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Dégustation de grands vins du Haut-Piémont chez IVV Toulouse
 
 
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Vignoble de Carema, aux confins du Val d’Aoste, le début du Piémont

Après une session 2011 consacrée aux crus du beaujolais, en octobre 2012, nous avons eu le très grand plaisir d’organiser pour les copains du Club IVV Toulouse une dégustation sur deux jours en semi-aveugle de grands vins du Haut-Piémont. Précisons d’emblée que le choix des vins et l’organisation logistique ont été réalisés en très étroite collaboration avec Lorella Antoniolo par ailleurs présidente du Consortium de tutelle des vins du Haut-Piémont. Nous tenons ici à la remercier très vivement pour tout le travail effectué, car elle a grandement contribué à faire de cette double-session un succès (NB : nous avons uniquement dégusté les vins du deuxième jour). Nous considérons en effet qu’elle en fut un, car a posteriori, nos amis du Club semblent avoir été véritablement emballés par ces vins que nous avons nous-mêmes aimés dès nos premières expériences ! Le lecteur pourra d’ailleurs retrouver le compte-rendu, du Club en suivant ce lien. Nous ajouterons seulement une chose : pour être en accord avec les informations communiquées au Club, nous avons noté les vins sur 20. Les notes écrites et chiffrées qui suivent sont donc celles de Nicolas Herbin. Bonne lecture !
 
 
Coste Della Sesia : Antoniotti Odilio « Nebbiolo » 2009
Nebbiolo avec 12% de Croatina, élevage en demi-muids pendant 18 mois. Les vignes sont situées dans un amphithéâtre orienté sud-ouest en terrasses, les sols sont sablonneux et calcaires.
Robe rubis peu intense, dotée de peu de couleur pour un vin avec de la croatina. Sur la pêche, le kirsch, tanins assez mûrs et nez marqué par le millésime (chaud), évoluant sur la rose. Attaque à la saveur un peu pointue mais les tanins sont assez bien extraits, légèrement mordants mais de belle qualité pour l’appellation. Juste un peu chaud en rétro-olfaction. 13/20
  
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Bramaterra : Antoniotti Odilio 2008
70% Nebbiolo, 20% Croatina, 7% Vespolina et 3% Bonarda, issu de leurs plus vieilles vignes, dans un vignoble de haute altitude. Le vin est élevé en foudres d’au moins 1250 litres pendant au moins 30 mois, puis en bouteilles pendant 6 mois.
Nez relativement confit, couleur avancée, note abricotée étonnante pour le millésime (haute maturité phénolique ?), complexité aromatique. Douceur tannique renforcée par rapport au vin précédent : voilà de la texture, de l’ampleur, de la délicatesse, beaucoup de gourmandise et d’immédiateté, très beau travail. Seul petit bémol, la rétro-olfaction chaude comme sur le précédent. 14/20
  
Bramaterra : Matteo Baldin 2008
Nez fatigué et imprécis, peu loquace, opaque. Evolution fanée, un peu « fruits pourris ». Bouche acide et lactique, imprécise, vin plus brouillon, manquant de charme et de fruit, l’acidité domine et le tanin manque de charme. Vin moyen, qui pourrait être bien plus net, dommage. 12.5/20
  
Bramaterra : Colombera Carlo 2007
70% Nebbiolo, 20% Croatina, 10% Vespolina, communes de Roasio et Masserano, fermentation en cuve inox huit-dix jours à température contrôlée, élevage trois ans dont 18 à 20 mois sous bois.
Le bois vient gêner le fruit avec des notes torréfiées et de tomate sèche (témoin classique d’une légère oxydation du fruit du nebbiolo), le vin a peut-être été un peu trop exposé à l’air via le fût. On retrouve le bois en bouche, qui le domine sans le « tuer » pour autant, mais le profil asséchant est regrettable sur la finale et sur une bonne matière première.12/20
  
Bramaterra : Tenute Sella « I Porfidi » 2007
'I Porfidi' est produit sur les collines les plus élevées du vignoble, à Villa del Bosco, cœur historique de l’appellation. Les vignes ont en moyenne 77 ans. Elles sont exposées Sud-Ouest, à 350 mètres d'altitude. Sols de PH acide constitués de sables porphyriques d'origine volcanique, de couleur rouge-brun. La fermentation alcoolique se déroule en cuves inox, avec une durée moyenne des macérations de 22 jours pour le Nebbiolo et la Vespolina, 12 jours pour la Croatina. Fermentation malolactique en bois, au printemps suivant la vendange. Elevage de 24 mois en foudres de chêne de Slavonia de 25 hectolitres, et 12 mois en barriques de chêne de l'Allier.
Notes archétypiques de mangue, fruits rôtis, oxyde de fer, abricot : décadent, captivant. Tanins délicats, c’est ample, la trame est sinueuse et donne une sensation de puissance contenue, vin de grande race. A l’aération le grain se polisse encore plus pour aller vers une forme allongée, gourmande et un côté juteux jubilatoire. Un délice. 16.5/20

