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Vieux millésimes de la Rioja
 
 
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 Ambiance « gitane » au Patio à Mauguio !
 
Administrativement, la Rioja est une communauté autonome située au centre nord de l’Espagne, dont Logroño est la capitale. Mais c’est également une DOC (denominación de Origen Calificada, l’équivalent d’une AOC supérieure), la seule d’Espagne avec le Priorat (les autres appellations sont des DO, qui correspondent à nos AOC classiques). A ce titre, elle est considérée comme l’une des meilleures (certains diront « la » meilleure) appellations viticoles du pays. L’intégralité du vignoble couvre 57'000 hectares le long de la vallée de l’Ebre, entre les villes d’Haro et d’Alfora. Incluse dans la région viticole de l’Alto Ebro, qu’elle partage avec la Navarre, la DOC Rioja est composée de trois secteurs principaux : Rioja Alta sur la partie ouest, Rioja Alavesa au nord, et Rioja Baja sur la partie est. Il est communément reconnu que la Rioja Alta et Alavesa sont les deux appellations les plus prometteuses, celles produisant les meilleurs vins de la région, ou du moins, celles où l’on rencontre les meilleures bodegas. Pour plus d’infos sur les cépages, les régions et les types de vins, lire aussi l’article consacré à cette région lors d’une précédente dégustation.
 
 
La dégustation :
 
Organisée par le club l’Epicuvin, la dégustation s’est déroulée au restaurant « le Patio » à Mauguio le jeudi 17 mars 2011. Les onze vins (dix Rioja et un pirate) ont été ouverts une heure avant la dégustation, non carafés et non épaulés. Ils ont été servis en semi-aveugle (liste connue), par séries de deux (sauf le dernier), en verre spiegelau expert et dans l’ordre ci-dessous :
 
Rioja : Marquès de Riscal « reserva » 1993
La bodegas a été fondée en 1858 par Don Guillermo Hurtado de Amézaga, « exilé » à Bordeaux en 1936 et propriétaire de vignes et d’une cave dans le domaine de Torrea (Elciego). Si les techniques et les élevages à la Bordelaise ont toujours marqué les vins, le domaine a résolument pris un virage stylistique vers des vins « modernes » ces dernières années. Le reserva est composé à 90% de tempranillo. Il est élevé pendant 2 ans en fûts de chêne. 1993 est considéré comme un « bon » millésime. 
Belle robe rubis tuilée, limpide et brillante. Le nez s’ouvre sur des notes végétales de havane, d’herbes sèches, d’amandes et de fruits secs. A l’aération, le bouquet évolue vers des arômes de cacao amer. La bouche est droite et vive dès l’attaque, développant des tanins graciles et une matière en demi-corps, sans grande profondeur. Peu intense, la finale est courte et marquée d’une certaine amertume. La maturité semble ici limite.
 
Rioja : La Rioja Alta - Vina Ardanza « reserva » 1982
En 1890, cinq vignerons basques et riojans fondent dans le quartier de la gare à Haro la « Société Viticole de la Rioja Alta ». En 1941, la marque prend sa forme actuelle avec Lleandro Ardanza Angulo qui crée l’année suivante la gamme « Vina Ardanza », devenant le porte drapeau du domaine. A noter que la Rioja Alta fabrique, depuis 2002, ses propres tonneaux avec des bois de chêne importés des Etats-Unis. Vina Ardanza est un assemblage de 80% de tempranillo et 20% de grenache. Le vin est élevé pendant 60 mois, dont 36 en fûts puis 24 en foudres. 1982 est considéré comme un millésime exceptionnel dans la région ; sans aucun doute le meilleur de la décennie, voire plus.
Robe nettement tuilée, avec des reflets orangé/caramel. Au nez, la trame aromatique parait bien plus mûre que le vin précédent avec des notes de cuir, de café et de caramel épicé. On retrouve ce profil à travers une bouche très ronde, ample sur l’attaque et soutenue par des tanins gras et moelleux qui signent bien la présence du grenache. Longueur correcte en finale, avec des notes épicées et poivrées, mais légèrement débordée par une pointe d’alcool. L’ensemble reste néanmoins bien équilibré. On mesure ici toute la richesse d’un millésime certainement très mûr.
 
