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Tour d'horizon des Languedoc 2002... en trois dégustations !
 
2002 l’année des extrêmes. Contrairement aux idées reçues, avant les violents orages qui ont touché le Gard et une partie de l’Hérault les 08, 09 et 10 septembre, le millésime se présentait plutôt bien. Après un mois de janvier rigoureux, la fin de l’hiver est relativement doux et sec dans le sud, avec quelques records de températures sur la Provence au mois de Mars. Le printemps est assez sec. Le début de l’été est très chaud dans le Languedoc, avec même une période de canicule dans le Gard. La vigne suit un cours de floraison et véraison normal. Puis changement de temps brutal en juillet, avec une nette baisse de températures et un mois d'août sec et mitigé. Jusque là, la vigne se porte à peu prés bien même si ce coup de froid tend à retarder les maturités (stress hydrique sur à la Clape). Un bon travail sur le terrain est de rigueur. Les températures retrouvent les normales saisonnières à la mi-août. Jusqu’ici tout va bien. Les premiers orages éclatent à la fin août sur l’Aude, provoquant localement quelques inondations. Début Septembre, alors que les blancs sont presque prêts à la vendange et que les rouges finissent leur maturité phénolique, il se passe ça : 
 
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Pont du Gard et centre ville de Sommières... sous les eaux
 
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Relevé pluviométrique Meteo France
 
  
Nous sommes le 10 septembre 2002 et le Languedoc se réveille avec une vision d’horreur : depuis 48 heures une pluie diluvienne s’est abattue avec une violence rare sur le Gard et une bonne partie de l’Hérault. Les ruisseaux sont devenus des torrents, les plaines se sont transformées en lacs et le Gardon a atteint quelques heures des hauteurs d’eau exceptionnelles. Le Pont du Gard, ouvrage multi millénaire qui l’enjambe, en sera lui-même ébranlé…C’est tant par leur violence que par leur étendue que les inondations laisseront des traces profondes. Le Gard est gravement touché, il tombe à Anduze 687 mm d’eau en 24h, la pluviométrie annuelle sur Paris ! Sur tout l’Est de la région, la vigne est durement atteinte. Chez les vignerons c’est la panique! Les baies presque mures, ont été abondamment arrosées, voire même carrément noyées sous des litres et des litres d’eau. Beaucoup ont souvent dû avancer leurs dates de vendanges pour éviter la pourriture (pour ceux qui ont pu ramasser, car dans le Gard, beaucoup de raisins resteront sur pied!). Conséquence : vins légers, parfois dilués, avec des notes végétales dues au manque de maturité phénolique. Ce millésime, qui s’annonçait plutôt bien, tourne en quelques heures au désastre : une épreuve qu’il va falloir tant bien que mal surmonter. Même si les intempéries ont touché de manière inégale les différents vignobles de la région, elles laisseront une cicatrice indélébile sur une grande partie de la production.
 
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Cave coopérative sous les eaux, dans le Gard
 

Dégustation du 01 mars 2008 : les grands domaines du Languedoc
 
Contexte : une dégustation organisée par l’Epicuvin dans le cadre d'un petit jeu où nous devions retrouver à l'aveugle, les 8 domaines présentés. Par la même, une occasion de goûter quelques très bons vignerons de la région dans le millésime décrié, 2002. La liste des vins etait composée de 7 vins connus et 1 pirate : Daumas Gassac, Grange des Pères, Château des Estanilles, Mas Jullien, Peyre Rose, Prieuré Saint Jean Bébian, Clos des Truffiers (la Négly) et 1 pirate de la région sur le même millésime.
 
Coteaux du Languedoc : Mas Jullien 2002 
La robe est rubis brillante. Le nez présente une belle complexité, avec des arômes de fruits noirs, de cassis, d’épices et de vanillé, le tout complété par une élégante note florale. Belle attaque, fraîche et ample. Le vin développe une belle matière, avec des tanins fins, droits, enrobés et des arômes francs de fruits mûrs. La finale est assez longue, persistante et supportée par un élevage aux accents réglissés. Beau vin, qui augure le reste de la série. 16/20
 
