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Trente ans de Daumas Gassac
  
 
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Invité dans le cadre de mes fonctions au sein de CAVE S.A., j’ai eu le plaisir de participer à une verticale couvrant près de trente années de Daumas Gassac, au domaine, la veille de Vinisud 2014. Les vins ont été sortis des caves du domaine le lundi précédant la verticale, relevés le jeudi, ouverts le jour J à 9h30, rebouchés immédiatement avant d’être dégustés servis à 16° à partir de 14h30, dans un ordre libre. Pour cet exercice rare, renouvelé tous les dix ans, le domaine avait également convoqué quelques professionnels et journalistes reconnus du monde du vin. Voici donc mes notes de dégustation, toilettées de quelques redondances et fautes de français et ponctuées, après notation sous forme d’appréciation, d’un adjectif résumant l’esprit du vin goûté.
  
 
2012 (mise très récente) : premier nez mûr et fin de poivron grillé, sanguin, avec du végétal noble, dégagé et très classique. Il évolue sur l’abricot et la violette. Attaque tendre et de demi-corps, boisé élégant qui rappelle François frères (j’apprends après la dégustation qu’il a été le seul tonnelier du domaine jusqu’il y a peu !). Peu de puissance mais belle continuité pour ce vin élégant, en rien lourd, très sobre. Finale très cabernet, pure. Très bien / Raffiné
 
2011 : boisé marqué, grillé toasté quasi bordelais, amer au premier nez, avec une forme de noirceur aromatique. Boisé marqué dans la saveur aussi avec un côté vert du bois, le fût passe devant le vin à ce stade et apporte de l’amertume. Ceci dit le milieu de bouche semble relativement garni, mais l’allonge est moins raffinée et aromatique que sur 2012. Vin moins délié, plus ramassé, qui a besoin de temps pour se faire et se détendre. Un peu mutique à ce stade. - / Dissocié
 
2010 : belle fusion de l’élevage au nez, le bois intègre le vin et accentue le côté épicé, tabacé ; véritable densité aromatique, noirceur et profondeur. Le vin entre en bouche avec une belle texture relâchée alliée à une vinosité supérieure. Les tanins sont fins et nombreux, le bois est encore présent mais n’écrase pas. Au développement, on note la jeunesse du grain mûr et ferme, qui a besoin de se polymériser. Vin réservé et profond, qui semble bâti pour une longue garde. Très bien+ / Prometteur
 
2009 : premier nez d’évolution de la dégustation, avec du poivron grillé, qui indique aussi du végétal propre au millésime : on entre dans un profil aromatique très médocain ; évolution poivrée et graphite-menthol-cèdre très cabernet. Attaque enrobée, souple et tendre, qui se développe sur un corps de saveur amère et un peu plate ; la finale prend ce sens et manque de relief en l‘état, le vin se goûte simple et peu complexe, un peu atone. Il faut l’attendre ? Assez bien+ / Atone
 
2008 : nez assez évolué, un peu flou, de fruits à la fois confits et blets, qui semble indiquer une vendange plus fragile : on a plus de fruit primaire mais moins d’épices que sur les vins précédents ; c’est plus simple, avec moins d’empreinte de cabernet, un vin moins « Daumas ». Attaque en accord avec le nez, tendre et fragile, manquant de ressort, avec un fruit un peu lourd. Un vin un peu mou, sans grande allonge, sur un tanin assoupli mais pas sur le parfum. Quelle évolution ? Assez bien+ / Mou
 
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Samuel Guibert
 
2007 : beau nez clair et dégagé avec un élevage très bien intégré, une vraie densité aromatique, des notes d’orange sanguine, de fruits noirs, un côté floral (port pourri), presque un dégradé aromatique de vendange entière (floral/poivre) et de faux airs de Trevallon ! Texture relâchée, la plus charnelle à ce stade, vin faussement tendre, vraiment ample, avec cette saveur mûre et fraîche de cabernet typique. De l’allant, de l’allonge pour ce cru sapide et salivant, presque « calcaire », long, très bon à goûter aujourd’hui. Un superbe millésime. Très bien+ / Superlatif
 