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Rioja : Faustino I « gran reserva » 1996
Cette bodega a été fondée à Oyon en 1860 par Eleuterio Martinez Arzok. De successions en nouveaux propriétaires, elle évoluera beaucoup au fil des décennies, pour finalement atteindre 400 hectares en 1985. Faustino I est la grande cuvée du domaine, composée à 85% de tempranillo et élevée pendant 24 mois en fûts de chêne, dont 20% en bois des Vosges. 1996 est considéré comme un « très bon » millésime.
Robe grenat profond à la brillance moyenne. Le nez, immédiatement moins évolué que les vins précédents, s’ouvre sur des notes d’olives noires et de fruits noirs, complétées par des arômes de fumé, de goudron et de fruits cuits. En bouche, le vin se caractérise plus par sa largeur et sa carrure que par sa finesse et sa longueur. Les tanins, encore très présents, sont amples et doucereux. La fin de bouche confirme cette impression de « largeur », sans grande intensité elle s’essouffle assez vite. Un Rioja qui fait plutôt « nouvelle école », plus dans la démonstration que dans la subtilité. 
 
Rioja : Faustino I « gran reserva » 1982
Et voilà le grand frère, de quatorze ans son ainé. Robe ambrée/tuilée très brillante. Superbe bouquet qui va gagner en complexité à l’aération. Il s’ouvre sur le tabac, le havane et une pointe vanillée, évoluant vers l’orangette, le cuir et des senteurs kirschées. Dés la prise en bouche, le vin développe de la finesse, de la suavité et surtout une grande fraîcheur. Trame équilibrée autour de tanins fins et tendus. Longue finale, rémanente, sur des notes empyreumatiques. On pourrait simplement lui reprocher de ne pas faire preuve d’un peu plus de densité. Le 1996 évoluera t-il de la même manière ? Difficile à dire aujourd’hui…
 
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Rioja : Marquès de Murrieta - Ygay « reserva » 1990
Marquès de Murrieta est la plus ancienne des propriétés de la Rioja, fondée en 1852 par Luciano de Murieta. Il la fonda sur des terres reçues en cadeau après son engagement dans l’armée de la Reine Isabelle, à l’âge de vingt ans. En 1878, il achète la propriété Ygay et construit une bodega moderne. Depuis 1996, la bodega appartient à Vicente Cebrian Sagarriga et compte environ 300 hectares de vignes. Les chais et la bâtisse ont été entièrement rénovés en 2010. Castillo de Ygay est un clos issu de la partie la plus haute de la Rioja Alta (500 mètres) sur des sols argileux. Composé à 85% de tempranillo, Ygay reserva est élevé pendant 22 mois en fûts de chêne américain. 1990 est considéré comme un « bon » millésime.
Robe rubis brillante aux reflets ambrés. Premier nez pas très engageant, sur l’acétate et l’amande verte, il va même devenir désagréable à l’aération, développant des notes animales, de sang et de punaises écrasées. La bouche confirme, acidité dissociée, tanins grossiers, finale mâchée. Très probablement « brett »… dommage.
 
Margaux : Château Rauzan Gassies 1976
Petit détour par le médoc, avec ce pirate issu d’un millésime caniculaire et sec.
La robe se démarque du reste de la série avec une couleur café trouble. Le nez développe des senteurs de poivre vert, de sous bois, de cacao et de cuir avec une pointe d’acidité volatile. Attaque moyenne en bouche, avec des tanins sévères et secs. Globalement, si la matière fait preuve d’un beau volume, l’ensemble reste néanmoins assez dur, paraissant bien fatigué et ne procure aucun plaisir en l’état. Il correspond finalement assez bien à l’idée que je me fais de ce millésime.
 
Rioja : Marquès de Villamagna « gran reserva » 1970
Cette bodega est intégrée, depuis 1970, au groupe Domecq (Pernod Ricard), présent dans toutes les DOC d’Espagne et regroupant quelques grandes bodegas réputées. Ce gran reserva est fortement dominé par le tempranillo, qui représente 95% de l’assemblage. L’élevage dure 30 mois, en fûts de chêne français et américain. 1970 est considéré comme un « très bon » millésime.
Retour sur une robe tuilée/ambrée avec des reflets orangé sur le disque. Le bouquet est immédiatement charmeur avec des parfums de fruits rouges, cerises, fleurs séchées et boîte à cigares. Après plus de quarante ans de bouteille, la bouche semble avoir trouvé la sérénité. Attaque finement grasse, bien enveloppée par des tanins enrobés et soyeux. Ensemble précis, net, équilibré et peut-être un peu trop lisse. Finale suave, d’intensité moyenne et relevée par une pointe d’amertume. Il appelle surtout à se mettre à table. Beau vin.
 