Costières de Nîmes : Chateau d'Or et de Gueule « La Bolida » 2002
La robe grenat tuilée parait assez évoluée pour son âge. Le nez s’ouvre avec une belle complexité sur des notes de chocolat amer, de fruits cuits, de fleurs séchées et de léger viandé. En bouche l’attaque est saline, la matière ample, le vin frais avec un léger acidulé. Les tanins sont fins et soyeux et le tout présente une certaine puissance. La finale est longue, complexe, avec des notes iodées et saline et une superbe finesse. Un vin qui donne vraiment envie de se mettre à table. 18/20
 
Vin de Pays de L’Hérault : Mas de Daumas Gassac 2002
Robe rubis, brillante. Le nez est peu expressif, avec des fruits confits, du poivre et des notes de peau d’agrume. En bouche, le vin se fait assez franc, droit, avec des tanins présents mais sur trame plutôt monolithique. Finale de longueur moyenne, avec une touche giboyeuse. L’ensemble manque à ce stade, de fruit et d’élégance. 14/20 
 
Coteaux du Languedoc : Prieuré Saint Jean de Bébian 2002 
Robe violacée, assez profonde. Le nez est d’une belle complexité, avec des aromes lactiques de fraises confiturées dominants, puis de vanillé, de caramel et de garrigue. En bouche, l’attaque est fraîche, franche, avec du volume et de l’amplitude. Si la matière se marque d’un léger élevage, les tanins restent soyeux, fins avec un grain élégant. L’ensemble présente un bel équilibre et une finale fruitée, puissante, riche et un peu chaude. 16/20
 
Coteaux du Languedoc : Domaine Peyre Rose « Syrah Léone »  2002 
Robe rubis pourpre, peu profonde. Le nez est peu expressif, limite verrouillé. Quelques effluves d’olives noires et de mures me parviennent difficilement. A l’aération je perçois également des notes de résineux, de pin, de cèdre, avec une pointe d’herbes de garrigues (thym ??). En bouche, l’attaque se fait puissante, sur des tanins fermes, gras et puissants. Manque d’intensité en finale, sur ce vin au potentiel évident, mais qui est nettement en train de se fermer. Faudra être patient avant d’y revenir. 15/20
 
Faugères : Château des Estanilles « Syrah »  2002 
Robe profonde pourpre. Le nez est assez complexe avec des arômes de cuir, de viande grillée, d’épices, de jus de viande, de fumé et de cassis. Belle attaque, fraîche et nette. Le vin développe des tanins soyeux, complexes, enrobés et francs. Beau toucher de bouche, même si l’élevage se fait plus présent. La finale est longue, linéaire et intense, avec en rétro, des notes giboyeuses et de poivre. Encore un vin avec un beau potentiel, mais déjà accessible. 16/20
 
Coteaux du Languedoc : Château de la Négly « Clos des Truffiers »  2002 
Robe noire profonde. Le nez est très intense, avec de la truffe, de la myrtille, du fruit compoté, des notes de graphite, de viandox et de toasté. Attaque puissante, ample, avec beaucoup de volume, de profondeur et de suavité. Très beaux tanins, gras, intense et opulent. La finale est longue, toujours puissante, mais marquée par un peu de chaleur alcoolique. Très démonstratif, presque too much, mais c’est bien dans le style. Avis aux amateurs de vin « bodybuildé ». 18.5/20
 
Vin de Pays de l’Hérault : domaine de la Grange des Pères 2002 
Robe légèrement évoluée, avec des reflets tuilés. Le nez s’ouvre sur des notes d’élevages avec du pain grillé. Puis le vin évolue vers les fleurs séchées, le vieux cuir, et l’iode. En bouche l’attaque est soyeuse et très fraîche. Les tanins sont fins, équilibrés, avec plus de fruits et une superbe finesse. La finale est très longue et fraîche, donnant une sensation de rondeur et d’équilibre à l’ensemble. Petite note saline en fin de bouche. Belle harmonie. 17/20
 
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Dégustation du 13 septembre 2008 : Secteurs du Pic Saint Loup et de Montpeyroux
 
Contexte :  En 2002 Le Pic Saint Loup est particulièrement touché par les chutes de pluie meme si elle restent inégales selon les secteurs (jusqu'à 350 mm au centre, 550 mm sur le Nord du Pic). A contrario, le secteur de Montpeyroux a été relativement épargné mais la fin d’été particulièrement humide a été difficile à gérer sur ce secteur également. il était intéressant de faire un point sur ces deux régions, après 6 ans de bouteille. Le choix s’est porté sur les meilleurs producteurs. Bilan en fin de dégustation. Les vins ont été goûtés en 2 phases. La première, le soir, où étant au service je connaissais les vins que je servais (tandis qu’ils étaient goûtés à l’aveugle pour les autres participants). La deuxième dégustation s’est déroulée le lendemain midi afin de voir les évolutions du vin en bouteille (bouteille rebouchée, laissée debout au frais). Pour cette dernière, j’ai goûté les vins à l’aveugle. La note de chaque vin est celle du soir. Les robes ne sont pas commentées (toutes tres proches).
 