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Un domaine de longue et vieille tradition

Carema : Ferrando « Etichetta bianca » 2008
Seul domaine à produire hors de la cave coopérative. Culture en Pergola sur sols morainiques, fermentation en cuve inox, macération de dix jours, élevage de 30 mois en grands foudres.
Vins « sans couleur », robe orangée-brune. Sur le zeste d’orange confite, retenu aromatiquement mais très fin, évoluant sur des nuances de chinotto très piémontaises, fragile, floral, tirant sur la rose séchée. Bouche délicate, vin de parfum, « sans tanin », avec un gras insoupçonnable. Style délicieusement suranné, d’un grand charme et vin incrachable. 16/20
 
Carema : Ferrando « Etichetta nera » 2007
Elaboré dans les meilleurs millésimes à partir des meilleurs raisins. Élevage de deux ans en barriques puis une année en bouteille.
Liégeux au nez, imprécis malgré un beau fond. TCA confirmé dans la saveur, belle matière, très bien doté et avec plus de densité que le vin précédent, mais le manque de pureté le pénalise. Difficilement notable.
 
Pirate. Chianti : le Trame 2009
Plus de couleur au nez que les autres vins de la série, sophistiqué par une trace d’élevage, sanguin. Tanins ultra-délicats et charnus de l’attaque à la finale, corps impeccable, pointe de bois en finale mais grande qualité du grain. A cheval entre un style traditionnel et moderne dans la forme. 16/20
 
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Lessona : Tenute Sella 2008
Sols acides composés de sables marins jaunes orangés. Les vignes ont en moyenne 55 ans et sont taillées en Guyot. Exposition sud-est/sud-ouest, à une altitude 300 mètres. Fermentations en cuves d'acier inoxydable après macérations de 18 jours. Fermentations malolactiques en bois, au printemps suivant la vendange. Elevage de 24 mois en foudres de chêne de Slavonia de 25 hl.
Couleur foncée. Nez kirsché et framboisé, précis, évoluant sur le zeste d’orange, extra dans le fruit et d’une grande gourmandise, avec une touche de vanille « classe » à l’évolution : gourmandise du raisin mûr. Grande qualité tactile, vin extrêmement velouté, comme si le gras passait devant le tanin, c’est ample, rond, infiniment charnu, difficile à cracher pour un vin jeune, si ce n’est qu’il est un poil chaud en rétro-olfaction. 15/20
 
Pirate. Barolo : Azienda Agricola G.R Vajra « Albe » 2006
Trois origines de terroirs : Fossati, Coste di Vergne et La Volta. Altitudes comprises entre 400 et 440 mètres. Les vignes les plus vieilles datent de 1969, les plus récentes de 2004. Terroirs marneux et alluvionnaires anciens et variés, avec présence de fossiles marins également. 20 jours de macération avec contrôles des températures, fermentations via levures indigènes, malolactiques durant la première année, élevage de 42 mois en foudres de Slavonia de 25-50 hl.
Notes de châtaigne, épices, pointe toastée-amande avec présence également d’un peu d’acétate (vernis) qui se dissipe à l’aération. La bouche est assez dense, mais les tanins sont plus rudes que sur les vins précédents, le fond est bon mais une relative retenue et rudesse (qu’il n’avait pas jeune) indique qu’il se goûtera peut-être plus abouti dans quelques années. 14.5/20
 
Lessona : Tenute Sella « San Sebastiano allo Zoppo » 2006
Nebbiolo 85%, Vespolina 15. Vignoble de coteau unique et réputé depuis 1436, située dans la partie haute de la ville de Lessona. Vignes de 75 ans, exposition sud-ouest. Sols acides de sables marins jaune-orange. 24 jours de macération, élevage 24 mois en foudres de Slavonia de 25 hl puis 12 mois en fûts français.
Nez « marron », épicé, profond, d’abord un peu mutique, puis s’ouvrant au bout de quelques minutes sur des notes de fruits cuits appétissantes, d’orange sanguine et d’orangette très délicates. Puis d’un coup il explose ! La bouche est incrachable, grasse, langoureuse, aussi ample que longue, la grâce même. 17/20

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Vieux millésimes du domaine Ferrando, culte !