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Rioja : CVNE – Vina Real « gran reserva » 1976
La Bodega Compania Vinicola del Norte de Espana (C.V.N.E) a été créée en 1879 par deux frères, Raimundo et Eusebio Real de Asua. Leur descendance directe assure encore aujourd’hui la production et la commercialisation que représentent les 600 hectares de vignes de cette grande bodega. Crée en 1922, Vina Real propose une gamme de vins élaborés dans la Rioja Alavesa. Le gran reserva est issu de 95% de tempranillo et est élevé pendant 36 mois en fûts de chêne, dont 50% est d’origine française. 1976 est considéré comme un « bon » millésime. 
Robe très proche du vin précédent, peut-être encore plus limpide. De prime abord d’intensité moyenne, le bouquet va s’intensifier à l’aération. S’ouvrant sur des aromes torréfiés, viennent s’ajouter des notes de cuir, menthol, kirsch, et surtout d’agrumes et d'orange sanguine. Semblable au Villamagna dans sa construction et sa structure, il développe plus de corps grâce à une acidité marquée qui cisèle et donne du relief et du volume à une trame suave et mûre. Très belle longueur finale. Plénitude absolue dans ce vin remarquable.
 
Rioja : López de Heredia – Vina Tondonia « gran reserva » 1991
Fondé en 1877 par Don Rafael López de Heredia y Landeta, c’est une des seules bodegas à ne pas avoir changé son style de vins et reste la plus traditionnelle avec la Rioja Alta (qui lui fait face). Quatre générations se sont succédées à la tête du domaine avec comme devise « notre passé est notre présent ». Le Vina Tondonia est un clos de 100 ha d’un seul tenant situé sur le flanc droit du fleuve Ebro. Les sols sont constitués d’alluvions calcaires du fleuve. Le Gran Reserva est élaboré seulement dans les grands millésimes. Composé à 75% de tempranillo, il a été élevé pendant neuf ans. 1991 est considéré comme un « très bon » millésime.
Robe grenat aux reflets orangés. Premier nez sanguin, évoluant sur les griottes à l’eau de vie, le café crème, le raisin sec et prenant à l’aération une trame vanillée intense. Si l’attaque parait ample, la matière se resserre rapidement autour d’une acidité marquée et une matière en demi-corps. Finale de longueur moyenne, toujours sur des notes vanille/coco prégnantes. Petite déception avec cette cuvée que je goûte pour la troisième fois sur ce profil très « chêne américain ». A ce jour, je lui préfère les plus simples cuvées « reserva » des millésimes 1999 et 2000. Phase de fermeture ou millésime vraiment « en dedans » au domaine ? A revoir dans quelques années.
 
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Rioja : Artacho - Vinador « gran reserva » 1975
Cette bodega, qui n’existe plus en tant que telle aujourd’hui, est intégrée au groupe Bodegas Riojanas. Vinador gran reserva est composé à 100% de tempranillo. 1975 est considéré comme un «très bon » millésime, peut-être le meilleur de la décennie.
Robe grenat léger avec des reflets tuilés. Le nez s’ouvre sur la viande grillée puis évolue vers les épices et le menthol, avec quelques relents « piquants » et médicamenteux. La bouche est plus avenante avec son profil typiquement vieux Rioja. L’attaque est ample et moelleuse, le toucher de bouche toujours très fin, ciselée, avec une matière soyeuse et caressante. Belle harmonie globale, même si la fin de bouche parait plus contrastée entre acidité et légère amertume. Je pense qu’il est temps de le boire.
 
Rioja : Bodegas Riojanas - Monte Real « reserva » 1985
Fondée en 1890 dans la région de Cenicero, le groupe Bodegas Riojanas regroupe aujourd’hui plusieurs grosses maisons viticoles et est largement distribué en Espagne et dans le monde. Monte Real est composé à 100% de tempranillo. Le reserva est élevé pendant 24 à 30 mois en fûts de chêne. 1985 est considéré comme un « bon » millésime.
Robe un peu plus soutenue, avec des reflets ambré/caramel. Le nez, d’une belle complexité, présente des arômes de fruits, de kirsch, de grillé, évoluant vers le tabac brun. En bouche, la matière n’est pas totalement assagie, avec des tanins perceptibles dans une trame volumineuse et riche. Malgré une pointe d’alcool sur la finale, l’ensemble fait preuve d’une belle fraîcheur. Il présente peut-être un caractère plus rustique dans son expression.
 