 
Montpeyroux : Domaine la Jasse Catel « La Jasse » 2002 
Le 1er vin s’ouvre sur des notes de cassis, de fruits noirs et de cuir avec quelques notes boisées. L’attaque est souple et ronde mais la matière se marque d’un grain rustique et appuyé. La finale laisse échapper une pointe de verdeur. 13/20
Le lendemain (N° 10) : Toujours sur le cassis, le nez développe des notes mentholées et de graphite. La bouche a gagné en puissance et en volume, avec une matière ample mais présentant des tanins encore asséchants et une finale mordante. Evolution positive (+1.5 pts).
 
Pic Saint Loup : Mas Bruguière « Grenadière » 2002
Le nez est déviant sur le caoutchouc et le plastique. Le vin est écarté.
Le lendemain (N°6) : Aucune évolution, déviance irrémédiable.
 
Série 1 : Il n’y a pas vraiment eu de duel entre les deux, puisque le Mas Bruguière est défaillant. La Jasse a le handicap de passer en premier. Le lendemain le vin se goûtait mieux (j’avais pensé à Chabanon), mais l’ensemble manque de complexité pour bien figurer.
 
 
Minervois : Domaine Borie de Maurel « Sylla » 2002
Pirate : Le nez est très exubérant avec des fruits sucrés à la vanille, une pointe de truffe, de mine de crayon et des notes résineuses. L’attaque est franche, la matière est ronde, douce et aromatique. Les tanins sont fins et légèrement sucrés. Bonne longueur, toujours sur le fruit. C’est bon, mais ça parait facile. 14.5/20
Le lendemain (N°5) : Le nez à évolué sur la crème de cassis avec des fruits noirs confits. La bouche est toujours douce est ronde, avec une matière soyeuse et crémeuse. Bonne longueur. Évolution neutre (+0.5 pts).
 
Montpeyroux : Domaine de l'Aiguelière « Côte Rousse » 2002 
Le nez présente un registre monolithique, marqué par le bois, des notes mentholées et de mine de crayon. Si l’attaque est franche, le vin serre très rapidement le palais par une trame sèche et métallique, la finale est verte. 11/20
Le Lendemain (N°2) : Étonnante évolution aromatique de ce vin qui présente des notes amyliques et de truffe avec beaucoup d’exubérance. La bouche, toujours ronde en attaque, laisse des tanins secs et une matière diluée, dominée par l’alcool. Évolution neutre (+0.5 pts)
 
Série 2 : La préférence, même si elle n’est pas unanime, s’oriente vers le Borie de Maurel grâce notamment à sa facilité. D’un abord flatteur, je pense qu’à table, le vin fatigue rapidement le palais. Pas d’avis sur l’Aigueliére ; j’ai arrêté de me poser des questions sur ce domaine. Si il y en a qui aiment, tant mieux, mais ce n’est pas pour moi. L’évolution du lendemain et notamment le côté truffé m’ont fait penser au Borie de Maurel à l’aveugle.
 
 
Montpeyroux : Domaine d'Aupilhac « Montpeyroux » 2002 
Le nez présente des arômes de raisin de Corinthe, de figue, d’épices et d’herbes aromatiques, évoluant à l’aération sur des notes plus boisées et vanillées. L’attaque est fraîche, la bouche tendue, marquée par une belle acidité donnant une belle profondeur au vin. Les tanins sont fins et soyeux et la finale est longue et ronde, sur les fruits noirs et le grillé. 15.5/20
Le lendemain (N°9) : Le nez présente des arômes évolués, de figue et de fruits compotés. En bouche le vin s’est littéralement effondré. Court, dur, acide, sur le jus de planche. Incroyable ! Évolution très négative (non noté).
 