Gattinara : Franchino Mauro 2005
Cuvaisons en cuves ciment, élevage 4 ans en foudres de 20-25 hl puis une année en bouteilles.
Robe translucide, orangée. Nez très « Gattinara » avec du thé froid et du tabac, profond, stable à l’air, mentholé-réglissé. Attaque grasse, lisse, très bonne maturité pour l’année, légère faiblesse de corps en milieu de bouche mais le vin se tient et repart sur sa structure. Assez long, avec une arrière bouche chaude typique du millésime. Devient juste un peu lactique à l’aération, mais on chipote. 15/20
 
Gattinara : Travaglini « Tre Vigne » 2005
Assemblage de trois terroirs : Lurghe, Parolone, Alice. Élevage 30 mois en grands foudres de Slavonia, 25% de la récolte passe en barriques françaises pour 12 mois, 10 mois d’élevage en bouteilles.
Sur la tomate séchée, un peu toasté, avec un grésillement de bois, évoluant truffé-acétate. De la force en bouche sur l’attaque, mais le bois est présent dans la saveur. Moins de pureté que le vin précédent même si le corps est bon. Il se prolonge bien mais les tanins de la finale pêchent par une légère sécheresse. 13.5/20
 
Gattinara : Nervi 2004
Issu des terroirs Molsino, Valferana, Garavoglie. Cuvaisons d’au moins 16 jours en cuves inox, élevage de 36 mois en grands foudres.
Nez captivant, envoutant sur le vieux cuir, la mangue, l’orange séchée, avec les fleurs et le cassis - typique des grands Gattinara au vieillissement - qui arrivent. Puis il évolue sur des nuances de truffe, de cèpe : belle complexité aromatique. On note le côté « nature » de la bouche, avec une acidité typique de l’année ; c’est très juteux, sinueux, pas d’une immense allonge mais très attachant dans le côté buvable. Très bon. 15.5/20
 
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Gattinara : Nervi « Molsino » 2004
Mono-cru, cuvaison de 30 jours en cuve ciment, avec environ 15% de raisins entiers, levures indigènes, élevage en grands foudres durant 50 mois minimum.
Nez d’orange sanguine, sanguin, poudré, poivré, plus réservé aussi. Puis il s’ouvre doucement sur des notes mentholées. Acidité vive, comme dans le précédent, mais tanins « suaves », fins et frais. Bouche à la fois réservée et livrant des notes d’écorce d’orange et d’agrumes très appétentes. Il tient bien son rang mais le précédent n’est pas ridicule à côté. 16/20
 
Gattinara : Caligaris Luca 2006
Elevage 24 mois en foudres de 15 à 25 hl puis 14 mois en bouteilles).
Cassis caricatural et entêtant. Bouche acidulée, petit vin, peu de suite, gâché. 8/20
 
Gattinara : Travaglini « Riserva » 2006
Issu d’une sélection de raisins, produit uniquement en grand millésime. Élevage de trois ans en grands foudres de Slavonia puis une année en bouteilles.
Notes toastées nobles (non issues du bois !), puis de tabac brun, qui évoquent des vins des Langhe. Ensemble épicé, profond, évoluant sur la suie, la réglisse et le menthol frais. Masculinité et fermeté de la bouche, vin dense, profond, ferme dans le port, avec une vraie réserve de puissance : on devine un grand potentiel de garde. 17/20
 
Gattinara : Antoniolo 2007
Assemblage de plusieurs parcelles. Macération des peaux de 12-15 jours. Le vin est élevé en foudres pendant 30 mois.
Nez relativement acidulé au premier abord, discret, qui s’ouvre lentement sur quelque chose de massif, à la fois fruité et épicé, formant un bouquet complet : très beau développement aromatique à l’aération. Bouche puissante, dense, avec une force d’expression qui lui donne un air de vin de garde impressionnant. On monte encore d’un cran. 17.5/20