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Conclusion :
 
Voilà encore une belle dégustation de vieux vins de la Rioja, dont je me permets de tirer quelques enseignements très personnels. Le premier d’entre eux est de dire, sous forme de lapalissade, que les vins de la Rioja font preuve d’une forte personnalité. Pour moi, elle est liée à deux facteurs. Tout d’abord, celui de la culture des longs élevages en fût de chêne et plus particulièrement en fût de chêne américain (grain très fin et aromatique intense). Cette culture, c’est celle de l’école traditionnelle - ou « old school » - des Rioja, omniprésente dans les vieux millésimes, donnant des vins peu colorés, peu concentrés et marqués par des nuances boisées qui, loin d’être caricaturales comme on pourrait l’imaginer, sont au contraire souvent complexes, charmeuses et élégantes. Le second, c’est celui de ce terroir si particulier qui vient marquer de son empreinte les vins après de longues années de garde. Avec peu d’alcool et des acidités souvent très hautes, on pourrait les comparer, en France, à des profils plus Bourguignons que sudistes. De la même manière, la très large prédominance du tempranillo (souvent supérieure à 80% dans les vins) les rend plus proches d’une typicité monocépage (ce qui renforce l’unicité cépage/terroir) que de véritables vins d’assemblage.
 
Selon mon expérience personnelle, il résulte de la conjonction de ces éléments le type de vieux Rioja (entre 20 et 50 ans) suivant : si les robes ne sont généralement pas d’une grande intensité colorante, elles se parent d’une très belle brillance et d’une grande limpidité. Comme il se doit, les bouquets sont souvent très complexes, riches, mais subtils, plus ou moins empreints d’une gamme d’arômes boisés prenant au vieillissement des parfums tout aussi nobles qu’envoutants. J’ai également remarqué qu’il était important de laisser les vins s’aérer (sans les brusquer) dans les verres, leurs permettant d’acquérir des nuances aromatiques encore plus agréables et souvent moins rustiques que lors du premier nez. Mais c’est en bouche que les vieux Rioja sont les plus impressionnants. Ils arrivent à allier à la fois maturité et vivacité, finesse et concentration, subtilité et puissance. Et c’est justement en terme de finesse tannique, lorsqu’ils atteignent une telle suavité qu’ils en deviennent imperceptibles, qu’on mesure toute la puissance d’une matière contenue et maîtrisée, généreusement rehaussée par une grande fraîcheur. Quelques petits bémols toutefois : l’acidité volatile, parfois un peu haute, peut masquer la trame aromatique des vins ; les notes de boisées vulgaires, qui nous rappellent l’utilisation pas toujours maitrisée de bois de chêne américain ; enfin, les finales peuvent parfois être marquées par quelques amers qui sont à mon avis plus liés à l’élevage (qualités des bois, séchage, etc.) qu’à des défauts de maturité. Ces sensations d’amertumes sont d’ailleurs bien moins perceptibles lorsque le vin est à table. Ce qui reste, reconnaissons-le, sa vocation première.
 
J’ai encore en mémoire le souvenir d’une grande dégustation de vieux vins de la Rioja, qui fut ma première rencontre avec les vins de cette région. Un moment exceptionnel, entouré de bouteilles l’étant tout autant. Ce fût l’occasion de découvrir cette région qui souffre en France de bons nombres d’idées reçues, comme beaucoup de vins espagnols d’ailleurs. Néanmoins, commencer par le meilleur n’était pas vraiment l’idéal en terme de référence, cette nouvelle dégustation, plus « conventionnelle » dans la gamme des vins, m’a permis de confirmer mon attachement et ma soif de découverte sur cette étonnante appellation ibérique. Il ne me manquera plus que d’en prendre la pleine mesure in-situ, à l’occasion, peut-être, d’un séjour dans la région.
 
 
 
 
© Crédits photos http://www.epicuvin.com/
 

Le 16/12/2017 à 14h44
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