Pic Saint Loup : Mas Mortiès « Jamais content » 2002 
Joli nez assez gourmand, avec une pointe de volatile, des arômes giboyeux, de viande de grison, de réglisse et de léger fruit. La bouche présente des tanins mûrs, mais l’ensemble est nettement dominé par l’alcool qui brûle la finale. 13/20
Le lendemain, le vin n’est pas regoûté suite à une mauvaise manipulation.
 
Série 3 : L’Aupilhac est largement préféré, mais ce qui me paraît inquiétant c'est que le vin s’est effondré à l’évolution, à tel point que je ne lui ai même pas mis de note. Je pense que malgré une acidité maîtrisée, le vin manque tout de même de corps pour supporter une longue garde. Il faudra le boire sans attendre. Mortiès n’est pas regoûté le lendemain. 
 
 
Pic Saint Loup : Clos Marie « Métairies du Clos » 2002 
Les notes d’élevages dominent la trame aromatique avec du chocolat, du moka, des arômes crémeux et du biscuit. La bouche présente un vin strict, droit mais un peu trop sévère. La trame dense et les tanins serrés tendent à durcir la finale, laissant un grain austère, marqué par l’élevage. Le vin paraît fermé mais la matière et la structure sont bien là, enfin, jusqu’au lendemain…15/20
Le Lendemain (N°1 et N°12) : Le vin est goûté en premier et regoûté en dernier, avant de dévoiler les bouteilles. Nez de cacao, de figue, de menthol. Bouche toujours très austère, avec des tanins raides et une finale chaude, sans expression. Le Clos Marie est reconnu. Évolution très négative (-2 pts).
 
VDP d’Oc : Château Mas Neuf « La Mourvache » 2002 
Pirate (Costières de Nîmes) : le nez est dominé par un boisé caricatural avec des arômes vanillés de bois neuf, de cèdre, de toasté, évoluant vers le kirsch. Idem pour la bouche, sur la planche de merrain avec des tanins durs. 12/20
Le Lendemain (N°4) : Nez de raisin sec, de figue et de cacao amer. L’attaque est franche, mais la matière dévoile une trame dure et ferme, marquée par un bois peu élégant. Évolution neutre (même note).
 
Série 4 : Les dégustateurs ont mangé du bois dans cette série ! Même si le travail d’élevage effectué par le Clos Marie sur cette cuvée a été nettement préféré. Mas Neuf manque cruellement de matière et de fond, l’élevage en barrique domine outrageusement le vin. Dans le même millésime je lui préfère la cuvée « Sirare » qui me paraît avoir été mieux maîtrisée. L’évolution des deux vins dans le temps n’est pas très favorable. 
 
 
Montpeyroux : Domaine des Grécaux « Hemera » 2002
Le nez d’une belle complexité décline des arômes de cassis, de fruits noirs, de musc, de viande lardée, le tout sur quelques notes d’élevage sous-jacentes. Attaque ample et franche. La bouche présente un beau volume, avec une trame intense, marquée par un grain tannique de belle qualité. La finale est longue, aromatique et d’une belle fraîcheur. 16/20
Le Lendemain (N°3) : La déception ! Le nez assez fin est marqué par du cassis et des fruits des bois. En bouche, l’attaque fraîche et tendue laisse une matière souple et légère donnant un déséquilibre alcooleux à la finale. Évolution très négative (-3pts).
 
Pic Saint Loup : Ermitage du Pic Saint Loup « Guilhem Gaucelm » 2002
Superbe nez, très complexe et charmeur par ses notes de fruits doux sucrés, d’olive noire, de garrigue, d’herbes aromatiques et de léger vanillé. La bouche suit le même registre, avec un toucher soyeux et enveloppant, des tanins fins et racés et une trame aromatique soutenue, encore marquée par quelques notes d’élevage persistant. Belle longueur, finale fine, sur les fruits compotés et la tapenade. 17/20
Le Lendemain (N°7) : Le vin est immédiatement reconnu. Le nez prends un coté salin plus marqué, avec une trame aromatique enrobée où il difficile de dissocier des arômes précis. La bouche est toujours très soyeuse, les tanins fins prennent un caractère mentholé, la finale reste longue et aromatique. Évolution neutre (même note)
 
Série 5 : Bon, ça fait du bien ! L’équipe commençait un peu à désespérer. Une belle série donc, avec des préférences mitigées. Gaucelm restera le plus beau de la dégustation, compte tenu de son évolution le lendemain. Une fois de plus, les frères Ravailles démontrent un réel savoir-faire sur les millésimes délicats. La surprise vient une nouvelle fois du vin de Montpeyroux qui va s’effondrer à l’aération (j’ai pensé à la Jasse Castel à l’aveugle). Dommage, car ce Grecaux nous promettait de belles choses.
 