2006 : nez d’évolution typique du millésime avec un côté rhum-raisin, fragile, blet, manquant de précision aromatique, tirant sur la tomate séchée. Attaque sirupeuse mais saveur végétale, puis la bouche peine à avancer, le vin est poussif, sans énergie et finit sec, dur, amer, avec des tanins rêches. - / Injugeable
 
2005 : nez confit et chaud, rôti au premier abord, expansif, sudiste, peu diversifié mais plein. Saveur lourde et chargée, sensation d’alcool mais le vin affiche que 12.6 d’alcool, ce qui peut indiquer une « relative » dilution ; bonne bouche languedocienne mais on cherche la classe du terroir, vin sudiste mais simple, poivronnant à l’air. Assez bien+ / Simple
 
2004 : nez épicé mais peu ouvert, toutefois dense aromatiquement, d’un bloc. Attaque corsée et enrobée, bouche enveloppée, pleine, avec une allonge très épicée qui indique une sensation de cabernet mûr. Vin au volume et à la maturité étonnante pour l’année, semblant encore jeune. Style un peu médocain dans ce qu’il a de meilleur, commençant à bien se goûter et ne semblant pas fatigué. Juste un peu sec sur l’allonge, mais il réclame surtout un plat. Bien+ / Médocain
 
2003 : nez confit, abricoté, très « 2003 » dans le côté atypique sur les fruits rôtis, la mangue, il prend même de faux airs de vin italien. Attaque en dedans, simple et fluette ; bouche glissante et souple, mais on a l’impression de redescendre sur un vin plus simple que le reste de la série, c’est souple, gentil, pas brûlant, mais ça manque de coffre. Ceci dit, il se laisse boire. Les tanins sont ils « mûrs » ? Assez bien+ / Limité
 
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2002 : nez de carton mouillé, d’algue, rappelant la marée avec presque un côté TCA, peu varié, aquatique, comme la bouche, aqueuse et simple, hélas fidèle au millésime. Il est temps de le boire, vite. La finale se défait. Moyen / Faible
 
2001 : nez de fruits rôtis, d’épices, présentant une vraie intensité aromatique avec du poivron grillé, du bois de santal ; belle évolution secondaire noble pour ce vin rassemblé, resserré, net, avec une vraie fusion des éléments. Attaque relâchée, évidente, pulpeuse, le tanin commence à bien s’amadouer. L’élevage est moins raffiné que sur les millésimes récents mais belle évolution pour son âge. Il a juste tendance à perdre en précision à l’air. Bien / Epanoui
 
2000 : premier nez caramélisé, lacté, qui évolue sur des arômes de cèdre et de menthol, puis de bois précieux. Attaque tendre et souple mais présente et gourmande, tactile, sexy dans la texture, pour ce vin sapide, doté d’une vraie allonge et qui cache sa force. Agréable au palais et laissant une bouche propre, il développe une vraie qualité de texture et de glisse. Une bonne surprise. Bien+ / Surprenant
 
1998 : notes de grillé, de bois de santal, d’épices, de fleurs, d’encens : grand nez très cabernet, qui évoque à nouveau Trevallon, évoluant sur le poivron grillé, le fumé. Grain enrobé pour ce vin ciselé, présentant une vraie qualité de bouche, une saveur qui rappelle les grands bordeaux de la rive gauche. Il se laisse boire avec une facilité déconcertante et possède une vraie race, alliance richesse et finesse dans une bouche très parfumée. Très bien+ / Référence
 
1997 : nez « à l’ancienne », moins précis que le 98 et moins jeune, avec des nuances de quinquina, d’orange amère, de tabac, poivron grillé et un début de sous-bois. Bouche tendre et goûteuse, souple, avec un tanin plus rustique et moins abouti que le 98, mais qui se laisse boire ; arrière bouche paraissant plus solaire que le 98 mais à tort, au vu des analyses fournies ; du végétal sort à l’air. Vin limité mais agréable, ses défauts lui donnent du charme. Bien / Honorable
 
