de bœuf de l'Aubrac en tournedos, gnocchis de potimarron truffés, poêlée de Pied-de-mouton
 
Hermitage : Domaine Jaboulet « La Chapelle » 1991
&
 Cornas : Domaine Clape 1991
 
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Le filet de bœuf de l’Aubrac est un pur délice ! Ce n’est pas de la viande, c’est de la gourmandise. A la fois fondant, gouteux et croquant, il lui fallait des vins avec du répondant. Malheureusement, le Jaboulet se révélera comme la vraie déception (teintée d’incompréhension) de la soirée. Le nez est peu avenant (c’est peu dire), marqué par des notes lactiques de yaourt à la fraise et de caramel. La bouche parait douteusement jeune, pommadée par un élevage fatiguant et écœurant. Le vin ne procure absolument aucun plaisir. L’ensemble ne laisse pourtant apparaître aucun défaut de bouteille, si bien que nous avons sérieusement douté de son authenticité. Surtout que quelques uns d’entres nous ont déjà pu déguster ce cru de bien plus belle manière. Nous jetons notre dévolu sur Le Clape qui va heureusement tenir son rang. Nez sauvage, sanguin, viandé, avec quelques notes d’agrumes à l’aération. Bouche pleine, dense, avec des tanins encore bien présents mais patinés par le temps. Equilibre plutôt frais, avec une acidité perceptible et rafraîchissante. L’ensemble compose parfaitement avec la viande, mais un peu moins sur les gnocchis.
 
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Plateau de Fromages (Testun, Cusié, Morbier, Mont d’or, Tomme…)

Château Chalon : Berthet Bondet 1991
 
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Le Berthet Bondet présente une robe jaune dorée. Le nez fait très « jaune jeune », puissant, mais un peu trop concentré sur la noix. La bouche est d’une intensité moyenne et le manque de chair exacerbe une acidité importante. L'ensemble se rééquilibre un peu sur les fromages à pâte dure, notamment les tommes suisses et jurassiennes. La finale est longue mais toujours monopolisée par la noix.
 
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Soupe de mangue à la vanille de Tahiti, mousse au chocolat et sa fève de cacao, macaron de Nancy
 
Banyuls blanc : Domaine Vial Magnères 1991
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Banyuls : Mas Blanc « Vieilles Vignes » 1991
 
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Entre les deux Banyuls, l’avantage va immédiatement tourner en faveur du Vial Magnères. La robe de ce dernier est sur un beau jaune doré. Le nez est expressif sur des notes de cire d'abeille, de mirabelle, de zestes d’orange et de miel. La bouche est bien équilibrée entre liqueur, léger rancio et fine acidité. C'est sur le macaron de Nancy que le vin répond le mieux, trop imposant pour la mangue, écrasé par la puissante mousse au chocolat. Le Mas Blanc est malheureusement bon pour le vinaigrier, tant la volatile s’impose au nez et en bouche, rendant le vin à peine buvable. Dommage.
 
 
Fin du repas et de la dégustation. La soirée va tranquillement se poursuivre, le ventre plein, le verre à la main, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants de plaisir et de bonheur…
 
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Dimanche 01 janvier 2012 :

Repas_degustation_1991_an 
Ne vous fiez pas aux apparences, nous sommes bien le 1er janvier 2012…

La petite troupe se lève à son rythme, les jeunes parents avant les vieux ronfleurs ou les planqués de la couette. Après un petit déjeuner copieux, digne des « colos » de notre enfance, où nous disserterons encore du repas de la veille, nous voilà partis pour une sympathique randonnée, digestive pour certains, apéritive pour d’autres. De retour à la maison, le petit brunch se fera en terrasse, sous un soleil de plomb, totalement inattendu en cette saison.

Cake au saumon, salade de pois chiche au citron confit
Saucisson et caillettes de l'Ardèche, terrine de pied de veau
 
Roussette de Savoie : Domaine du Prieuré Saint-Christophe 1991
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Vin de Savoie Mondeuse : Domaine du Prieuré Saint-Christophe 1991
&
Cornas : Domaine Voge « Les Vieilles Fontaines » 1991
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Cornas : Domaine Robert Michel « La Geynale » 1991
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Coteaux du Languedoc : Mas Jullien « Les Despierre » 1991
 
Repas_degustation_1991_geynale
 
Les deux vins de notre ami Michel Grisard, ne seront malheureusement pas à la fête. Coté blanc, la roussette présente un nez évolué de sous bois, de cire et de léger champignon qui tournera à la pomme cuite à l’aération. La bouche est diffuse, souple, légère, en demi-corps, avec un manque évident de chair et de tenue. Finale chaude. Au-delà du fait qu’il soit manifestement trop vieux, il n’a pas dû naitre avec des arguments suffisamment solides ; dommage. Côté rouge, la mondeuse se marque d’un nez peu avenant d’iode, de vase, de marais, virant sur le rance. Bouche assez ronde à l’attaque, mais avec des tanins qui restent durs et une matière filiforme. Finale moyenne. A l’aération, la suspicion d’une déviance liée à des brettanomyces se fera plus concrète.
 
Le premier nez du Voge est assez fin, sur les épices et les fruits rouges. A l’air, des notes de tabac, mais surtout d’élevage s’intensifient. La bouche est ample, assez grasse, un peu pommadée par un élevage qui lui confère une certaine douceur. Ca parait plutôt bien fait, mais l’ensemble pourrait être vite fatiguant. Il ne laissera pas un souvenir indélébile.
 
Les deux derniers vins enfin, pour conclure l’histoire en beauté. Le Mas Jullien, tout d’abord, présente une robe excessivement trouble qui ne rassure pas. Le nez est cependant très net, pur, complexe, avec des arômes de framboise, d’épices et de viande grillée. La bouche est dense, croquante, dynamique, séveuse, avec des tanins sapides et droits. Grande profondeur de structure, avec une saveur fruitée et gourmande. Longue finale fraîche et salivante. Un grand du sud, tout simplement. Enfin, le « Bob » présente un nez d’une grande complexité, s’ouvrant sur l’olive noire et le menthol, puis évoquant tour à tour les épices orientales, le poivre doux, le tabac, les feuilles mortes, la cannelle et des notes florales et de fruits rouges épicés. La bouche est superbe d’équilibre et de suavité, avec une matière volumineuse et concentrée, mais parfaitement contenue. La fraîcheur est là, sous-jacente, donnant au vin un toucher aérien et une longueur exponentielle. Sa rémanence est en droite ligne de celle du nez, le vin paraît d’une jeunesse insolente, l’ensemble est somptueux… Quelle claque, merci Robert Michel !

En conclusion, un grand merci à tous pour ce grand moment d’amitié...
 

L’équipe vin-terre-net
 

Le 21/07/2017 à 18h57
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