 
Montpeyroux : Domaine Alain Chabanon « L’Esprit » 2002
Sur du cassis et des fruits noirs, c’est l’élevage qui domine le nez. Notes de chocolat, de grillé, de cèdre avec une petite nuance maritime. L’attaque est franche, la bouche volumineuse mais sans grande expression aromatique. Fermeté tannique et trame austère donne une finale de longueur moyenne toujours sur un registre boisé. Il y a certainement du potentiel…14/20
Le lendemain (N°8) : Étonnant nez qui présente des composés volatiles, des notes animales et de raisin frais. La bouche, toujours très franche, laisse des tanins marqués au grain rustique. L’ensemble tend à gagner en rondeur et en allonge. La finale est sur le raisin sec. Évolution positive (+1 pts)
 
Pic Saint Loup : Domaine de Cazeneuve « Roc des Mates » 2002
D’abord des notes de fruits noirs confiturés puis le vin évolue vers le pain grillé et les épices. La bouche, moyennement ample, présente des tanins marqués par un toasté dominant. L’ensemble reste ferme et sans grande envergure. 13.5/20
Le lendemain (N°11) : Nez sucré et poivré. Attaque souple et matière ronde déclinant des notes toastées et vanillées. Le vin parait bien travaillé, mais laisse une sensation de légèreté marquée par un creux en fin de bouche. Evolution neutre (+0.5pts)
 
Série 6 : Dernière série qui ne nous aura malheureusement pas ravi le palais comme la précédente. J’attendais un peu plus de ces deux vins qui ne sont pas ce jour au rendez vous. Quoi que Fontcaude évolue plutôt bien à l’aération. S’il est toujours difficile de se projeter dans l’avenir, il parait évident qu’il faudra être patient, comme souvent avec ce cru. Comme chez Clos Marie (avec les Glorieuses) Cazeneuve n’a pas sortie sa grande cuvée (Le Sang du Calvaire) pour ne pas risquer de dénaturer le Roc des Mates. Si à ce stade la matière supporte péniblement l’élevage, elle manquera certainement de force pour bien évoluer dans le temps.
 

Les Enseignements : Une dégustation très difficile, vraiment très très difficile. Qu’importe, l’exercice était intéressant et l’idée de regouter les vins le lendemain sera à renouveler en pareille occasion.
On a beau dire, mais je crois que malgré tout le Pic Saint Loup a réellement souffert des fortes précipitations du mois de septembre. Exceptée la cuvée Guilhem Gaucelm de l’Ermitage du Pic, qui à le double honneur d’être excellente le soir et le lendemain, le reste des Pics n’est vraiment pas au niveau. Clos Marie et Cazeneuve sont déséquilibrés par l’élevage et font preuve d’un manque certain de matière et Mortiés est déséquilibré par l’alcool. En conclusion, les Pic Saint Loup 2002 sont à boire sans attendre.
C’était ma première dégustation avec une série de 5 Montpeyroux. Ceux-ci sont facilement reconnaissables par des aromes caractéristiques de cassis. La surprise vient de leur manque de tenue à l’aération, sauf pour La Jasse Castel, mais qui a aussi eu le désavantage de passer en premier le soir (ce qui peut aussi minorer le vin). La chute d’Aupilhac est même spectaculaire, voir inexplicable. Lors de la dégustation du soir, les Montpeyroux ont été globalement appréciés pour leur élégance, en signe de simplicité sur ce millésime, et leurs équilibres, plus aboutis que les vins du Pic. J’ai tout de même tendance à penser que les vins se garderont assez bien mais qu’on peut prendre un certain plaisir à les boire dés maintenant.
 