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Vignoble de Gattinara

Pirate. Barbaresco : Azienda Agricola Sottimano « Cottà » 2008
Vieilles vignes de 45-55 ans orientées sud-ouest, situées entre Neive et Barbaresco. La fermentation et la macération des peaux durent normalement environ 18 jours. Levures indigènes. La fermentation malolactique est faite en pièces François frères, où le vin reste pendant environ 18-20 mois. 25% de bois neuf. Pas de filtration ni de collage avant la mise.
Très beau nez de fruits rouges et de mangue, rehaussé d’un boisé assez noble se fondant bien avec le cépage, et qui va au fil des minutes s’intégrer par vagues, avant de complètement se fondre dans le fruit. Il évolue balsamique et prend beaucoup de race à l’aération. Très belle chair, assez ronde, tanin finement extrait, le vin se déploie bien et se prolonge nerveux, droit, très « Barbaresco ». Une réussite du millésime. 17/20
 
Gattinara : Antoniolo « Osso San Grato » 2006
« Osso San Grato » est le plus beau cru de l'appellation, exposition plein sud. Macération d’au moins 15 jours, 36 mois de foudres, puis 12 en bouteilles.
Grand nez kaléidoscopique, difficile à décrire, tirant sur des notes de pneu brûlé, puis évoluant sur la prune, l’écorce d’orange, « noir », très complet, jeune et profond. Tanins sublimement intégrés à la texture, on atteint un toucher de bouche sensationnel avec une grande force civilisée, c’est hyper long, aristocratique, posé. 18.5/20
 
Gattinara : Antoniolo « San Francesco » 2007
« San Francesco » est le second plus beau cru du domaine, exposition sud-ouest. Macération des peaux de 14 jours. Le vin est élevé en demi-muids usagés pendant 19 mois, puis encore 12 mois en grands foudres, puis 12 mois en bouteilles.
Puissant dans l’expression du fruit mûr au nez, presque « charnu » dans l’arôme, on devine une grande maturité du tanin, d’ailleurs on retrouve la mangue et la goyave des vins de Sella à l’aération. La bouche offre une grande sensation de pulpe civilisée, c’est simplement incrachable, immédiat, évident mais aussi tellement prometteur pour la garde. 18.5/20
 
 
Quelques précisions pour finir. D’abord, pour une conclusion détaillée, nous vous renvoyons à la fin du compte-rendu du Club. Ensuite, en guise d’épilogue, nous souhaitons dire deux mots sur les vins du Haut-Piémont dans le contexte actuel. Les vins de la région (re-)viennent en effet de loin. Jadis très réputés, à égale voire plus grande notoriété que celle des Langhe, ils sont passés par les pires enfers, notamment ceux du phylloxera, des orages de grêle historiques qui ont dévasté certaines zones et enfin de la mévente. De même, ces vignobles ont été victimes du désintérêt et de l’exode des gens du pays vers les proches usines lombardes, où l’on trouvait facilement du travail moins ingrat que la culture de la vigne en coteaux, et surtout mieux payé ! Pour résumer, d’un passé glorieux, le vignoble fut réduit à peau de chagrin, avec dans les années 80-90 un creux de vague terrible, renforcé par la médiatisation naissante des vins de Barolo et Barbaresco qui happait le peu d’intérêt mondial pour les vins du Piémont, et laissait les vins des « pauvres » du nord de la région dans une ombre terrible. Alberto et Lorella Antoniolo racontent d’ailleurs cela très bien, sans larmoyer. Pourtant, même durant ces années, les meilleurs producteurs ne baissent pas les bras et continuent de produire de grandes cuvées qui aujourd’hui témoignent de la qualité de leur travail, de leurs cépages, terroirs, vinifications et (longs) élevages. Puis arrivent les années 2000, et notamment 2009, qui voit le vent commencer à tourner : en effet, le Gambero Rosso (guide vinique controversé mais de loin le plus médiatique de l’autre côté des Alpes) sacre la cuvée Osso San Grato 2005 des mêmes Antoniolo « Vin de l’Année ». Enfin une reconnaissance d’envergure, pour un grand spanna (nom local du nebbiolo) ! Depuis, les choses commencent gentiment à changer : la notoriété revient, les clients également, les prix montent, et les américains osent même désormais noter aussi bien les grands Gattinara que les grands Barolo et Barbaresco ! Il faut de ce point de vue remercier Antonio Galloni de cette audace, même s’il n’est pas le seul à oser, vu qu’on célèbre aujourd’hui collégialement l’Alto Piemonte sur les blogs, dans les lettres mensuelles ou dans les autres guides référents italiens. Bref, les choses changent et c’est tant mieux. Il est donc plus que jamais temps de s’intéresser à ces vins, avant que les prix ne s’envolent et atteignent ceux des appellations stars du sud de la région. On vous aura prévenu !
 
 
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Le 25/09/2017 à 10h10
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