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Aimé Guibert
 
1995 : nez évolué sur la rouille et l’oxyde de fer, qui ressemble à des vieux nebbiolo (témoin d’oxydation, boite métallique) ; la bouche rejoint et confirme ce profil et fait pencher pour une bouteille fatiguée, manquant de netteté, très sèche, peut être un bouchon récalcitrant ? - / Injugeable
 
1994 : premier nez d’acétate d’éthyle avec un côté vernis marqué, ce qui est un défaut pour un vin de cet âge. La bouche est souple et simple, très simple même, fluide, à la limite de la dilution, pas à la hauteur des possibilités de l’année comparé à ce nous avons déjà goûté de meilleur (Cazeneuve, Grange des Pères) en Languedoc. Moyen / Décevant
 
1992 : on retrouve un grand nez de cèdre et de fleurs typique des grands vins de cabernet, très parfumé, très ouvert, très charmeur, avec beaucoup de finesse aromatique. Vin parfait dans l’évolution, étonnant de tenue à l’air, assez jouissif dans la texture sur l’attaque et prenant de faux airs de Lafite : cru élégant, facile, tactile, enjôleur, long, avec un côté jus de viande délicieux, il appelle la table. Excellent / Bluffant
 
1991 : évolué, un peu imprécis avec son côté lacté/caramel, une sensation d’élevage est encore là. Vin souple et glissant mais marqué d’une sensation de dilution, manquant d’énergie et de corps, il ne laisse pas un grand souvenir. A boire. Pas mauvais, mais on ne s’en rappellera pas. Assez bien / Limité
 
1990 : un peu d’évolution et de tertiaire, avec de la tomate séchée et des nuances lactiques/acides, de bois mouillé ; sensation de TCA dans une bouche fragile, impression de maturité mais manque de pureté de la saveur, on se demande si la bouteille est parfaite car il y a autant de qualité que de défauts. A revoir, assurément. - / Injugeable
 
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La vieille vigne de cabernet-sauvignon du domaine
 
1989 : premier nez  jeune et plein, avec un peu de caramel et d’écurie, et à l’aération des nuances de TCA qui sortent ! On retrouve un côté sec/amer du bouchon que l’on a en bouche, avec une vraie dureté et de l’amer de la saveur. Pour l’avoir déjà goûté très bien par ailleurs, il est évident que cette bouteille est déviante et non représentative. - / Injugeable
 
1988 : enfin un grand nez, qui rappelle le cabernet, comme le 92 : on repart sur l’encens, l’âtre, les fleurs séchées ; vin aromatique et bouqueté, raffiné, à l’évolution tertiaire mais très agréable. Les tanins se tiennent encore assez bien, sauf peut être en finale, mais le vin est à point et très agréable à boire aujourd’hui, honorable, délicieux. Très bien / Digne
 
1987 : bouquet de champignon évoluant sur les fruits rouges confits, un peu imprécis mais bizarrement jeune, très différent des autres car plus merloté (11%) : on quitte la rive gauche de Bordeaux pour aller vers la rive droite ; bouche souple et glissante, fine, légère, sans évolution marquée, agréable à boire et sans dilution, même si le fond n’est pas son fort. C’est un bon vin aujourd’hui à point. Bien / Honorable
 
1985 : nez de fruits rouges, de menthe et menthe poivrée, avec un peu de pot pourri et de tertiaire noble qui rappelle des évolutions de bon nebbiolo des Langhe ; bouche étonnante de chair pour l’âge du vin, qui se tient encore bien, plutôt pleine et surtout juteuse, avec un rappel vif en finale qui réclame la table. Une belle surprise pour un vin de cet âge. A point ! Bien+ / Respectable
 