 

Dégustation du 06 février 2009 : Languedoc 2002

Contexte : Languedoc millesime 2002, qu’en est-il sept ans plus tard ? Voilà la question à laquelle étaient soumis ce soir là les membres de l’Epicuvin pour ce petit tour d’horizon de la région. Les vins ont été dégustés à l’aveugle, sans ordre prédéfini et en verre Spiegelau Authentis. Condition de dégustation : Moyen (fatigue + temps lourd, humide et vent marin)
 
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Vin de Pays d’Oc : Domaine des Aveylans « Syrah » 2002 : Un domaine situé prés de Bellegarde dans le Gard. La cuvée « Syrah » est une 100% syrah élevée pendant 6 mois en barriques. Les vins sont essentiellement destinés à l’export.
Robe grenat, brillance moyenne. Le nez s’ouvre sur des aromes de fruits noirs, de cuir et d’épices évoluant vers des notes boisées et poivrées. Attaque franche. La bouche est ronde, avec une belle fraicheur, des tanins souples et quelques notes d’élevages. Finale de longueur moyenne. Un vin passe partout. 14/20
 
Coteaux du Languedoc : Domaine Henry « Mailhol » 2002 : « Mailhol » est un assemblage de vieux cépages peu usités ou disparus tel l’Aspiran noir et gris, l’œillade noire et grise, l’Aramon, le Morestel, le Ribeyreuc et d’autres. Élevage cuve uniquement.
Robe rubis cerise, belle brillance. Un nez étonnant, qui s’ouvre sur des notes de raisin frais, de menthol, de fruits rouges et d’herbes aromatique. Un peu de volatile également mais qui disparaîtra à l’aération. L’attaque est souple, la matière est fine, légère et les tanins très enveloppés. La structure est sur le fruit et la légèreté, même si les tanins se font plus présents en fin de bouche. Finale assez courte. 13.5/20
 
Faugères : Domaine Sylva Plana « La Closeraie » 2002 :
Robe rubis soutenue. Un peu de réduction sur le premier nez, s’ouvrant sur des notes musquées, d’olive noire et de fruits rouges. Ce nez élégant et prometteur ne se confirme pas en bouche. L’attaque souple et fraîche laisse place à une matière légère et peu aromatique. Beaucoup de fluidité en finale où l’alcool fini par s’imposer, faute de tanins solides pour soutenir l’ensemble. 12.5/20
 
Coteaux du Languedoc : Domaine Stella Nova « Pléiade » 2002 : Ce domaine est situé à Caux, prés de Pézenas. « Pleiade » est constitué de Syrah (dominante), Grenache et Carignan.
Robe rubis soutenue avec des reflets violacés. Nez discret qui s’oriente vers des notes animales, de cuir, de fruits compotés et d’épices. L’attaque est franche et la bouche ronde. Beau tanins, avec un grain soyeux et enrobé. Des aromes vanillés et boisés se révèlent dans une finale soutenue par une bonne acidité. L’ensemble manque peut être un peu d’harmonie, mais il a du corps et du volume. 14.5/20
 
Coteaux du Languedoc La Clape : Château la Négly « La falaise » 2002 : Assemblage Syrah (dominante), Grenache, Mourvèdre et Carignan.
Dès la robe, ça « envoie du lourd » ! Robe pourpre intense, aguicheuse... Nez luxueux, sur des aromes de graphite, de viande grillée, de truffe et de mentholé. Même registre en bouche, avec des tanins francs, massifs et pommadés par l’élevage. La matière s’impose mais l’ensemble reste relativement équilibré entre gras, tanins et fine acidité. Un style que l’on peut aimer… 14/20
 
Vin de Pays de l’Hérault : Mas de Daumas Gassac 2002 :
Robe rubis foncée, intense et brillante. Le nez présente des aromes plutôt austères de fruits à l’alcool, de poivrons grillés et de cacahuètes. La bouche évolue sur un registre assez souple et sans grande profondeur. Longueur moyenne, finale fluide et peu aromatique. Simple et facile. 13/20
 
Minervois : Château Villerambert Julien 2002 : Assemblage Syrah (70%) et Grenache. Élevage en fût de chêne pendant 12 mois. Robe pourpre sombre, intense. Le nez s’ouvre sur d’élégants aromes de jus de raisin, de fleurs blanches et de petits fruits rouges avec beaucoup d’intensité.
« Enfin du vin » ! M’écriais-je ! En effet, l’attaque, ample et solide dévoile des tanins gras et sirupeux. Matière droite, conjuguée à une belle fraîcheur. Bonne finale sur les fruits noirs. Fin de bouche un peu chaleureuse. Loin d’être parfait certes, mais ce vin est complet. 15.5/20
 
Pic Saint Loup : Mas Bruguière « Grenadière » 2002 :
Robe grenat orangé, nettement évoluée. Nez pas net, sur la futaille et l’humus. En bouche, les tanins sont durs et brouillons. La finale est sur l’oxydation. Il n’y a plus d’espoir… (Non noté)
 