1984 : grosse proportion de cabernet (71%) qui se retrouve au nez avec un vin d’une classe et d’un charme fou, jeune et précis, fumé comme un grand Pessac, insolent de jeunesse, à la trame déliée, attaquant comme un faux maigre mais se déliant et dépliant majestueux, long et juteux, très fin, difficile à placer en Languedoc et surtout difficile à cracher. Excellent / Grand vin
 
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1983 : nez peu intense, secret, rentré, grillé/fumé à l’air. L’attaque est tendre et charnue, étonnante de volume. Bouche « supérieure » au nez avec une sensation de chair et une épaisseur réjouissante. Vin long, bien formé, sans fatigue sensible, impressionnant de rémanence. Le côté chaud (13.4° d’alcool) pourrait même choquer certains habitués du cru. On notera 14% de syrah cette année là. Très bien / Solaire
 
1982 : nez de quinquina, d’orange amère, de tabac brun, de cigare, de havane ; rigueur de l’attaque, fermeté du tanin pour ce vin corsé, plutôt rustique mais vigoureux et jeune. On perd en raffinement ce que l’on gagne en force. Increvable. Bien / Inoxydable
 
1981 : étonnamment jeune et frais dans le bouquet, mais peu intense et peu diversifié ; il prend des accents lardés, fumés, épicés à l’air. Saveur proche du végétal, avec un tanin rigoureux et légèrement acerbe ; équilibre à l’ancienne, vin solide, peu charnu, rustique mais fier, qui a bien tenu. Il manque juste de chair et densité. Assez bien+ / Rigide
 
1980 : évolution tertiaire marquée, fruit acidulé, sous bois, un peu animal ; bouche fragile, de demi-corps, avec une grosse acidité, vin sévère, sans doute né dans un millésime difficile, moins digne que le 81. Assez bien / Limité
 
1979 : nez de vieux grand médoc à point (poivron grillé, cendre froide), étonnant de netteté et de finesse, et surtout de tenue ; attaque charnue, texture lisse et suave, gourmandise, finesse, distinction : il n’y a rien de fatigué dans ce vin en pleine force de l’âge, qui se laisse grumer avec plaisir. Tout à fait surprenant, un beau Daumas, vraiment ! Bien / Hors du temps
 
daumas_gassac_chai_peynaud
 
En conclusion, on peut d’abord souligner la qualité excellente de l’organisation de la verticale et la chance qui fut la mienne de pouvoir goûter tant d’années de travail, dont le 1979, second millésime du domaine. Au cours de la verticale, on devine plusieurs périodes et époques, même si le domaine a travaillé dans la continuité, ce qui est le reflet de la vie de la propriété et de l’histoire des hommes. Les effets millésimes sont très marqués sur les vins jeunes en tout cas : une grande qualité pour de rares grands vins du sud. On observe des accointances de vieillissement tantôt avec certains grands Médocs, tantôt avec Trevallon (projet et encépagement proches) en grands millésimes. Au cours du débriefing qui a suivi la verticale, on a compris qu’il y avait parfois des différences de bouteilles patentes sur un même millésime, ce qui est le lot de tout vin au vieillissement et il faut bien l’accepter ; mais le nombre de bouteille semblant touchées par les TCA n’est dans tous les cas pas à ignorer, bien au contraire ! On remarquera par ailleurs la réussite étonnante de certaines « petites » années : 1984, 1992, et dans une moindre mesure 2000 et 2004. Enfin sur le style du domaine, on notera son classicisme intemporel avec des vins qui appellent la table, vraie qualité. Un grand merci à la famille Guibert.

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D’autres avis sur cette verticale historique :
   - Celui de Jacques Perrin
   - Celui de Michel Smith
   - Celui de Cathy Soun (Midi libre)
   - Celui de Daniel Roche (Epicuvin)
   - Celui de Richard Hemming (Jancis Robinson)
   - Celui de Sylvie Tonnaire (Terre de vins)
 
 
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Le 19/08/2017 à 05h49
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