Corbières : Clos Canos « Les Cocobirous » 2002 :  1/3 de chaque cépage, Carignan, Grenache et Syrah composent cette cuvée.
Robe grenat pourpre nette. Le nez s’ouvre sur la crème de cassis, la fourrure et les fruits noirs compotés. Attaque franche et ample. Belle structure en bouche, avec des tanins volumineux et gourmands. Matière fraîche et fruitée, très mûre. La finale se marque d’un peu d’alcool, mais la persistance aromatique sur les fruits noirs lui donne un peu de charme. Un beau vin, typé Languedoc. 15/20
 
Vin de pays de l’Hérault : Jeu de Patience 2002 : Dominant Grenache, complété par 1/3 de Syrah. Le vin est élevé durant 18 mois en barrique d’un vin.
Robe rubis intense, brillante. Le nez s’ouvre sur des notes d’élevages, avec du caramel au lait, de la réglisse, évoluant sur la violette, le confituré et les fruits rouges. Attaque franche et droite. Bel acidité en bouche, qui compose avec un boisé présent. Les notes sucrées et grasse enrobent les tanins. L’ensemble parait flatteur et riche. Un peu plus de place pour les fruits serait le bienvenu. Bonne longueur. 14/20
 
Montpeyroux : Domaine de L'Aiguelière « Côte dorée » 2002 : 
Robe noir, un peu trouble. Beau nez, très complexe, qui s’exprime sur des aromes de myrtilles, d’olive noir, d’eucalyptus et de jus de viande. Attaque nette et précise. La bouche dévoile une belle matière, équilibrée, ronde, fine et gourmande. Ensemble vif et acidulé. Les notes d’élevages se font plus présentes en bouche, mais de manière harmonieuse. Grande longueur. Fini sur des notes fraîches et mûres. Très beau vin. 16,5/20
 
Je ne vais pas revenir sur chacun des vins de la dégustation, mais seulement sur ceux déjà goûté à d’autres occasions. Daumas Gassac tout d’abord, un vin que j’ai l’impression de moins en moins comprendre. Dégusté à cinq reprises depuis sa sortie, je l’ai toujours goûté dans des phases différentes : fruité puis austère, élégant et maintenant léger. Le Mas Bruguière confirme que beaucoup de 2002 sont touchés par des problèmes de bouteille. La Falaise de la Négly ressemble trait pour trait à celle que j’ai goûté en juin 2007. Je pense que j’adhère de moins en moins à ce style, même si je reconnais que c’est plutôt bien fait. Je dois avouer que j'ai enfin aimé un vin du domaine de l'Aiguelière, après environ une quinzaine de bouteille goûtée dans toutes les conditions. C’était en tout cas bien meilleur que sa sœur jumelle « la côte rousse », sur le même millésime.
 

Conclusion globale : Avec toutes mes autres expériences de l’année sur ce millésime (environ une cinquantaine de vins goûtés), voilà ce que j’en retiens: Je pensais très sincèrement qu’il pourrait se révéler bien meilleur que ce qui en avait été dit. Je pensais, qu’à défaut de grosse matière, les vins présenteraient de belles acidités et un certain charme. Et bien, je me suis trompé. C’est vraiment loin d’être facile pour beaucoup de vins goûtés et seuls les meilleurs, les bosseurs, les attentifs ont su tirer profit du millésime pour sortir un vin réussi et parfois atypique de leurs productions habituelles (je pense à Grange des Pères, Alquier ou Grécaux par exemple). Pour les autres le verdict est sans appel : fluidité, légèreté, déséquilibre alcoolique (étonnement…), boisé envahissant, etc. Quelques points positifs tout de même : après sept ans, ils se révèlent tous très peu évolués, ceux qui ont su maîtriser leur élevage présentent des vins aux expressions fruitées élégantes et assez peu de notes végétales dominantes. Enfin, ils ont une certaine facilité à être bu : une belle « buvabilité » comme on aime le dire en ce moment. En conclusion, je dirai que ce millésime 2002 est loin d’être catastrophique, mais il reste sur un niveau général très moyen. Le meilleur de la production est à chercher chez les bons producteurs, évidement. La partie ouest de la région, Minervois et Fitou en tête offrent également une alternative intéressante.
 
 

Le 19/11/2017 à 06h34
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